Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA : Le Japon champion du Monde 2018

Les Jeunes Nadeshiko, Championnes du Monde U18 2018

Les lampions sont éteints sur le Mondial U20 Féminin 2018 qui s’est tenu du au 24 août en France. Le Japon a remporté la compétition devant l’Espagne (3-1). Le Ghana et le Nigéria ont représenté l’Afrique à cette compétition.

Les Nippones sont sacrées du Monde 2018 de la catégorie U18 après leur victoire sur les espagnoles (03-01). Elles ont succédées à la Corée du Nord. Meilleure défense du tournoi (trois buts concédés), et meilleure attaque (15 buts inscrits), les  Jeunes Nadeshiko ont reçu le Prix du fair-play.

Les japonaises

Dans la petite finale, l’Angleterre a gagné la France (4-2) lors des tirs au but. Les Bleuettes ont été éliminées par la Roja (00-01).

L’Afrique a aussi participé à ce Mondial et représentée par le Ghana et le Nigeria. Les Black Princesses ont quitté le Mondial « en phase de groupes avec 1 victoire et deux défaites ». Cependant, les Super Falconets sont éliminés en quarts de finale 1-2 par l’Espagne.

Au titre des récompenses individuelles, l’Espagnole Patricia Guijarro  est la meilleure joueuse du tournoi et meilleures buteuses avec 5 réalisations.

Concernant les statistiques publiées par la FIFA, 98 buts ont été marqués, 71 cartons jaunes distribués et un carton rouge. enfin, 3,5 buts en moyenne par match.

Fleury Agou

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Basket – Coupe du Monde 2019 : Le Nigeria forme une équipe choc

Hôte de la quatrième fenêtre du Groupe F des éliminatoires de la Coupe du Monde 2019 et favori, le Nigeria a communiqué la liste des 12 D’Tigers le 24 août 2018 après le Sénégal. Une équipe de choc pour consolider ses chances de qualification.

Leader du Groupe F en compagnie du Sénégal (11pts), de la République Centrafricaine (9 pts), du Rwanda (9 pts), du Mali (8 pts), de la Côte d’Ivoire (8 pts), le Nigeria (12 pts) a convoqué douze (12) joueurs pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2019 qui débuteront mi–septembre à Lagos, a rapporté Fiba.baskeball.

L’ossature de l’équipe est composée de cinq (05) anciens champions d’Afrique.  Le coach du Nigeria, Alex Nwora a convoqué les jumeaux Al-Farouq Aminu (Portland Trail Blazers-USA) et Alade Aminu (Hapoel Tel Aviv-Israel), Jeleel Akindele (Yalova Group Belediyespor (Turquie) et le capitaine Ike Diogu (Ayaman Vasqueros à Porto Rico). Bryant Mbamalu (CD Valdivia-Chine), Ben Uzoh, Obinna Emenago et Ekene Ibekwe. Ikenna Iroegbu qui évolue au Liban (Al Riyadi) marque son retour.

DTigers en Chine (juillet 2018)

A la surprise générale, seulement douze (12) colosses ont été sélectionnée contrairement à la plupart des équipes qui ont d’abord procédé à une présélection de vingt (20) ou trente (30) joueurs avant de prendre les douze (12) meilleurs. A propos, le coach des D’Tigers a indiqué « qu’il ne reste pas suffisamment de temps pour avoir un effectif plus large à disposition, ce d’autant que certains d’entre eux n’arriveront que quelques jours avant le début de la compétition, en fonction de la date de libération par leurs clubs ».

Adversaires des Nigérians dans le Groupe F, la République Centrafricaine n’a pas encore divulgué la liste de ses joueurs expatriés et les locaux ont démarré la préparation à Bangui.

Il y a quelques semaines, les  D’Tigers ont fini deuxième au Challenge Atlas Basketball en Chine. «Les Nigérians devraient lancer leur préparation le 6 septembre à Lagos», a indiqué le site de la Fiba.

Fleury Agou

Un sommet à l’ONU pour attirer l’attention sur la tuberculose

La tuberculose est devenue la maladie transmissible la plus meurtrière dans le monde, mais c’est sur le sida que se focalisent l’attention et l’argent des donateurs.

Lorsque les dirigeants mondiaux se réuniront le mois prochain à New York pour l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, il leur sera demandé de s’engager à mettre un terme à la pandémie de tuberculose d’ici à 2030 et de lever 13 milliards de dollars par an pour atteindre cet objectif.

Le milliardaire philanthrope Bill Gates, dont la fondation humanitaire finance des programmes de santé publique dans les pays pauvres, sera l’une des têtes d’affiche du premier sommet international sur la tuberculose, qui se tiendra le 26 septembre en marge de l’Assemblée générale.

« La tuberculose n’est pas une maladie du passé, mais si le monde coopère pour la combattre, je n’ai aucun doute qu’elle puisse l’être », a tweeté Bill Gates.

Un différend entre les Etats-Unis et l’Afrique menace toutefois de jeter un froid sur les débats. Plus de deux mois de négociations sur un projet de déclaration finale ont achoppé sur une proposition sud-africaine de reconnaître le droit des pays les plus pauvres à un accès à des médicaments moins chers, proposition que les Etats-Unis ont retirée du texte final.

Les causes de décès dans le monde (AFP – Simon MALFATTO):

L’organisation caritative Médecins sans frontières (MSF) a applaudi l’initiative sud-africaine et appelé les autres pays à résister à ce qu’elle a qualifié de « pression agressive » de l’industrie pharmaceutique américaine pour réduire l’accès aux médicaments à bas prix.

Les négociations se poursuivent pour parvenir à un compromis, selon des sources diplomatiques.

– Quelle participation? –

L’an dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait sonné l’alarme en annonçant que la tuberculose avait devancé le sida parmi les maladies infectieuses les plus meurtrières, et qu’elle était devenue la neuvième cause de mortalité dans le monde.

Sur les 10,4 millions de personnes qui ont contracté cette grave maladie des poumons en 2016, 1,7 million en sont mortes, alors que c’est une maladie que l’ont peut prévenir, traiter et guérir.

Le projet de document final, en 30 points, prévoit que les gouvernements acceptent de mobiliser au moins 13 milliards de dollars par an d’ici 2022 pour éliminer l’épidémie mondiale d’ici 2030, et 2 milliards de dollars de plus pour financer la recherche et l’innovation contre la maladie.

Les cinq pays les plus touchés par la tuberculose –l’Inde, qui compte 25% des cas, l’Indonésie, la Chine, les Philippines et le Pakistan– n’ont pas indiqué à quel niveau ils seraient représentés.

LA TUBERCULOSE DANS LE MONDE

La tuberculose dans le monde (AFP – John SAEKI):

Les organisations non-gouvernementales souhaitent que les dirigeants des principaux pays donateurs, comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Canada, participent au sommet afin que cette réunion, la première du genre, change réellement les choses.

« La tuberculose n’est pas qu’une question de santé publique. C’est une question économique, une question de développement, une question de sécurité et nous avons besoin du leadership des chefs d’Etat », explique Paula Fujiwara, directrice scientifique de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires, basée à Paris.

« S’ils ne font pas ce qu’on attend d’eux en septembre, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour dénoncer leur responsabilité pour chaque vie perdue », ajoute-t-elle.

Quelque 33 chefs d’Etat et de gouvernement ont annoncé leur participation, selon l’ONU.

http://www.sciencesetavenir.fr

Journée mondiale du souvenir de la traite négrière : retour sur l’histoire

Le 23 août est commémorée la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition. C’est dans la nuit du 22 au 23 août 1791 qu’a commencé l’insurrection qui a jouée un rôle déterminant.

La traite négrière transatlantique:

Il s’agit du commerce d’esclave dont ont été victimes, par millions, les populations de l’Afrique de l’Ouest, centrale et  australe durant plusieurs siècles. La traite atlantique débuta en 1441 par la déportation de captifs africains vers la péninsule ibérique. Elle débute en 1441 par la déportation de captifs africains vers la péninsule ibérique. La première vente de prisonniers noirs embarqués sur les côtes atlantiques africaines a lieu en 1444, dans la ville portugaise de Lagos. Les Portugais convoient ensuite les esclaves vers les Caraïbes et l’Amérique du Sud.

Les raisons de la traite:

Avec la découverte de l’Amérique le besoin en main d’œuvre s’est vite fait ressentir. Les Européens chargaient leurs navires de pacotillent, d’armes, d’alcool, de tissus etc qu’ils échangeaient en Afrique contre des esclaves. Des esclaves qui étaient ensuite vendus en Amerique contre des lettres de change ou des matières premières : sucre, puis coton et café pour approvisionner l’Europe.

Les ports de la traite négrière

Sur le liste des célèbres ports négrier, en Afrique Gorée ou Ouidah sont souvent cité.

En Angleterre Liverpool, est présenté comme le premier port négrier atlantique avec 4894 expéditions de traite mais il y a également Londres.

Nantes, Bordeaux, La Rochelle ou encore Marseille sont au xviiie siècle quelques unes des villes en France à participer au commerce triangulaire.

En Espagne il y a Cadix et au Portugal, Lisbonne.

En Allemagne, le port de Hambourg est aussi impliqué dans la traite.

La traite négrière et son impact économique et politique:

Elle a permis l’introduction des pièces de monnaie dans  les échanges  commerciaux. Certaines  régions notamment le Sénégal, le Dahomey (Bénin) , la Gold Coast (Ghana) ont bénéficié de certaines  cultures  amenées  d’Amérique  tels que  le tabac , l’arachide , le mais, le manioc.

La traite  a donné un grand élan  à l’industrialisation  au XIXème siècle en Europe car elle lui a permis  l’accumulation  d’énormes  capitaux.

Elle a propulsé l’économie  des pays d’outre Atlantique essentiellement des états côtiers  Latino -Américain et de l’Amérique  du Nord. L’économie  Brésilienne, s’est par exemple construite à partir des millions des noirs  qui travaillaient dans les plantations.

L’abolition de l’esclavage a été à l’origine  de la guerre de sécession aux Etats-Unis entre le Nord , région  industrielle  qui souhaitait l’abolition de l’esclavage  et la région du Sud , région de planteurs  qui y était opposé.

Esclavage et langues:

En raison de leurs origines diverses, les esclaves n’avaient pas la possibilité de communiquer entre eux dans leurs langues maternelles. Cela entraine alors l’émergeance des créoles dérivés à la fois des langues des maîtres et des langues africaines. Si certaines de ces langues restent très courantes de nos jours d’autres sont menacées de disparition.

En Colombie par exemple « le palenque », mélange unique de bantou et d’espagnol a survécu à l’abolition de l’esclavage et est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco en 2005.

L’impact religieux:

Les hommes, les femmes et les enfants arrachés à leur continent ont emporté avec eux leurs croyances et rites. Le vaudou, religion issue des cultes animistes africains s’est retrouvé aux Antilles (notamment en Haïti), au Brésil et en Amérique (Louisiane).

En raison de son caractère secret le culte vaudou suscitait la terreur chez les colons. Interdit mais pratiqué dans la clandestinité par les esclaves il a joué un rôle déterminant dans la révolte de 1791 qui fut précédé d’une cérémonie traditionnelle au bois Caïman. Cette révolte a aboutit à la naissance de la première République Noire de HAÏTI.

L’impact culturel:

Le Negro Spirituel, le Blues ou encore le Jazz sont autant de rythmes qui résultent du croissement des traditions orales africaines et euro-américaines.

L’esclavage a également été à l’origine de danse comme la capoeira. Il s’agissaitt d’un art martial élaboré en secret par les esclaves noirs du Brésil, pour lutter contre leurs oppresseurs. Interdit en raison des craintes des esclavagistes de voir éclater une rébellion, les esclaves ont alors l’idée d’exécuter les mouvements sous l’apparence d’une danse.

Traite d’êtres humains de nos jours:

Officiellement l’ésclavage est aboli dans tous les pays mais il existerait encore environ 100 millions d’esclaves dans le monde. On retrouve en effet encore des esclaves en Afrique, dans des pays comme la Mauritanie ou le Niger, en Amérique Centrale et du Sud, en Asie, au Moyen-Orient et aussi en Europe.

Les raisons de la persistance de la pratique sont variées : certains sont réduits en esclavage pour rembourser une dette, d’autres sont condamnés au travail forcé suite à un délit ou sont exploités sans avoir la possibilité de s’échapper.

CEMAC : un sommet extraordinaire envisagé par les présidents gabonais et équato-guinéen

DRAPEAUX DES PAYS DE LA CEMAC

Le Gabon et la Guinée équatoriale ont jugé opportun de convoquer un sommet d’urgence de la CEMAC suite à la persistance de la crise économique qui étrangle les six pays membres de cette institution sous-régionale, a annoncé mercredi la présidence gabonaise dans un communiqué.

Les présidents gabonais Ali Bongo Ondimba et équato-guinéen Theodoro Obiang Nguema Mbasogo ont convenu de la nécessité d’organiser un sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) afin de traiter les questions liées à la crise économique, selon le communiqué publié au terme d’une visite de travail et d’amitié effectuée par le numéro un gabonais dans la capitale équato-guinéenne.

En attendant de tenir ce sommet, les deux chefs d’Etat ont estimé que la porte de sortie pour les économies de la sous-région réside dans la diversification de l’économie. Cinq des six pays membres de la CEMAC sont producteurs de pétrole. Il s’agit du Gabon, du Cameroun, du Congo, de la Guinée équatoriale et du Tchad.

« Au terme de leur entrevue, Ali Bongo Ondimba et Obiang Nguema Mbasogo se sont félicités de l’excellence des relations entre ces deux Républiques sœurs et se sont réjouis de l’effectivité du traité d’amitié et de bon voisinage signé entre le Gabon et la Guinée équatoriale le 13 juin 2013 à Libreville », conclu le communiqué.

La rencontre s’inscrit dans le cadre d’une concertation permanente et régulière entre les deux chefs d’Etat. Elle vise à renforcer davantage la coopération bilatérale entre le Gabon et la Guinée équatoriale.

Le déplacement d’Ali Bongo Ondimba intervient six mois après sa dernière visite de travail dans ce pays voisin. En février dernier, la capitale équato-guinéenne Malabo a constitué une des étapes de la tournée sous-régionale du président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), Ali Bongo Ondimba. Les questions de paix et de sécurité étaient déjà au menu des échanges entre les deux hommes.

Source: Agence de presse Xinhua

Les entreprises allemandes prévoient d’accélérer leurs investissements en Afrique

Les entreprises allemandes prévoient d’accélérer leurs investissements en Afrique dans les années à venir, a annoncé mercredi le président de l’association commerciale germano-africaine Stefan Liebing. “Nous observons déjà une hausse significative des activités d’investissement et de commerce avec le continent”, a déclaré M. Liebing à la presse.

Pour lire plus https://intellivoire.net/les-entreprises-allemandes/

Il y’a autant de sur-éduqués dans la population active africaine qu’en Europe et aux États-Unis

Les marchés africains produiraient davantage si les compétences des travailleurs surqualifiés étaient pleinement utilisées.

L’inadéquation professionnelle est un phénomène patent dans les économies occidentales, du fait du fort allongement de la durée des études. L’économie gagnerait en productivité si on améliorait l’adéquation entre les qualifications des travailleurs et les conditions d’embauche, surtout en Afrique Subsaharienne.

La présence d’une main d’œuvre qualifiée est l’une des conditions pour la croissance des entreprises. En Afrique, plus de 200 millions de la population, est âgée de 15 à 24 ans. La moitié d’entre eux n’ont pas de travail mais constitue d’après le BIT[1], la tranche en âge de travailler. Cette extrême jeunesse représente un potentiel mal exploité par les entreprises ; mais aussi une formidable manne de main d’œuvre voire l’avenir du continent, mais sa non-insertion dans la vie économique constitue une bombe à retardement. Dans cette analyse, nous démontrons que l’inadéquation professionnelle permet de comprendre cette situation. Et contrairement à ce qu’on pourrait s’attendre, une étude conjointe de l’AFD/IRD[2] révèle qu’en Afrique Subsaharienne (ASS), le problème c’est qu’il existe un plus grand pourcentage de travailleurs surqualifiés que sous-qualifié.

Peu d’étude sur l’inadéquation professionnelle en Afrique.

Le décalage entre les qualifications des jeunes (18-35ans) et celles requises par leur emploi est devenue un sujet de préoccupation croissant pour les décideurs africains en matière de politiques publiques. Au Cameroun par exemple, un grand nombre de diplômés occupent des emplois qui ne semblent pas leur permettre d’exploiter au mieux leur niveau de qualification. Mais peu d’études, jusque-là, se sont véritablement penchées sur ce problème. Jusqu’ici, les différentes enquêtes disponibles ne permettaient pas d’aborder directement la question de l’inadéquation professionnelle.

On ne trouve aucun exemple d’études sur la sur-éducation hormis les travaux de Oded Stark[3] et Simon Fan[4], qui étudient la surqualification dans les pays en développement comme une résultante des migrations internationales, de Javier Herrera[5] au Pérou et de Esteves et Martins[6] qui étudient les situations de sur-éducation au Brésil.

Autant de sur-éduqué en Afrique qu’aux USA et en Europe.

Philippe De Vreyer, François Roubaud, éditeurs scientifiques d’un très riche ouvrage sur « les marchés urbains du travail en Afrique subsaharienne[7]», ont ainsi pu compiler une base de données individuelles de plus de 100 000 individus enquêtés suivant, une même méthodologie d’enquête, et dans neuf capitales d’Afrique subsaharienne.  Cela permet pour la première fois, d’estimer à grande échelle des normes d’éducation à un niveau précis de nomenclature d’occupation et d’en déduire de manière robuste le niveau et les profils de l’inadéquation professionnelle dans 11 capitales (Cotonou, Ouagadougou, Abidjan, Bamako, Niamey, Dakar     Lomé, Yaoundé,   Douala, Kinshasa et Antananarivo) de 9 pays d’Afrique Subsaharienne (Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Cote d’Ivoire, Niger, Sénégal, Togo, République Démocratique du Congo, Madagascar)

Un premier résultat permet de constater que le Cameroun et Madagascar disposent de marchés du travail et de systèmes éducatifs aux caractéristiques très proches de ceux d’Afrique de l’Ouest (ampleur du secteur informel, prédominance des réseaux sociaux dans la recherche de l’emploi, forte précarité des emplois, développement du  système  éducatif, accéléré dans les années 1970-1980, fortes inégalités entre genre, fort sous-emploi des jeunes, etc.).

Un second résultat, plus intéressant, nous permet d’affirmer que le taux de sur-éducation en Afrique est comparable[8] à celui des économies occidentales :

« DIRE QU’IL Y A EN PROPORTION AUTANT DE SUR-ÉDUQUÉS DANS LA POPULATION ACTIVE AFRICAINE QU’EN EUROPE ET AUX ÉTATS-UNIS PEUT PARAÎTRE SURPRENANT, MAIS SIGNALONS À NOUVEAU QUE LE PHÉNOMÈNE MESURÉ ICI EST RELATIF AUX NORMES LOCALES : AINSI, MÊME SI LA SUR-ÉDUCATION EST FORTE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE, LE NIVEAU D’ÉDUCATION RESTE BIEN INFÉRIEUR À CELUI DES PAYS DÉVELOPPÉS. »

Un échec du système éducatif ?

Cette surqualification constitue d’une part, un échec du système éducatif à doter les jeunes des compétences dont ils ont besoin au niveau professionnel. Les jeunes reçoivent des formations qui ne correspondent pas aux secteurs porteurs, et se retrouvent donc surqualifiés par rapport aux emplois existants. D’autre part, c’est l’expression de l’incapacité des marchés africains du travail à offrir à de nombreux jeunes des emplois adaptés.  Le rôle de tout système éducatif c’est de s’assurer que les compétences acquises soient en adéquation avec celles requises par le marché du travail, afin d’optimiser les investissements en capital humain et promouvoir une croissance soutenue qui ne laisse personne sur le côté.

Comment réduire l’inadéquation professionnelle ?

L’inadéquation professionnelle en ASS pourrait être plus efficacement géré si les caractéristiques du marché du travail étaient mieux intégrées aux processus de planification de l’éducation. Par ailleurs, les entreprises africaines doivent investir davantage dans la formation et le développement des compétences en entreprisesafin de renforcer le niveau des employés sous-qualifiés et établir des systèmes de promotion pour donner la possibilité aux surqualifiés de pouvoir pleinement exprimer leur potentiel. Le système éducatif, aussi performant soit-il, ne pourra jamais satisfaire toutes les attentes.

Enfin, les chefs d’entreprises en Afrique doivent adopter davantage de mesures inclusives de promotion du genre. Les femmes sont une autre catégorie de travailleurs surqualifiés, notamment la pression qu’elles subissent pour concilier travail et vie familiale. On a donc une plus forte représentation des femmes dans les emplois atypiques et d’éventuelles discriminations au travail. Les marchés africains produiraient davantage si les compétences des travailleurs surqualifiés étaient pleinement utilisées. Ils seraient plus productifs qu’ils ne le sont présentement si les femmes occupaient des emplois qui s’arriment à leur formation. L’économie gagnerait en productivité si on améliorait l’adéquation entre les qualifications des travailleurs et les conditions d’embauche. Les efforts de tous les acteurs concernés pourraient converger vers l’atteinte de cet objectif.

 

Références:

[1] Bureau International du Travail

[2] AFD : Agence Française de Développement | IRD : Institut de Recherche sur le Développement.

[3] C. Simon Fan et Oded Stark, « International migration and “educated unemployment” », Journal of Development Economics 83, no 1 (2007): 76–87.

[4] Oded Stark et C. Simon Fan, « The analytics of seasonal migration », Economics Letters94, no 2 (2007): 304–312.

[5] Javier Herrera et al., « Informal sector and informal employment: Overview of data for 11 cities in 10 developing countries », Women in Informal Employment, Globalizing and Organizing, Cambridge, Mass., USA, Working Paper 9, 2012.

[6] Esteves l., Martins P. 2007 – Job-Schooling Mismatches and Wages in Brazil. Queen Mary College, University of London, mimeo.

[7] François ROUBAUD et Philippe DE VREYER, Les marchés urbains du travail en Afrique subsaharienne (IRD Éditions, 2017).

[8] Il nous parait important de signaler que l’informalité est la norme en Afrique Subsaharienne. Un marché du travail qui fonctionne bien n’est pas nécessairement synonyme d’un marché du travail formel. En Afrique subsaharienne, le gros des activités économiques sont informelles, viennent  ensuite  les  emplois  du  secteur  public.

[9] Javier HERRERA et Sébastien MERCERON, 2013, « Sous-emploi et inadéquation professionnelle » dans Philippe De Vreyer et François Roubaud (dir.), Les marchés urbains du travail en Afrique subsaharienne. Marseille/Paris, Institut de recherche pour le développement/Agence française pour le développement : 99-125.

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