Centrafrique : Les Fauves de Basket débutent le tournoi de repêchage au Mali

Le tournage de repêchage pour le dernier qualifié après le désistement du Congo Brazza à l’organisation de l’Afrobasket 2017 commence ce soir à Bamako (Mali). Trois équipes se mesureront sur le parquet pour arracher l’ultime ticket : le Centrafrique, le Tchad et le Zimbabwe.

A 19h00, les hommes de Maurice Beyina, conseiller spécial et directeur technique par intérim de l’équipe débuteront le tournoi devant une sélection zimbabwéenne. Le capitaine des Fauves de Bas-Oubangui, Max Kouguéré et le pivot, Jimmy Dimrambaye, surnommé le contrôleur aérien sont arrivés à Bamako.  Mike Mokongo, Stanlez Grebongo meilleur marqueur et rebondeur du tournoi de la Zone 4 en avril à Bangui, William Kossangué Febou, Grebongo, Mbombo, Ndjada et Kabylo sont présents dans la capitale malienne. Ces Fauves en furie après la débâcle de Bangui pour des raisons endogènes et exogènes sont décidés de s’approprier le dernier ticket. Pour le président de la Fédération centrafricaine de basketball, Isidore Embola, cette compétition est un enjeu : « la RCA doit se qualifier à l’Afrobasket 2017 afin que le pays reste dans la première division de cette discipline en Afrique. Cela lui permettra de participer au tournoi qualificatif à la coupe du monde de basketball ».

Vainqueur d’une Afrique du Sud 70 – 68 il y a quelques, les zimbabweens joueront sans Vitalis Chikoko, qui ne fera pas le déplacement de Bamako. Dernier, il n’entend pas moins faire du bruit à Bamako. Blessé en avril dernier, Vitalis Chikoko le joueur de l’Elan Béarnais est l’une des révélations du championnat français cette année.

Innocent Sithole, l’entraineur adjoint de l’équipe a déclaré NewsDay Sport que « nos chances de qualification sont cette fois très bonnes et nous nous rendons à Bamako avec la ferme intention de remporter le tournoi qualificatif. Au niveau préparation, nous sommes bien plus prêts que le mois passé ».

Selon des observateurs de basket, la République Centrafricaine pourra remporter la première place du tournoi après le désistement du Cap-Vert et de l’Algérie. Au dernier classement mondial FIBA, la RCA est  57e, le Tchad 89e et enfin le Zimbabwe 91e.

Les deux équipes étaient il y a deux ans à l’Afrobasket 2015 en Tunisie. Les centrafricains étaient 14e et le Zimbabwe 16e.

 

Fleury Agou

Centrafrique: António Guterres avez-vous une conscience?

Jaccuse-2

Lettre ouverte à
Monsieur António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies
Monsieur Parfait Onanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la MINUSCA à Bangui
Monsieur François Hollande, Président sortant de la République Française
Monsieur Emmanuel Macron, Président entrant de la République Française
Monsieur Faustin-Archange Touadera, Président de la République Centrafricaine
Messieurs les Chefs des Etats de l’Union Européenne et de la communauté internationale

Objet: République Centrafricaine

Messieurs,

Cette lettre n’a pas pour objet de vous rappeler les évènements qui se déroulent depuis quatre ans en République Centrafricaine ou les multiples résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU que vous connaissez tous, mais de vous interpeller individuellement et personnellement sur les actes que vous posez dans ce pays ou à son égard.

Depuis 2013, la République Centrafricaine ne traverse pas de crise : elle s’y embourbe. Plus précisément, elle y est embourbée, car la crise elle-même n’y est pour rien.

Il se trouve que parmi tous les acteurs de cette crise, vous êtes des personnages clés. Vous l’êtes, car, compte tenu de l’absence de quelque autorité ou de capacités humaines et militaires susceptibles de mettre un terme aux crimes perpétrés sur la population centrafricaine, vous avez jugé nécessaire d’intervenir dans le pays à cette fin. A travers ce jugement et ce choix délibérés, vous avez proclamé être à même de le faire.

Mis à part les groupes armés eux-mêmes, communément considérés comme les éléments déclencheurs des troubles, compte tenu des postes que vous occupez et des rôles que vous vous êtes octroyés dans la résolution de la crise, les premiers responsables, c’est VOUS ! C’est VOUS, oui, qui écrivez l’Histoire de la République Centrafricaine, et nous en sommes conscients. Si l’Histoire se lit à travers les actes posés et les écrits qui les relatent, – l’intervention de la communauté internationale, les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU et les milliards d’aide en témoignent – elle retiendra que vôtre rôle en République Centrafricaine est bienveillant, louable et noble. Qu’il me soit permis d’écrire au moins cette page afin de retenir que les actes que vous posez et la stratégie globale que vous mettez en œuvre en Centrafrique ne le sont pas.

Dans lequel de vos pays respectifs allez-vous négocier avec des criminels notoires qui menacent la sécurité des citoyens, chasser ou escorter un chef de bande armée d’une ville de province à une autre, laisser pendant quatre ans, au quotidien jusqu’à ce jour, des criminels armés terroriser, violer, décapiter, découper, brûler et tuer des milliers de citoyens sans défense en prétendant résoudre le problème ? Dans quel pays, en dehors de l’Afrique, allez-vous gérer une menace de la vie des citoyens de cette manière ? Aucun! Pas plus tard qu’il y a trois semaines, un assaillant armé qui attentait à la vie d’un policier sur les Champs Élysées à Paris a été abattu sur place par les forces de l’ordre.
En Centrafrique, où vous vous autorisez à intervenir, où vous vous êtes installés avec un arsenal de guerre et des contingents militaires, vous vous permettez de préconiser et de dérouler une stratégie, aussi sordide que macabre, d’accords de paix successifs et de négociations avec les criminels que vous n’accepteriez pas plus de voir appliquée dans l’un de vos pays qu’un processus DDRR, et dont vous savez pertinemment que la finalité n’est pas la paix et le salut du peuple centrafricain et qu’elle est mortifère.

S’il est une des résolutions du Conseil de Sécurité à évoquer, c’est la résolution 2281 de juillet 2016 par laquelle, en considération de la situation sécuritaire préoccupante, agissant en vertu du Chapitre VII  de la Charte des Nations Unies, le Conseil a prorogé le mandat de la MINUSCA jusqu’au 15 novembre 2017, décidé que ce mandat comporterait comme tâches prioritaires urgentes  la protection des civils et la promotion et la protection des droits de l’Homme, et l’a autorisé à utiliser tous les moyens nécessaires pour s’en acquitter. Il va sans dire qu’à l’heure où j’écris ces lignes, en considération de l’insécurité entre temps élargie à l’ensemble d’un territoire de 623 000 km2, le nombre de 10 750 militaires apparait dérisoire pour assurer la sécurité et la protection des populations civiles. Cependant, pour autant que vous en ayez véritablement la volonté, au lieu de négocier avec les criminels et de les chasser d’une localité à une autre, vous avez à la fois l’autorisation d’user de la force et les moyens de les arrêter et de neutraliser les groupes armés qui sévissent sur la population en République Centrafricaine. Dans les faits, compte tenu de la stratégie de complaisance que vous menez avec les chefs des groupes armés, la mission se résume, à grande échelle, à la non assistance à personnes en danger organisée dont vous portez la responsabilité.

En matière de Justice, alors que personne n’a jugé les nations occidentales pour l’esclavage des populations noires de cette planète durant trois siècles, que personne n’a jugé les nations européennes – dont la France – pour l’appropriation illégale de territoires et ressources à travers la colonisation de l’Afrique et d’ailleurs, et pour les innombrables violations des Droits de l’Homme commises au cours de cette période de l’Histoire, que personne n’a jugé les États-Unis pour le même crime en terres américaines, le génocide des Amérindiens, vous vous appropriez le droit de décider qui de ce monde doit être jugé et quand ! Ce droit ne vous appartient ni plus ni moins qu’à d’autres…

Vous aurez beau, tous, condamner les crimes sur le papier ou sur les ondes médiatiques et, au fil d’une myriade de résolutions ou déclarations, vous renvoyer mutuellement la balle de la responsabilité pour la sécurité, la protection de la population civile, et la justice en République Centrafricaine, dans les faits et à travers les choix qui sont les vôtres et les actes que vous posez, vous ne condamnez ni ne jugez rien ni personne, mais vous contribuez, en coopérant avec les criminels au lieu de les arrêter, à l’instabilité permanente du pays qui donne une légitimité à votre présence sur le territoire. Ceci se solde par une situation sécuritaire toujours plus confuse, par une reproduction des évènements et des crimes d’une ville ou d’une province à l’autre, par des centaines et milliers de citoyens en détresse qui n’ont de choix que fuir dans la brousse, en centaines et milliers de mutilés, en milliers de morts et en millions de traumatisés par les atrocités dont ils sont témoins.

Récemment commémoré en France, le 8 mai 1945 marque la fin de la seconde guerre mondiale par la capitulation de l’Allemagne. Le 20 novembre 1945, soit à peine sept mois plus tard, débute le procès de Nuremberg où comparaissent pour complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’Humanité les principaux responsables nazis. Il s’achève à peine un an plus tard, le 1er octobre 1946 par la condamnation des responsables des crimes du Troisième Reich. Que serait l’Europe aujourd’hui si ce procès n’avait eu lieu ?

A cette époque, les hauts responsables des crimes n’ont pas été  pas été exfiltrés ou éloignés de la scène politique et du territoire comme l’ont été ceux de Centrafrique; ils ont été arrêtés et jugés, puis condamnés, pour certains à mort. Vous, au quotidien, c’est la population civile centrafricaine que vous condamnez à mort, sans procès… Au lendemain de la guerre, la technologie n’offrait pas les moyens dont vous disposez tous aujourd’hui, et s’il n’a pas même fallu sept (7) mois à la « communauté internationale » pour poser, à travers ce procès, un acte fort qui marqua l’Histoire et les consciences, c’est uniquement par choix et volonté politique des décideurs du moment.

Comment expliquez-vous que la Cour Pénale Internationale, qui avait pour objet de juger des crimes majeurs commis sur la planète, se soit muée en une institution qui n’entretient qu’elle-même et qu’elle mette une ou deux décennies à se prononcer sur l’un ou l’autre des cas qu’elle choisit de traiter ? Comment justifiez-vous que des hauts responsables des évènements en Centrafrique soient, certes, sanctionnés sur le papier, mais envoyés en retraite dans d’autres pays d’Afrique où ils jouissent d’une parfaite impunité et immunité, comme de toute liberté d’aller et venir dans le monde, pendant que des milliers de Centrafricains innocents continuent d’être contraints à fuir dans la brousse et ne savent plus où trouver refuge ? Comment expliquez-vous qu’il faille plusieurs années pour mettre en place une Cour Pénale Spéciale en Centrafrique, sans pour autant qu’elle soit déjà opérationnelle à ce jour ? Comment ont fait les autres en 1945 ?!

A travers vos choix et les actes que vous posez, ce n’est pas de l’incompétence que vous proclamez ! Vous signez une volonté politique délibérée de ne pas apporter les réponses appropriées à la situation en République Centrafricaine !

S’il n’est pas encore de Cour pour vous juger, sachez que l’Humanité entière s’en chargera. Elle sait, d’une part, que vous avez les pouvoirs de mettre instamment un terme à tous les conflits de ce monde qui coûtent la détresse et la vie de millions d’entre nous et que vous ne le faites pas car vous choisissez de servir des intérêts économiques et financiers dans une démarche matérialiste, capitaliste et impérialiste au détriment de l’Humanité. En l’occurrence vous auriez tous les moyens imaginables pour apporter des solutions tangibles à la situation en République Centrafricaine et vous ne le faites pas. Il est, d’autre part, peu probable qu’avoir rétabli l’ordre constitutionnel en Centrafrique soit considéré comme un exploit et parle en votre faveur, car si cet ordre-là répond, certes, à des exigences politiciennes et permet d’entretenir l’illusion d’un État indépendant et de nourrir quelques bouches, il ne répond absolument pas aux besoins du plus grand nombre en Centrafrique. Il en est de même pour le semblant de relance économique produit essentiellement par l’économie de guerre.

En tant que franco-centrafricaine, humaniste, éprise de paix et animée d’un esprit de liberté, d’égalité et de fraternité, je refuse de voir mes compatriotes centrafricain(e)s et mes frères et sœurs dans l’Humanité subir des traitements inhumains et être réduits à un nombre de morts statistiques dans les registres d’une organisation initialement créée pour assurer la paix dans le monde qui, entre temps, s’est muée en un gigantesque appareil de gestion du monde et de ses ressources – dont les êtres qui le peuple – au gré des conflits déclenchés ça et là sur la planète. Je refuse de voir ma patrie d’adoption mise à mal et la population centrafricaine massacrée et tuée depuis des décennies, et particulièrement au cours des quatre dernières années, par des périodes d’instabilité chronique orchestrée et entretenue par ma patrie de naissance et ses alliés occidentaux depuis une indépendance que l’une a bien voulu donner à l’autre sur le papier, sans la lui accorder pour autant véritablement dans les faits. Vous, Messieurs, qui parlez si bien au monde entier des droits de l’Homme, savez qu’au fond, en servant des intérêts économiques de cette manière, vous desservez l’Humanité.

Dans l’Histoire, à première vue, ça n’est pas ce qu’on fait qui compte mais la façon dont on le raconte et vous êtes probablement convaincus de bien vous en sortir. Si les pages principales et théoriques de l’Histoire vous accordent gloire et éloge ainsi qu’elle attribue la bienveillance aux États et institutions que vous représentez, que celle-ci retienne et rappelle à la postérité qu’il n’en est rien, et qu’elle contribue à éclairer les regards de nos enfants quand l’Histoire vous le rendra, ce qu’elle fera, tôt ou tard, inéluctablement.

Sans parler des six dernières décennies, comment pouvez-vous, Messieurs, concilier les milliers de morts centrafricains que génère votre stratégie depuis maintenant quatre ans avec votre conscience ?  Comment parvenez-vous à vous regarder dans le miroir et justifier ces milliers de morts au nom d’intérêts économiques et des ressources naturelles sur lesquels spéculent vos pays respectifs et dont ils s’assurent le contrôle à travers l’occupation du pays ? Vous, Monsieur Touadera, comment pouvez-vous, tout comme ceux qui servent le gouvernement, vous faire complice de cette démarche qui coûte la vie de milliers de vos concitoyens et collaborer à une telle stratégie ?
Avez vous une conscience, Messieurs ?

Cette lettre vous est adressée par une citoyenne du monde qui considère l’être humain comme la ressource la plus précieuse sur cette planète, qui vous invite à vous remettre personnellement et individuellement en question, à vous interroger profondément sur les choix et les actes qui sont les vôtres en République Centrafricaine et qui refuse de vous laisser jouer avec la vie de ses concitoyens comme s’il s’agissait de la ressource la plus négligeable qui soit.

Comprenez que si ce courrier n’est pas terminé par la formule prévue traditionnellement par le protocole pour des personnalités de votre rang, il ne s’agit pas d’ignorance.

Salutations cordiales,

Danielle Droillard

Centrafrique : L’africain le plus riche courtisé par Bangui

Le nigérian Aliko Dangote, l’africain le plus riche et propriétaire de Dangote Group renforce son empire financier sur le continent. La RCA espère aussi bénéficier des investissements du milliardaire.

 « Et si on invitait en Centrafrique l’Africain le plus riche Aliko Dangote? » Cette interrogation postée le 12 avril sur notre compte Facebook constituait une interpellation adressée au pouvoir de Bangui.

Le lendemain, toujours sur le même réseau, Son Excellence, Charles Amel Doubane Ministre centrafricain des Affaires Etrangères a justifié qu’ « il (Aliko Dangote) était attendu comme invité d’honneur à l’investiture – du Président Touadera – mais son agenda ne lui a pas permis de faire le déplacement de Bangui ». Optimiste, le Ministre des Affaires Etrangères a rappelé que « cinq invitations lui sont adressées. Il finira par venir à Bangui et sera accueilli avec les honneurs dû à son rang. Avons déjà discuté avec ses émissaires et représentants. C’est une question de temps. On ne met pas tout sur les réseaux sociaux ».

Interrogé par Jeune Afrique, le journal continental sur l’investissement en Afrique, Aliko Dangote a déclaré que « l’Afrique est un continent de la croissance avec la plus jeune population du monde ». Il a déploré les freins à la libre – circulation : « il me faut aujourd’hui plus de 30 visas pour pouvoir voyager normalement vers des pays du continent, ce qui constitue un obstacle majeur pour le climat des affaires ».

Quels seront les bénéfices du partenariat Centrafrique – Dangote Group ?

Présent dans 16 pays africains, Le businessman le plus riche du continent trône sur « une fortune estimée à 12,2 milliards de dollars, il s’agit d’un des acteurs principaux dans l’investissement sur le continent africain ». Dangote Cement, le plus grand producteur de ciment sur le continent africain est sa principale source de richesse.

L’homme d’affaire africain le plus riche n’est pas un philanthrope. L’argent investit par Dangote Group créé des emplois qui réduit le taux de chômage, il génère la richesse pour lui et les pays concernés. Propriétaire de plusieurs cimenteries en Afrique, il lutte contre l’enrôlement des jeunes au Nord Nigeria, en investissant dans la production du riz pour « environ 25.000 ha ». 1.000.000 de tonnes sont attendus et réduiront la dépendance du Nigeria dans le domaine. Le secteur sucrier, pétrolier et les start-up, sans oublier la culture de la tomate et sa transformation sont concernés par ses investissements.

Fleury Agou

Franc CFA : Pas de sortie sous l’empire de la colère ou « Ab Irato »

Yves Schamird Baliakado

Cet après-midi du 08 avrl 2017, en France et dans les pays qui ont le Franc CFA comme monnaie, le front anti – CFA contre la Françafrique organisera une manifestation. Le mouvement contre cette « monnaie coloniale » prend de l’ampleur. L’Afrique centrale, notamment la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) a décidé d’imprimer prochainement elle-même cette monnaie. La problématique du maintien du Franc CFA anime les débats. dans ce débat, le Juriste centrafricain, Yves Schamird Baliakado donne son opinion. Pour lui, que la colère ne l’emporte pas sur la raison. Il nous propose des pistes.

LE CONTEXTE

Déjà rappelés dans le post précédent, les MOTS d’Alpha Condé lors de la 2e conférence sur l’émergence de l’Afrique visent directement la politique de la France en Afrique notamment la fameuse « France-Afrique ». Sans faire de « l’anti France » caractériel, ce qui serait contreproductif dans une approche gouvernementale (institutionnelle) c’est  à – dire de relation bilatérale, évitons les propos réactionnaires. Pour un centrafricain ou un Guinéen, la question immanente de l’émergence de l’Afrique est connexe à celle du F CFA, principal outil monétaire (économique) de l’heure. Mais un rappel des fondamentaux en politique monétaire s’impose.

LE RAPPEL DES FONDAMENTAUX

Pendant longtemps, le système monétaire planétaire devait avoir une contrepartie la convertibilité en « or ». Après la 2e GM l’apparition des « Bons du Trésor » a fait sauter ce verrou « doré » offrant aux autorités monétaires : Etats, Banques centrales, Trésors publics une souplesse pour modifier à discrétion la quantité de leur monnaie en circulation. Dans le cas du F CFA, on parlera d’un « marché unifié » lequel vient soutenir l’argument d’appartenir aux grandes zones monétaires : le dollar ($), l’euro (€)… Mais comme le F CFA est soumis à la banque de France, les autorités monétaires : BEAC et BCEAO supposément souveraines ne profitent pas de cette marge de manœuvre afin de maximiser la croissance économique de leurs pays et lutter contre le chômage. Inéluctablement d’où vient ce blocage et comment se projeter.

LA PROBLÉMATIQUE

1er élément : parmi les 4 principes institutionnels du F CFA, on trouve la centralisation des réserves de change à Paris avec un taux initial de 80 (France) 20 (Afrique) même au fil des années si des évolutions ont été opérées par souci de rééquilibrage. Disons-le ouvertement, cette centralisation par le Trésor public français est une aberration : « à César ce qui lui appartient et à Dieu ce qui lui revient de droit ». Dès lors qu’un nombre important des peuples africains réclame la fin du FCFA, « couper le cordon ombilical avec la France », les chefs d’Etat de la zone peuvent « gaillardement » demander d’inverser ce taux de centralisation. Cela permettrait donc le rapatriement de l’essentiel sinon de la totalité des réserves sur le sol africain. Ainsi, compte tenu des tensions persistantes sur le marché des capitaux (taux d’intérêt très élevé 15%), la BEAC et la BCEAO pourront proposer aux banques commerciales (ECOBANK) un prix d’argent moins cher pour soutenir l’économique.

2e élément : étant donné que le F CFA correspond à un marché unifié (parité fixe), dans la perspective d’un GRAND marché intérieur, une « OMC zone F CFA » » est nécessaire. En effet pour une Afrique francophone émergente, elle doit disposer de sa propre organisation commerciale qui engloutira à terme, les structures existantes : la CEMAC et la CEDEAO et avoir une base concurrentielle compétitive au même niveau que les « Common Law » plus dynamiques en commerce international. On le rappelle, le « marché intérieur » signifie espace constitué des Etats membres favorables à la libre-circulation des personnes, des marchandises, des biens/services et des capitaux. La nouvelle « OMC zone F CFA » aura un réel intérêt car la plupart de ses pays sont des producteurs de matières 1ères. L’objectif : plus de décloisonnement des zones d’échange pour plus d’arbitrages commerciaux et plus de désintermédiation (plus de souplesse administrative).

Au total, sortir du F CFA « pourquoi pas », mais l’impératif commercial et économique commande aux africains de définir par eux-mêmes une nouvelle vision monétaire volontariste. Si le processus semble irréversible, la sortie doit cependant éviter toute décision « ab irato » c’est – à – dire sous l’empire de la colère.

Yves Schamird Baliakado

Centrafrique : L’ONU préoccupée pour la traduction des auteurs de violations du droit international en justice

Les combats entre les groupes armés dans la Ouaka et les villes périphériques ont porté atteinte aux droits de l’Homme et au droit international. Face à cela, les  membres du Conseil de Sécurité de l’ONU ont demandé au FPRC et l’UPC de renoncer à ces violences

Dans un communiqué publié le 04 mars, le Conseil de Sécurité s’est dit préoccupé par  « l’urgence de traduire en justice les responsables de violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme, y compris la violence sexuelle et sexiste ».

Il a demandé aux mouvements politico-armés de « mettre fin immédiatement à toutes les violences et d’honorer leur engagement en faveur du désarmement, de la démobilisation, du rapatriement et de la réintégration (DDRR) ». Cette sommation s’adresse précisément au «  Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et à l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) » car les combat entres ces deux groupes « ont causé de lourdes pertes civiles et d’importants déplacements de population » a – t- il déploré.

Poursuivant, les 15 «  renouvelle également son soutien au Président de la RCA, Faustin-Archange Touadéra, et salue son rôle important dans la stabilisation du pays, la promotion de la paix et de la réconciliation et le développement ».

Il a exhorté «  les États membres à verser les contributions annoncées lors de la Conférence internationale de Bruxelles du 17 novembre 2016 et de la Conférence sur la solidarité africaine tenue à Addis-Abeba du 1er février 2017, afin d’appuyer la mise en œuvre des objectifs prioritaires du pays en matière de consolidation de la paix ».

Depuis le dernier trimestre 2016, le FPRC et l’UPC se livrent une bataille dans la Ouaka et les villes périphériques. A Bakouma et Ngaoundaye, les mouvements armés continuent de semer la désolation.

Pour beaucoup de centrafricains, l’ONU a les moyens militaires et politiques d’arreter les auteurs de graves crimes en Centrafrique, mais obéit à la volonté des interets qui se cachyent derrière ces groupes armés.

Fleury Agou

Centrafrique – Histoire: B.Boganda et la reconstitution de la Haute–Volta

Pour besoin de main d’œuvre dans les pays voisins, la colonie de la Haute-Volta fut démembrée. Elle fut rétablie après la 2e Guerre Mondiale par les plaidoiries des élus locaux et notables multiplièrent les plaidoiries pour rétablir la colonie. Au Palais Bourbon (France), B. Boganda, Député de l’Oubangui – Chari et ses collègues du MRP présentèrent une Proposition de Loi au Parlement Français pour le rétablissement de la Haute-Volta.

Après la fondation du comptoir de Saint-Louis du Sénégal par la France, le général Galliéni créa en 1880 le poste de Bamako. Pour organiser leurs colonies d’Afrique Occidentale Française, la France fonda le 18 octobre 1904 la colonie du Haut-Sénégal-Niger. Le Soudan français (Mali) et la Haute-Volta (Burkina-Faso) sont rattachés à cette colonie.

15 ans après la fondation de leur dépendance du Haut-Sénégal-Niger et pour « un meilleur rendement et contrôle de ce vaste territoire », le ministre des colonies, Henri Simon proposa au Président français la création de la colonie de la Haute-Volta le 1e mars 1919.

Et, pour des « difficultés économiques » et par nécessité de main d’œuvre surtout dans les plantations ivoiriennes, la Haute-Volta fut démembrée après une étude rédigée par le lieutenant-gouverneur de la Haute-Volta à la demande du gouverneur général de l’AOF. Soumise à l’appréciation des autorités de la France, un décret pris par A.Sarrault, le Ministre des colonies, supprima la colonie Voltaïque en raison des « difficultés économiques  le 05 Septembre 1932». A partir du 1e janvier 1933, le territoire le décret rentra en vigueur et les habitants furent repartis de la manière suivante :

  • A la Côte d’Ivoire, les cercles de Ouagadougou, Koudougou, Tenkodogo, Kaya, Gaoua, Batié, Bobo Dioulasso et une partie du cercle de Dedougou; soit une superficie de 150.000 km2 et une population d’environ 2.400.000 habitants ;
  • Au soudan français (actuel Mali), le Yatenga et le reste du cercle de Dedougou; 60.000 km2 soit 80.0000 habitants ;
  • Au Niger on rattacha le Gourma, le Liptako, soit 80.000 Km2 pour 300.000 habitants.

Le rapport révélait la crainte des français concernant la Gold Coast (actuel Ghana) qui avait un lien commercial soudé avec le peuple Mossi. « Notre intérêt évident est d’essayer de détourner au profit de notre colonie voisine de la Côte d’Ivoire, tout ou partie de ce courant…», lit – on dans le document.

Ce démembrement indigna les voltaïques qui, après la 2e Guerre Mondiale se sont mobilisés pour reconstituer leurs territoires rassembler leurs peuples. Cette lutte sera menée par les élus locaux, les chefs coutumiers et notamment le Moro Naba qui multiplia les plaidoiries. Au Palais de Bourbon, les Députés africains, dont Barthélemy Boganda de l’Oubangui se joignit à cette lutte.

La reconstitution de la Haute-Volta :

Le partage du cadeau par « mesure d’économie » entre la Côte d’Ivoire, le Niger et le Soudan Français par la France sans considération de la culture du peuple, rappela aux élites africaines le partage de l’Afrique entre les puissances coloniales en 1885 à Berlin. Au Palais Bourbon, les Elus africains dénoncèrent le colonialisme avec toutes ses formes. Ils réclamèrent le rétablissement de la Haute – Volta.

Ainsi, le 25 juin 1947, les Députés B. Boganda, Juglas, Anjoulat, Belle-Soult et les membres du groupe parlementaire du Mouvement Républicain Populaire (MRP) ont présenté une Proposition de Loi portant rétablissement du territoire de la Haute-Volta. Elle fut renvoyée à la Commission des Territoires d’Outre – Mer.

Dans leur exposé des motifs, les Parlementaires exigèrent que les Droits des peuples doivent primer sur l’économie. « La primauté de l’économie doit se substituer la possibilité pour les peuples d’outre mer, conformément aux principes exprimés dans le préambule dans la Constitution d’octobre 1945, de poursuivre leur évolution propre, afin de développer leur civilisation respectives », ont – ils déclaré.

Le 04 septembre 1947, « les Députés votèrent la Loi rétablissant la Haute – Volta dans ses limites de 1932 ».

Héros de l’ancien Oubangui – Chari devenu République Centrafricaine le 1e décembre, B.Boganda mourut dans un accident d’avion le 29 mars 1959. Panafricaniste, il proposa le 17 octobre 1958 la création des Etats Unis d’Afrique Latine. Son projet se solda par un échec. 58 ans après sa mort, l’intégration est une exigence pour le développement du continent africain et elle revient sur toutes les lèvres.

Le Professeur d’Histoire Bernard Simiti, qui fut mon enseignant à l’Université de Bangui a publié un livre, De l’Oubangui-Chari à la République Centrafricaine indépendante, paru en 2013. Selon son auteur, «  cet ouvrage est une justice faite à Barthélemy Boganda, leader de la lutte pour l’indépendance et fondateur de la République centrafricaine qui, malgré ses engagements pour une Afrique unie politiquement et culturellement, n’a jamais été cité parmi les penseurs du panafricanisme tels que Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba, Cheik Anta Diop, Sékou Touré, Julius Nyerere, Gamal Abdel Nasser etc… »

Fleury Agou

Centrafrique – Football : Défaite des Fauves en amical face à l’équipe B du Maroc

RCA – MAROC

En stage à Rabat depuis 18 mars en prélude aux éliminatoires de la CAN 2019, la sélection centrafricaine a livré un mach amical, hier 24 du mois contre l’équipe B marocaine.  Les Lions de l’Atlas ont emporté 2  – 1 dans ce math plein d’enjeux surtout pour  les centrafricains.

Les hommes d’Hervé Loungoundji se sont mesurés hier après – midi avec l’équipe B du Maroc au stade de Rabat vide de supporters. Quelques étudiants et stagiaires centrafricains ont fait l’acte patriotique d’aller soutenir leurs ambassadeurs du foot.

Profitant d’une passe ratée, les Lions de l’Atlas ont récupéré le ballon et réalisé une touche collective qui a permis au maillot 23 d’ouvrir le score à la 15e minute.

Dès les premières secondes de la seconde partie, un défenseur marocain commet la même faute centrafricaine qui est exploitée par Louis Mafouta qui transmit la balle à Foxi Kéthévoama qui à son tour trompa le gardien et marqua le but égalisateur des Fauves de Bas – Oubangui. Puis sur un coup-franc tiré de la gauche vers la droite par le N° 8 marocain, son coéquipier seul devant G.Lembet a doublé la mise.

SUPPORTERS DES FAUVES DE BAS – OUBANGUI

Défaits lors de ce premier match amical, le nouveau Fauve, Louis Mafouta a montré ses griffes. Si beaucoup pensent que ce match est sans enjeu, nous pensons autrement.

Eliminés de l’Afrobasket 2017 à domicile par la RDC, les centrafricains ne sont pas prêts à digérer, une victoire des Fauves redonnerait sourire à ce peuple qui a surtout tire sa joie dans le sport et raffermit son unité lors des grandes rencontres sportives. Aussi, remportant deux victoires en match amical, la sélection centrafricaine pourrait améliorer son rang dans le classement mensuel de la FIFA. Si les Fauves ont laissé filer leur chance, ce n’est pas le cas de leurs adversaires marocains (équipe B). Ils voulaient cette victoire pour s’imposer en équipe A, même si la sélection principale a battu le Burkina-Faso 2 – 00 dans la même soirée.

L’équipe centrafricaine privée de plusieurs cadres a montré au cours de ce match ses faiblesses en l’absence de son joker M. Limane absent au regroupement sur autorisation du staff, de V. Mabidé et H.Momi. Ces deux derniers « se sont présentés en retard à l’hôtel, ont été exclus du stage », s’était justifié la fédération. H. Habibou de Racing Club de Lens est rentré en France pour « des soucis personnels », a encore affirmé la Fédération.

Lundi 27, les Fauves joueront leur deuxième match contre la Gambie. La qualification à la CAN 219 sera une conquête difficile pour les Fauves, faut l’avouer. Les ivoiriens ont gagné 2 – 0 les russes au stade de Krasnodar. Le Rwanda qui a recruté le technicien allemand, Antoine Hey voudra aussi etre au rendez-vous de 2019.

Fleury Agou