Rwanda, « Mitterrand m’a dit : Kouchner, vous exagérez »

Bernard Kouchner, alors secrétaire d’état à l’action humanitaire,
en visite à Kigali, au Rwanda, le 18 juin 1994. / Abdelhak Senna/AFP

L’ancien ministre des affaires étrangères réagit au dossier que nous avons publié lundi 25 juin, « Rwanda, questions sur l’opération Turquoise ».

Pendant le génocide des Tutsis au Rwanda, Bernard Kouchner s’est rendu à trois reprises à Kigali. Il dit avoir tenté, en vain, d’alerter François Mitterrand sur la nature des crimes commis par le régime hutu.

Comment réagissez-vous au dossier que La Croix a publié la semaine dernière, avec le nouveau témoignage d’un militaire, ayant pris part à Turquoise, qui interroge sur la réalité d’une intervention française strictement humanitaire dès le départ ?Bernard Kouchner : Tout cela, je le savais. Bien sûr qu’il y a des militaires qui, sur ordre, se sont préparés à frapper le FPR. Mais quand Turquoise a commencé, le FPR avait gagné la partie. La ligne humanitaire a alors pris le dessus sur la ligne offensive à l’Élysée, comme en témoigne votre aviateur. Ensuite, que Turquoise n’ait pas procédé à l’arrestation des membres du Gouvernement intérimaire rwandais, c’est gros ! Le général Lafourcade a beau dire à La Croix que l’ONU ne lui avait donné aucune consigne à ce sujet, il aurait pu et dû agir autrement. À ce propos, je me souviens d’une chose. Avec une délégation de députés européens, dont Bernard Stasi, je suis retourné au Rwanda en juin 1994. Notre délégation a décidé de rencontrer le général Lafourcade à Goma. J’ai préféré me rendre à Kigali pour rencontrer Paul Kagame. Quand j’ai retrouvé Bernard Stasi, il m’a fait cette confidence : « Lafourcade sécurise la zone où se trouve le GIR pour lui permettre de s’échapper vers Goma ! »Qui était en faveur d’une intervention offensive ?Bernard Kouchner : Je crois que François Mitterrand et son entourage politique et… Il reste 80% de l’article à lire.

Pour accéder à cet article et à l’ensemble du journal, abonnez-vous à partir de 1 €
Déjà abonné ? Identifiez-vous

Publicités

Décryptage : les exportations françaises en net recul en Afrique

Sénégal, Algérie, Cameroun, Côte d’Ivoire… La France perd des parts de marché sur l’ensemble du continent africain et dans presque tous les secteurs – l’aéronautique exceptée. La société d’assurance-crédit Coface s’est penchée sur cette tendance. La France perd des parts de marchés en Afrique, au profit de plusieurs pays européens, de l’Inde et de la Chine. C’est le constat que fait l’agence d’assurance-crédit Coface, dans une note publiée le 20 juin.

« Alors que les exportations françaises représentaient près de 11 % des flux vers l’Afrique au début du millénaire, leur poids a été divisé par deux en 2017, pour représenter 5,5 % » explique Ruben Nizard, l’un des économistes de Coface qui a réalisé l’étude.

« En 2017, la France a également perdu son statut de premier fournisseur européen du continent africain, dépassé par l’Allemagne » poursuit-il. Si la baisse de la part de marché est en ligne avec le recul des parts de marché à l’exportations de la France au niveau mondial (de 4,7 % en 2001 à 3 % aujourd’hui), « l’ampleur du recul sur le marché africain a été nettement plus importante ».

« La progression de la Chine a été fulgurante » souligne Bruno de Moura Fernandes, l’un des auteurs de la publication. Son poids dans les exportations vers le continent est passé de 3 % en 2001 à près de 18 % aujourd’hui, surpassant la France comme premier exportateur dès 2007. Le recul des autres économies européennes est moins marqué. D’autres économies émergentes, telles que l’Inde ou la Turquie, mais également d’autres pays européens, comme l’Espagne, ont connu une progression de leur part de marché de l’ordre de 1 à 3 points, grâce à des gains concentrés dans certains secteurs (machines, automobiles).

Forte concurrence

Hormis l’aéronautique, les ventes françaises en Afrique reculent dans tous les principaux secteurs exportateurs. Le poids de la France – comme ceux de l’Allemagne et de l’Italie – dans les exportations de machines vers l’Afrique a été divisé par deux entre 2001 (12 %) et 2017 (6 %), en raison de la concurrence de la Turquie, de l’Espagne et surtout de la Chine. La part de Pékin a été multiplié par 8 pour atteindre 25 % des exportations totales de machines. Cette baisse de la part de marché française atteint entre 15 et 20 points de pourcentage en Algérie, au Maroc, en Côte d’Ivoire ou au Cameroun, et 25 points au Sénégal.

La tendance est similaire pour le secteur des appareils électriques et électroniques, la part française reculant au profit de la Chine, tout comme dans l’automobile, avec l’Inde, détaille Bruno de Moura Fernandes. Dans le domaine pharmaceutique, le poids de l’Inde a progressé de 5 % à 18 %, tiré par sa production de génériques à bas coût. Pour les ventes de blé, la baisse de part française en 2017, imputable en partie à une mauvaise récolte, a favorisé la Roumanie, l’Ukraine et la Russie, qui ont fourni 40 % de la consommation africaine de blé de 2017, contre 1 % en 2001.

Outre l’émergence de la Chine, la Coface souligne une perte de compétitivité-prix des productions françaises. Malgré tout, l’agence pointe des marges de progression possible sur certains marchés africains : Afrique australe, Afrique de l’Est, Algérie, Maroc et « bande sahélienne » (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad). « Il existe un gain potentiel pour les exportations françaises en valeur en Afrique de l’ordre de 21 %, qui ramènerait ses parts de marché au niveau d’avant crise, soit 7 % » conclut Ruben Nizard.

http://www.jeuneafrique.com

EN AFRIQUE DE L’OUEST, L' »EBOLA DU MANIOC » MENACE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Des femmes sélectionnent des tubercules de manioc sur un site de production à Affery, le 18 juin 2018 en Côte d’Ivoire | AFP | Sia KAMBOU

Les spécialistes l’appellent « Ebola du manioc »: l’Afrique de l’Ouest cherche la parade à un virus qui touche cette plante très consommée sur son sol et qui menace la sécurité alimentaire de la région, où les besoins en nourriture ne font que croître sous la pression démographique.

« La striure brune du manioc, une maladie virale, qui cause la perte de 90 à 100% de la production en Afrique centrale, est en train de faire mouvement vers l’Afrique de l’Ouest. C’est une menace à prendre très au sérieux », explique à l’AFP le Dr Justin Pita, directeur exécutif du programme West africain virus epidemiology (Wave), axé sur la sécurité alimentaire et financé par la Fondation Bill et Melinda Gates.

Ce virus se propage par des mouches blanches. Les hommes peuvent aussi être des vecteurs de transmission lorsqu’ils transportent les boutures de manioc.

Or le manioc est une culture de subsistance primordiale en Afrique.

Le continent est le plus grand producteur mondial de cette plante (57%), dont on consomme les tubercules, riches en glucides et en amidon, mais aussi les feuilles et la fécule (qui a plutôt l’aspect d’une semoule), produite à partir des racines.

Le tubercule de manioc entre par exemple dans le bol de 80% des 180 millions d’habitants du Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique.

L’attiéké, un mets fait à base de semoule de manioc cuite, est lui très prisé par les populations de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Mali, notamment, tout comme par les diasporas en France et aux Etats-Unis où plusieurs tonnes sont exportées chaque mois.

– La lutte depuis le laboratoire –

Aussi les chercheurs du programme Wave sont-ils à pied d’oeuvre depuis des mois pour endiguer le fléau.

« Nous parlons de l’Ebola du manioc », lance le Dr Pita, rappelant qu’une famine a fait plus de 3.000 morts en Ouganda dans les années 1990 après l’apparition de ce virus. « Imaginez la Côte d’Ivoire sans manioc ou Abidjan sans attiéké, ce serait la catastrophe! »

Le programme Wave, dont le siège se trouve à Bingerville, près d’Abidjan, a été mis en place dans sept pays (Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin, Togo, Nigeria, Burkina Faso, République démocratique du Congo). Il prône « une approche régionale » pour combattre la maladie.

La mobilisation a d’abord eu lieu au niveau des techniciens, des chercheurs et des étudiants, qui ont conçu ensemble en laboratoire « des variétés résistantes » expérimentales.

Leur efficacité doit être testée en Afrique centrale, où a démarré l’épidémie.

– L’appel aux rois –

Puis, début juin, les ministres de la Recherche de huit pays d’Afrique de l’Ouest se sont réunis à Cotonou pour mettre sur les rails « une action concertée » afin de prévenir « une crise du manioc ».

Ils se sont engagés aux côtés de Wave, tandis que les rois et chefs de 12 pays d’Afrique ont aussi été sollicités, une première.

« Nous, rois et chefs traditionnels, interfaces entre la population et le gouvernement, devons accompagner le programme Wave pour juguler la striure brune, à travers un plan de sécurité et de prévention déployé au niveau régional », a déclaré Amon Tanoé, le roi de Grand-Bassam, président de la chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, une institution dans le pays de l’attiéké et du placali (mets à base de manioc).

Concrètement, sont envisagés « l’arrachage des plants dans une zone infestée », « l’interdiction de voyager avec des boutures de manioc » et, surtout, un soutien à la recherche « pour lutter contre les maladies et améliorer la productivité ».

A Afféry, grande région de production de manioc, à 100 km à l’est d’Abidjan, les 200 productrices locales s’inquiètent.

Sanglée dans un pagne multicolore, la présidente de leur association, Nathalie Monet Apo, anticipe le pire: « L’attiéké est notre cacao (…), si la maladie apparaît ici ou ailleurs, ce sera un drame pour nos familles et notre communauté ».

« C’est grâce à la culture du manioc que j’arrive à scolariser mes quatre enfants », renchérit une autre productrice, Blandine Yapo Sopi, à proximité d’un monticule de tubercules de manioc. Récoltés sur un hectare de plantation, ils devraient lui rapporter 450.000 FCFA (environ 680 euros).

– Le défi du rendement –

Outre la menace de la maladie, les pays ouest-africains doivent aussi relever un autre défi: celui du rendement trop faible de la culture du manioc dans la région.

Il « ne dépasse pas 10 à 12 tonnes par hectare, alors que son potentiel peut avoisiner 40 tonnes/ha. L’Asie affiche un rendement de 22 tonnes/ha pour la même culture », rappelle Odile Attanasso, ministre béninoise de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

« Dans le contexte de pression de démographique croissante et de pauvreté rurale qui caractérise notre région, nous n’aurons d’autre choix que de relever la productivité de cette denrée », avertit Mme Attanasso, dont le pays est gros consommateur de gari et de tapioca, une semoule et une fécule dérivées du manioc.

Les bâilleurs ont promis de poursuivre le financement du programme jusqu’en 2022. Mais les chercheurs espèrent aussi une forte implication des gouvernements africains, dont moins de 1% des budgets nationaux sont pour l’instant consacrés à la recherche scientifique.

http://www.izf.net/afp/en-afrique-louest-lebola-manioc-menace-securite-alimentaire

Business en Centrafrique : comment les entreprises s’adaptent au contexte de crise

Embouteillage au marché du Km5 avant mars 2013

Insécurité, mauvais état des routes, coût de l’énergie élevée, « prédation » de l’État… Comment faire des affaires en Centrafrique ? Jeune Afrique a mené l’enquête.

« De nombreux facteurs externes ne sont pas maîtrisés » euphémise Laurence Nassif, directeur général d’une société forestière et président du Groupement interprofessionnel de Centrafrique (Gica), une organisation patronale, pour décrire le quotidien d’un chef de grosse entreprise dans le pays, où douze des seize préfectures sont occupées par des groupes armés, et où les infrastructures de base sont quasi inexistantes en dehors de la capitale.

  • Faire face à l’insécurité

La sécurité est l’une des difficultés partagées par tous les opérateurs. En 2013, Orange a ainsi vu la quasi-totalité de son réseau détruit. L’opérateur a reconstruit ses 117 tours télécoms depuis lors, mais en a à nouveau perdu 12 en 2017, suite à une résurgence des violences dans le Sud-Ouest. « Depuis 2016, nous n’avons plus eu d’incidents majeurs sur nos équipements », estime Corinne Lozé, directrice générale d’Orange.

Cliquez ici pour lire l’article:http://www.jeuneafrique.com/584665/economie/business-en-centrafrique-comment-les-entreprises-sadaptent-au-contexte-de-crise/

Etats-Unis/Chine: J-1 avant la guerre commerciale?

es présidents des Etats-Unis Donald Trump (g) et de la Chine Xi Jinping, le 9 novembre 2017 à Pékin.
afp.com/Nicolas ASFOURI

Vendredi 6 juillet, Washington appliquera une augmentation des taxes de 25% sur 50 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine. Les Etats-Unis reprochent à Pékin à la fois le déficit commercial énorme et le vol de propriété intellectuelle subi par les entreprises américaines installées en Chine. Pékin a confirmé qu’elle répliquerait dans la foulée avec des mesures symétriques en cas de première salve. Va-t-on assister dès ce vendredi au début de la guerre commerciale tant redoutée ?

A la veille du jour J, tous les acteurs redoutent le choc des deux principales économies mondiales et son impact sur le commerce global. Si les Américains tirent bien les premiers ce vendredi 6 juillet – Pékin attendra que Washington lance les hostilités – , il y aura une réaction chinoise proportionnée.

Ce qui est attendu, c’est une augmentation de 25% des taxes sur 50 milliards de dollars d’importations américaines en provenance de Chine : 34 milliards d’abord, 16 milliards ensuite. Une réaction chinoise qui entraînerait, à en croire Washington, d’autres taxes sur davantage de produits.

« Dans un premier temps, l’impact sera de 25 milliards de dollars d’exportations en moins de la Chine vers les Etats-Unis, et 26 milliards de dollars en moins des Etats-Unis vers la Chine, donc à peu près le même chiffre », détaille Cécilia Bellora, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII).

Guerre commerciale à plusieurs fronts

Mais les secteurs les plus touchés ne sont pas les mêmes entre les deux pays. « Côté chinois, on a plutôt des machines-outils destinés à la production industrielle alors que côté américain, on a plutôt des machines-outils, des automobiles et des oléagineux, le fameux soja », rappelle la chercheuse.

Taxer le soja américain, c’est frapper là où ça fait mal. La Chine achète un tiers environ de la production américaine. A la Bourse de Chicago, où se nouent les contrats à terme, des commandes ont été annulées. Ce qui a entraîné une forte chute des cours. Les agriculteurs américains, dont beaucoup sont des électeurs de Donald Trump, devront sans doute trouver d’autres débouchés.

Mais le président américain a ouvert plus d’un front dans sa guerre commerciale. En surtaxant l’acier et l’aluminium en juin, le président américain a contraint ses partenaires européens à restreindre l’entrée en Europe de produits-phare, comme les motos Harley Davidson. Si l’on considère que le président américain n’a en tête que les élections de mi-mandat en novembre prochain, l’Europe a eu la bonne approche.

« Elle consiste à adopter des rétorsions commerciales fermes et proportionnées car ce n’est pas la peine de surréagir par rapport à l’attaque protectionniste américaine », affirme Philippe Martin, professeur d’économie à Sciences Po Paris et président du Conseil d’analyse économique qui a remis cette semaine au gouvernement français un rapport sur la question.

Risque d’effondrement mondial

« L’objectif, explique l’économiste, c’est d’avoir des cibles assez précises aux Etats-Unis et que ça ait un coût pour certains exportateurs américains dans des Etats bien spécifiques ». L’effet recherché est de permettre aux lobbies d’exportateurs américains de faire pression pour faire cesser la « guerre protectionniste ».

L’escalade signifie un vrai risque d’effondrement pour le commerce mondial. Si le différend entre les Etats-unis et la Chine se concrétise et s’enfonce et si Washington applique les taxes sur les automobiles européennes, comme il en brandit désormais la menace, le scénario extrême peut se matérialiser. Il aurait des effets semblables à ceux de la récession de 2008-2009.

Le coût des produits importés augmenterait. Le coût des produits, même fabriqués dans les pays, augmenterait puisque les machines importées seraient également plus chères à cause des surtaxes. « Pour la France, précise Philippe Martin, cela impliquerait une baisse de 40% des exportations vers le reste du monde et ça aurait un impact sur notre revenu total de l’ordre d’environ 3% du PIB français. »

Guerre commerciale Etats-Unis-Chine : Pékin « ne tirera pas la première balle »

Comme Pékin est en avance de douze heures sur Washington, décalage horaire oblige, la Chine devrait être la première à appliquer une taxe de 25% sur toute une gamme de produits.

Pourtant, minuit passera sans que Pékin mette ses menaces à exécution, précise notre correspondante sur place, Heike Schmidt. La Chine ne déclenchera pas les hostilités avant Washington. Une manière habile de faire savoir que l’agresseur se trouve bel et bien de l’autre côté de l’Atlantique et que la Chine se contentera de se défendre dans une guerre commerciale qu’elle n’a pas voulue.

« Les Etats-Unis ont provoqué cette guerre commerciale, nous ne la souhaitons pas, mais nous n’avons pas d’autres choix que de nous battre au nom des intérêts du pays et du peuple, confirme le porte-parole du ministère du Commerce, Gao Feng. Cela étant dit, la Chine ne tirera en aucun cas la première balle. Mais si les Etats-Unis déclenchent les mesures punitives, la Chine sera forcée d’y riposter ».

Cette riposte visera des produits agricoles comme le soja, le sorgho ou encore le whisky, mais aussi des fabricants de voitures comme Tesla et Ford. Par ailleurs, des entreprises européennes risquent de devenir les victimes collatérales de cette guerre sino-américaine. A l’image des Allemands Mercedes-Benz et BMW qui produisent des dizaines de milliers de voitures aux Etats-Unis pour les exporter ensuite vers la Chine.

http://www.rfi.fr/economie/20180705-etats-unis-chine-guerre-commerciale-europe-importations-donald-trump 

Sida: des tests très prometteurs pour un potentiel vaccin

Un vaccin contre le Sida pourrait-il bientôt exister ? C’est l’espoir suscité par un nouveau traitement préventif. Le rapport des essais cliniques a été publié dans la revue scientifique The Lancet.

Les essais cliniques ont duré plus d’un an et les résultats sont encourageants. Le traitement préventif a d’abord été testé sur des singes. Les deux tiers d’entre eux ont été protégés quand les chercheurs leur ont inoculé le virus.

Puis près de 400 hommes originaires d’Afrique du Sud, d’Afrique de l’Est, de Thaïlande et des Etats-Unis ont reçu des injections de virus VIH rendus inoffensifs, et le test a montré des réactions immunitaires très prometteuses. Le directeur de l’étude, le virologue Dan Barouch, estime que ce n’est probablement pas le vaccin définitif, mais que cela pourrait être une avancée phénoménale.

Le seul et unique essai qui avait eu lieu en 2009 avec un autre modèle vaccinal, avait montré des résultats très insuffisants. Le risque d’infection de 16 000 volontaires en Thaïlande n’avait été réduit que de 31%.

Tests en Afrique Australe

Un test de ce vaccin potentiel appelé Imbokodo (rocher, en zoulou) sera lancé sur 2 600 femmes en Afrique Australe, le lieu au monde où le virus pose le plus de problèmes, explique Jean-Daniel Lelièvre, du Vaccine Research Institute (Agence nationale de recherches sur le sida) joint par RFI. En France, 150 000 personnes vivent avec le VIH, et ils sont chaque année 6 000 à découvrir leur séropositivité. « En Afrique Australe, c’est 100 fois plus ! », pointe le chercheur.

Les résultats de ce test très prometteur sont attendus vers 2021. Le professeur Darouch appelle néanmoins à la prudence, rappelant qu’en matière de recherche vaccinale, les déceptions sont souvent nombreuses: »On avait un premier vaccin qui avait montré une certaine efficacité, qui avait été fait en Thaïlande et le vaccin qui avait été utilisé à l’époque couvrait un seul type de virus VIH. (…) Et l’avancée importante avec cette nouvelle stratégie vaccinale c’est de couvrir largement l’ensemble des différents sous-types ».

 www.rfi.fr/science/20180708-sida-tests-tres-prometteurs-potentiel-vaccin 

Centrafrique-ONU : budget resserré pour les missions de paix en Afrique

Casques Bleus de la MINUSCA

L’ONU resserre le budget pour les missions de paix en Afrique. En application du budget concernant les opérations de paix 2018-2019 qui a été adopté jeudi en Assemblée générale des Nations Unies, les quatre missions des casques bleus, les plus importantes de l’organisation onusienne devront se serrer la ceinture.

Il s’agit des missions particulièrement présentes au Soudan du Sud, en République Démocratique du Congo, au Mali et en Centrafrique.

Les 193 pays membre de l’ONU se sont entendus le week-end dernier pour un accord de principe. Pour les douze mois à venir près de 6,689 milliards de dollars iront à la quinzaine d’opérations de paix gérées actuellement par l’ONU.

Selon des diplomates, ce montant en baisse de 122 millions de dollars par rapport à ce que réclamaient les experts financiers de l’ONU, a été retardée en raison de projets de réforme du secrétaire général Antonio Guterres, notamment dans le domaine du management, inclus dans les négociations budgétaires.

En juillet, plusieurs renouvellements de missions par le Conseil de sécurité (Darfour, Chypre, Somalie) sont attendus. Ils augurent, selon un diplomate, des débats difficiles entre ceux qui poussent à réduire et ceux pour qui certaines diminutions ne sont à réaliser “ni trop vite, ni trop tôt”, au risque de relancer des exactions contre des civils.

http://fr.africanews.com

NDLR: 

En Centrafrique, la Mission de l’ONU dans ce pays est confronté à de difficultés exogènes et endogènes. 12.000 Casques Bleus ne peuvent sécuriser un pays de 623.000 Km2 écumé par des bandes armés et des mercenaires de tous poils qui excellent la violation des Droits de l’Homme. L’arrivé d’un nouvel acteur, la Russie place le pays dans une situation de crise géopolitique.

Ainsi, cette réduction de 122 millions de dollars aura sans doute un impact sur la mission. Car on dit dans  le jargon militaire que « mission = moyen ». Les cinq (5) membres du Conseil de Sécurité de l’ONU feront mieux de lever l’embargo sur les armes qui privent le pays de ses moyens de défense.