Centrafrique: Le Panel de l’Initiative Africaine a rencontré l’ancien Président F.Bozizé à Kampala

Ambassadeur Moussa B Nebié remet à l’ancien Président de la RCA, M. François Bozizé la lettre du Président de la commission de l’UA.

La communauté internationale et les autorités de la République Centrafricaine s’évertuent pour trouver une solution à la crise que traverse ce pays. Pour réunir les protagonistes du conflit et les motiver au dialogue inclusif qui se tiendra bientôt,une délégation du Panel de Facilitation de la mise en œuvre de la Feuille de route de l’Initiative Africaine pour la paix et la réconciliation en Centrafrique a rencontré le 11 juillet 2018 à Kampala, l’ancien Président F.Bozizé.

Composé du Représentant spécial du Président de la Commission de l’Union africaine (UA) et Chef de la Mission de l’Union Africaine (UA) pour la Centrafrique et l’Afrique Centrale (MISAC), l’Ambassadeur Moussa B. Nebié accompagné du Ministre Conseiller à la Présidence, Mr Jean Willybiro Sako et l’Ambassadeur A. Nahayo de la CEEAC, président du Comité Technique et d’autres cadres, la délégation du Panel a rencontré à Kampala l’ancien Président de Centrafrique, M. François Bozizé, relatif  à la Feuille de route  l’Initiative Africaine.

Ancien Président François Bozizé et le Panel de l’UA

Lors de cette rencontre de Kampala, l’Ambassadeur Moussa B. Nebié a remis la lettre du Président de la Commission de l’Union Africaine adressée à M. F.Bozizé. Sur son compte Twitter, l’Ambassadeur Moussa B. Nebié a indiqué que  » M. François Bozizé a marqué son adhésion et exprimé son soutien sans équivoque à  l’Initiative Africaine en RCA sous conduite de l’UA. Il formule le vœu que l’UA soit le cadre où les centrafricains vont définitivement régler leurs différends par le dialogue ». Etait aussi présent à cette rencontre, Mr Bertin Bea, le Secrétaire du Kwa Na Kwa, le parti de Bozizé.

En Ouganda, la délégation du Panel a été aussi reçu à Kisozi (170 km de Kampala) par Son Excellence, le Président Yoweri Museveni de l’Ouganda.

Cet énième dialogue sous égide de l’Union Africaine est diversement apprécié par les Centrafricains. Les pessimistes estiment qu’il s’agit d’une caution aux criminels de guerre et chefs de groupes armés qui pourraient bénéficier d’une amnistie.

Fleury Agou

Publicités

TWITTER FAIT LE GRAND MÉNAGE CONTRE LES FAKE NEWS

En deux mois, la plateforme a suspendu plus de 70 millions de comptes suspectés de propager de fausses informations, rapporte le Washington Post.

La plateforme Twitter a suspendu en deux mois plus de 70 millions de comptes suspectés de propager de fausses informations dans le cadre de sa lutte contre les activités malveillantes. Selon le Washington Post, qui cite des données confirmées par Twitter, le taux de suspensions est en moyenne de plus d’un million par jour et a connu un pic à la mi-mai, quand plus de 13 millions de comptes douteux ont été suspendus en une seule semaine. La tendance reste la même en juillet.

Les principaux réseaux sociaux et sites de microblogs, Facebook et Twitter en tête, ont mis en place des règles plus strictes pour les publicités politiques, après les vives critiques sur leur «laxisme» face à la prolifération de fausses informations pendant la campagne électorale américaine de 2016. Dans de nombreux cas, les messages étaient postés par des bots (des comptes gérés par des robots) ou des comptes basés en Russie. En mai, Twitter avait annoncé l’entrée en vigueur prochaine de nouvelles règles pour les annonceurs politiques, qui devront fournir des documents authentifiés prouvant qu’ils se trouvent bien aux États-Unis. Alors que des élections parlementaires auront lieu en novembre, les candidats devront, eux, être clairement identifiés en tant que tels sur leur compte.

Enquête en cours

En février, la justice américaine a inculpé 13 ressortissants russes accusés d’avoir participé à «une guerre de l’information contre les États-Unis» sur les réseaux sociaux en exacerbant les tensions raciales et politiques pendant la campagne électorale pour favoriser le candidat républicain Donald Trump et dénigrer sa concurrente démocrate Hillary Clinton. Le procureur spécial Robert Mueller mène depuis plus d’un an une enquête pour déterminer si l’équipe de campagne de Donald Trump s’est volontairement associée avec des responsables russes pour favoriser l’élection du milliardaire, ce que ce dernier réfute.

«Twitter se débarrasse de faux comptes à une vitesse record», a écrit le 7 juillet le président américain sur le site qu’il utilise quotidiennement, en se demandant si ceux du New York Times et du Washington Post, deux journaux qu’il vilipende régulièrement pour leur couverture de sa politique, faisaient partie du lot.

http://www.strategies.fr

Rwanda, « Mitterrand m’a dit : Kouchner, vous exagérez »

Bernard Kouchner, alors secrétaire d’état à l’action humanitaire,
en visite à Kigali, au Rwanda, le 18 juin 1994. / Abdelhak Senna/AFP

L’ancien ministre des affaires étrangères réagit au dossier que nous avons publié lundi 25 juin, « Rwanda, questions sur l’opération Turquoise ».

Pendant le génocide des Tutsis au Rwanda, Bernard Kouchner s’est rendu à trois reprises à Kigali. Il dit avoir tenté, en vain, d’alerter François Mitterrand sur la nature des crimes commis par le régime hutu.

Comment réagissez-vous au dossier que La Croix a publié la semaine dernière, avec le nouveau témoignage d’un militaire, ayant pris part à Turquoise, qui interroge sur la réalité d’une intervention française strictement humanitaire dès le départ ?Bernard Kouchner : Tout cela, je le savais. Bien sûr qu’il y a des militaires qui, sur ordre, se sont préparés à frapper le FPR. Mais quand Turquoise a commencé, le FPR avait gagné la partie. La ligne humanitaire a alors pris le dessus sur la ligne offensive à l’Élysée, comme en témoigne votre aviateur. Ensuite, que Turquoise n’ait pas procédé à l’arrestation des membres du Gouvernement intérimaire rwandais, c’est gros ! Le général Lafourcade a beau dire à La Croix que l’ONU ne lui avait donné aucune consigne à ce sujet, il aurait pu et dû agir autrement. À ce propos, je me souviens d’une chose. Avec une délégation de députés européens, dont Bernard Stasi, je suis retourné au Rwanda en juin 1994. Notre délégation a décidé de rencontrer le général Lafourcade à Goma. J’ai préféré me rendre à Kigali pour rencontrer Paul Kagame. Quand j’ai retrouvé Bernard Stasi, il m’a fait cette confidence : « Lafourcade sécurise la zone où se trouve le GIR pour lui permettre de s’échapper vers Goma ! »Qui était en faveur d’une intervention offensive ?Bernard Kouchner : Je crois que François Mitterrand et son entourage politique et… Il reste 80% de l’article à lire.

Pour accéder à cet article et à l’ensemble du journal, abonnez-vous à partir de 1 €
Déjà abonné ? Identifiez-vous

Décryptage : les exportations françaises en net recul en Afrique

Sénégal, Algérie, Cameroun, Côte d’Ivoire… La France perd des parts de marché sur l’ensemble du continent africain et dans presque tous les secteurs – l’aéronautique exceptée. La société d’assurance-crédit Coface s’est penchée sur cette tendance. La France perd des parts de marchés en Afrique, au profit de plusieurs pays européens, de l’Inde et de la Chine. C’est le constat que fait l’agence d’assurance-crédit Coface, dans une note publiée le 20 juin.

« Alors que les exportations françaises représentaient près de 11 % des flux vers l’Afrique au début du millénaire, leur poids a été divisé par deux en 2017, pour représenter 5,5 % » explique Ruben Nizard, l’un des économistes de Coface qui a réalisé l’étude.

« En 2017, la France a également perdu son statut de premier fournisseur européen du continent africain, dépassé par l’Allemagne » poursuit-il. Si la baisse de la part de marché est en ligne avec le recul des parts de marché à l’exportations de la France au niveau mondial (de 4,7 % en 2001 à 3 % aujourd’hui), « l’ampleur du recul sur le marché africain a été nettement plus importante ».

« La progression de la Chine a été fulgurante » souligne Bruno de Moura Fernandes, l’un des auteurs de la publication. Son poids dans les exportations vers le continent est passé de 3 % en 2001 à près de 18 % aujourd’hui, surpassant la France comme premier exportateur dès 2007. Le recul des autres économies européennes est moins marqué. D’autres économies émergentes, telles que l’Inde ou la Turquie, mais également d’autres pays européens, comme l’Espagne, ont connu une progression de leur part de marché de l’ordre de 1 à 3 points, grâce à des gains concentrés dans certains secteurs (machines, automobiles).

Forte concurrence

Hormis l’aéronautique, les ventes françaises en Afrique reculent dans tous les principaux secteurs exportateurs. Le poids de la France – comme ceux de l’Allemagne et de l’Italie – dans les exportations de machines vers l’Afrique a été divisé par deux entre 2001 (12 %) et 2017 (6 %), en raison de la concurrence de la Turquie, de l’Espagne et surtout de la Chine. La part de Pékin a été multiplié par 8 pour atteindre 25 % des exportations totales de machines. Cette baisse de la part de marché française atteint entre 15 et 20 points de pourcentage en Algérie, au Maroc, en Côte d’Ivoire ou au Cameroun, et 25 points au Sénégal.

La tendance est similaire pour le secteur des appareils électriques et électroniques, la part française reculant au profit de la Chine, tout comme dans l’automobile, avec l’Inde, détaille Bruno de Moura Fernandes. Dans le domaine pharmaceutique, le poids de l’Inde a progressé de 5 % à 18 %, tiré par sa production de génériques à bas coût. Pour les ventes de blé, la baisse de part française en 2017, imputable en partie à une mauvaise récolte, a favorisé la Roumanie, l’Ukraine et la Russie, qui ont fourni 40 % de la consommation africaine de blé de 2017, contre 1 % en 2001.

Outre l’émergence de la Chine, la Coface souligne une perte de compétitivité-prix des productions françaises. Malgré tout, l’agence pointe des marges de progression possible sur certains marchés africains : Afrique australe, Afrique de l’Est, Algérie, Maroc et « bande sahélienne » (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad). « Il existe un gain potentiel pour les exportations françaises en valeur en Afrique de l’ordre de 21 %, qui ramènerait ses parts de marché au niveau d’avant crise, soit 7 % » conclut Ruben Nizard.

http://www.jeuneafrique.com

Business en Centrafrique : comment les entreprises s’adaptent au contexte de crise

Embouteillage au marché du Km5 avant mars 2013

Insécurité, mauvais état des routes, coût de l’énergie élevée, « prédation » de l’État… Comment faire des affaires en Centrafrique ? Jeune Afrique a mené l’enquête.

« De nombreux facteurs externes ne sont pas maîtrisés » euphémise Laurence Nassif, directeur général d’une société forestière et président du Groupement interprofessionnel de Centrafrique (Gica), une organisation patronale, pour décrire le quotidien d’un chef de grosse entreprise dans le pays, où douze des seize préfectures sont occupées par des groupes armés, et où les infrastructures de base sont quasi inexistantes en dehors de la capitale.

  • Faire face à l’insécurité

La sécurité est l’une des difficultés partagées par tous les opérateurs. En 2013, Orange a ainsi vu la quasi-totalité de son réseau détruit. L’opérateur a reconstruit ses 117 tours télécoms depuis lors, mais en a à nouveau perdu 12 en 2017, suite à une résurgence des violences dans le Sud-Ouest. « Depuis 2016, nous n’avons plus eu d’incidents majeurs sur nos équipements », estime Corinne Lozé, directrice générale d’Orange.

Cliquez ici pour lire l’article:http://www.jeuneafrique.com/584665/economie/business-en-centrafrique-comment-les-entreprises-sadaptent-au-contexte-de-crise/

Lettre au Parlement centrafricain sur le Règlement de Procédure et de preuve de la CPS

201805ij_car_sccfront

Bangui, le 24 mai 2018

Monsieur le Député, Madame la Députée,

Au moment où le parlement de la République centrafricaine examine le Règlement de procédure et de preuve de la Cour pénale spéciale (CPS), les organisations de la société civile centrafricaine et internationale soussignées appellent à l’adoption rapide de cette loi.

La Cour pénale spéciale offre une occasion historique de briser les cycles d’impunité qui perpétuent la violence en République centrafricaine. La CPS, une juridiction nationale faisant partie de l’appareil judiciaire centrafricain, mais opérant avec une participation et un soutien international élargis, a le potentiel de répondre à plus d’une décennie de crimes graves et contribuerait à renforcer le système judiciaire dans son ensemble.

Comme l’a démontré le Forum de Bangui de 2015, il existe dans le pays une immense aspiration à la justice et à mettre fin à l’impunité répétée pour les atrocités. Les abus, y compris ceux qui sont perpétrés aujourd’hui dans les provinces, se nourrissent de l’impunité.

Au cours de l’année écoulée, la CPS a pris une ampleur considérable. Le procureur en chef, les juges, le greffier et la police judiciaire ont été nommés. Le personnel dispose désormais d’un bureau temporaire à partir duquel il a commencé de travailler. La CPS est en position de compléter les enquêtes ouvertes par la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes commis en République centrafricaine, lesquelles avancent.

Mais la Cour pénale spéciale ne peut pas ouvrir d’enquêtes ni de procès avant l’approbation du Règlement de procédure et de preuve.

Beaucoup d’entre nous ont eu l’occasion de prendre part à des consultations sur le projet de Règlement, lors de l’atelier organisé à cet effet à Bangui les 2 et 3 octobre. À cette occasion, avocats, juges et défenseurs des droits humains ont eu des échanges vigoureux sur les dispositions du texte, et des amendements ont ensuite été présentés sur la base de ces discussions.

Le texte actuel comprend des dispositions importantes sur la garantie de procès équitable et le respect des droits de l’accusé, la protection des témoins, la participation des victimes et la nature des réparations. S’il n’y a pas de texte parfait, nous sommes convaincus que le Règlement issu de ces délibérations devrait être adopté dans les plus brefs délais afin d’accélérer l’opérationnalisation de la Cour.

Les Centrafricains sont en quête de justice, et les partenaires devraient continuer à soutenir la Cour à mesure que cette nouvelle institution progressera. Plus de la moitié du budget de la Cour reste à financer.

Nous espérons que vous saisirez l’opportunité de contribuer au succès de la CPS en approuvant le Règlement dans sa forme actuelle lors de la session parlementaire en cours.

Nous espérons vivement que cette question retiendra votre attention et bénéficiera de votre constante coopération.

Veuillez agréer, Monsieur le Député, Madame la Députée, l’expression de notre haute considération.

Organisations signataires

  1. Association chrétienne d’aide sociale (ACAS)
  2. Association chrétienne pour l’abolition de la torture (ACAT-RCA)
  3. Association des éleveurs centrafricains de volailles (AECV)
  4. Association espérance pour la paix en Centrafrique (AEPAC)
  5. Association des femmes juriste de Centrafrique (AFJC)
  6. Association pour l’intégration des jeunes (AIJ)
  7. Association des jeunes pour l’éducation chrétienne et les oeuvres sociales (AJECOS)
  8. Association de secours aux enfants atteints de concert (ASEAC)
  9. Association de solidarité pastorale pour un développement communautaire holistique (ASPDCH)
  10. Association des victimes des événements de Fatima (ASVI-2015)
  11. Association des victimes des événements de 2012-2014 (AVED)
  12. AVIDESC
  13. Association des victimes de la LRA en Centrafrique (AVLRAC)
  14. Association des victimes solidaires (AVS-2013)
  15. Centre d’alphabétisation pour la formation des aveugles en Centrafrique (CAFBAC)
  16. Coopération agro-pastorale et minière pour le développement (CAMDCA)
  17. Alerte humanitaire (CALL)
  18. Carrefour des jeunes
  19. Coalition pour la cour pénale spéciale (CCPS)
  20. Centre de documentation d’information et de formation pour le développement (CEDIFOD)
  21. Commission épiscopale justice et paix (CEJP)
  22. Civisme et démocratie (CIDEM)
  23. Conseil inter organisation non gouvernementale centrafricain (CIONGCA)
  24. Coordination des organisations musulmanes de Centrafrique (COMUC)
  25. Coordination des plates-formes des organisations nationales d’action humanitaire et de développement en Centrafrique (CPFON-AHDCA)
  26. Femme homme action plus (FHAP)
  27. Fédération internationale de droits de l’Homme (FIDH)
  28. Gestion durable des ressources naturelles et environnementales (GDRNE)
  29. Groupe de travail de la société civile pour la justice transitionnelle (GTSC-JT)
  30. Human Rights Watch (HRW)
  31. Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH)
  32. Mouvement des défense des droits de l’Homme (MDDH)
  33. Observatoire centrafricain de droits de l’Homme (OCDH)
  34. OECSPAE
  35. Organisation des partisans pour le développement communautaire (OPPDCH)
  36. Radis-Formation
  37. Réseau des peuples autochtones et locaux de Centrafrique (REPALCA)
  38. Réseau national des organisations de la jeunesse pour les droits de l’Homme (RNOJDH)
  39. Sewa maï (SEMA)
  40. SOS-Environnement
  41. SISSITIAKO
  42. Volontaire unis pour la paix et le développement (VUPAD)

Source: www.hrw.org

25 mai 1963 – Création de l’OUA : Discours de David Dacko en 1963

Feu Président de la RCA, David Dacko

Il y a 55 ans, plus de 32 Chefs d’Etat Africain étaient réunis à Addis-Abeba pour créer l’Organisation de l’Unité Africaine dont le Président de la République Centrafricaine, David Dacko.

Le Chef d’Etat centrafricain était pour une l’intégration et non la coopération, c’est-à-dire, l’abandon d’une part importante des attributs et de la souveraineté au profit d’une Nation africaine plus grande et plus solide. Mais les partisans d’une «  Afrique des Etats » menée par le président sénégalais Léopold Sédar Senghor seront vainqueurs. Pourtant avant cette signature, Nkrumah  alertait que « divisés nous sommes faibles. Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces de ce monde ».

39 ans après, la réalité a donné raison à Kwamé Nkrumah, David Dacko,… qui étaient pour l’intégration africaine. Le 9 juillet 2002, l’Union Africaine (UA) succède officiellement l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). L’organisation panafricaine a opéré une reforme de ses institutions et elle est calquée sur le model européenne. Le duo P.Kagamé-M.Faki semble très dynamique et fait bouger les lignes.

Discours du Président David Dacko en 1963:

55 ans après la signature de la signature solennelle de la Charte régissant l’Organisation de l’Unité Africaine (OU),devoir de mémoire oblige, nous vous invitons à lire le discours prononcé par le Président David Dacko à Addis-Abeba le 25 mai 1963 à Addis-Abeba.

Président D.Dacko

Que deviendrait la République Centrafricaine que je représente ici, qui n’est qu’un tout petit Etat comme la plupart des Etats africains? Sans économie prospère, sans industrie, elle se trouve être par surcroît, exposée à la subversion entretenue de l’extérieur qui pèse sur notre Continent. Elle risquerait, hélas, de disparaître de l’échiquier politique mondial si elle n’appartenait pas à de grands ensembles fortement structurés …

Le Peuple centrafricain tout entier, tient lui aussi (et pourquoi pas) à son existence et à sa place dans le concert des nations libres, et c’est pourquoi ma délégation est arrivée ici, sans appréhension aucune, pleine de confiance et d’optimisme, décidée à œuvrer pour tout ce qui assurerait à l’Afrique et aux États africains une nécessaire émancipation harmonieuse et pacifique …

Déjà, dès 1958, la première Constitution nationale de mon pays entièrement inspirée par mon regretté prédécesseur, le feu Président Barthélémy BOGANDA qui croyait profondément, en l’unité de l’Afrique, prévoyait l’abandon d’une part importante de ses attributs et de sa souveraineté au profit d’une nation africaine plus grande et plus solide, ce qui explique le renoncement de mon pays à son appellation coloniale de «Territoire de l’Oubangui Chari» en faveur de la République centrafricaine, ouvrant ainsi la porte à d’autres États frères ne faisant pas partie du bassin naturel du fleuve Oubangui.

Alors, on comprendrait aisément que c’est pour moi une grande joie et un grand honneur d’assister à la naissance de l’unité de notre Continent, unité tant souhaitée par le peuple centrafricain.

Monsieur le Président, si vous le permettez, je voudrais exposer ici un détail matériel mais non négligeable qui semble augurer des résultats positifs de nos travaux: l’organisation de notre conférence.

L’occasion m’est encore plus agréable d’adresser en mon nom personnel et au nom de la délégation centrafricaine à Sa Majesté Impériale Hailé Sélassié Ier, au Gouvernement et au Peuple Éthiopiens l’expression de notre profonde gratitude pour l’accueil chaleureux et les soins particuliers dont nous avons été l’objet. Je voudrais également à cette occasion, avec votre permission, Monsieur le Président, exprimer solennellement toute ma profonde admiration pour Sa Majesté Impériale Hailé Sélassié Ier qui, dans l’histoire du monde à déjà donné une leçon à tous les Africains. Oui, Votre Majesté Impériale, Vous nous avez appris à être et à demeurer maîtres de notre continent et à refouler de celui-ci toutes les puissances étrangères. Mais hélas, vos cris ne pouvaient alors être entendus, votre exemple suivi, car la radio et la presse faisait défaut à l’époque. L’administration coloniale, bien entendu, se gardait bien de donner une publicité à votre courageuse lutte pour la libération de l’Éthiopie. Aujourd’hui, sans hésitation et sans défaillance nous répondrons favorablement à votre appel, et nous sommes ici pour jeter les fondements de notre chère unité…

Nous ne devons pas échouer, et ma délégation souhaite quitter Addis-Abeba en rapportant non seulement de simples déclarations d’intentions, mais aussi et surtout des éléments concrets, des documents écrits et signés, gages de notre ferme désir d’aboutir à l’idéal que nous nous sommes fixés.

Les principaux problèmes communs aux États africains ont été explicitement exposés et définis dans le discours d’ouverture de Sa Majesté, l’Empereur Hailé Sélassié Ier. Leur envergure dépasse le cadre restreint de nos États et nos préoccupations quotidiennes. Aussi, devons-nous plus que jamais, concentrer nos efforts pour les résoudre avec objectivité en vue de parvenir à une Afrique unie et prospère,

Cette unité africaine que nous sommes fermement décidés de réaliser et je n’en veux pour preuve que les déclarations des éminents chefs d’État et de gouvernement qui se sont succédés à cette tribune, cette Unité Africaine, dis-je, doit. Outre que les institutions qu’elle se donnera, être l’arme efficace pour anéantir à jamais de notre continent la domination étrangère sous toutes ses formes.

Diverses thèses ont été exposées pour tenter de définir les structures de cette Unité. Pour ma part, je souscris pour une formule réaliste se basant sur les fondements du respect réciproque de la souveraineté de tous les États. II doit en être de même du respect de la personne humaine, et à ce titre toutes tendances au racisme et au régionalisme politiques, parfois voilées par des croyances religieuses, sont à combattre et à écarter.

Tous ceux qui m’ont précédé à cette tribune ont condamné avec véhémence le colonialisme et ses méfaits. Je n’y reviendrai pas car je partage entièrement leurs opinions. Toutefois, je tiens à souligner que, forts de la souveraineté de nos États et au moyen d’une action conjuguée, nous pouvons à jamais l’anéantir. S’il lui arrivait de ressusciter sur notre sol, ce serait bien notre faute, et les générations futures ne nous pardonneront jamais d’avoir défavorisé sa résurrection.

Dès à présent, il est de notre devoir de coordonner nos efforts et d’aider par tous les moyens nos frères des pays encore dépendants á se libérer de la domination étrangère.

Mais, aussi ferme que soit notre volonté d’atteindre l’Unité de l’Afrique, nos Nations respectives ont, individuellement ou groupées, signé des accords de coopération soit entre elles, soit avec d’autres puissances. Et à présent, il faut l’avouer, notre organisation administrative ou politique, économique et sociale, est dictée par ses accords de coopération. Nous ne saurions les dénoncer du jour au lendemain sans exposer l’Afrique à une crise générale dont les conséquences nombreuses, difficilement appréciables, seraient déroutantes. Et ce n’est pas là le but de notre mission à Addis- Abéba.

Aussi, conviendrait-il de bâtir notre Unité en partant des éléments vivants et cohérents qui existent déjà, tout en nous préoccupant des réformes substantielles à leur apporter pour les adapter à notre panafricanisme.

La République Centrafricaine pense qu’ainsi notre politique des grands ensembles sera réaliste et constructive, car elle n’aura pas seulement détruit, mais elle nous aura aidés à réviser notre régime actuel où dominent les séquelles du colonialisme.

En attendant cette mutation, ma délégation pense que la conférence peut déjà se prononcer sur la création d’un groupe africain et malgache à l’ONU, afin d’harmoniser notre politique étrangère et d’aider par la voie de la diplomatie les Etats encore dépendants à se libérer sans effusion de sang.

En plus de la Charte fixant le cadre de notre Unité dont je souhaite vivement l’adoption, la Conférence gagnerait à se pencher dès maintenant sur la nécessité de doter notre continent d’un Marché commun qui assurerait aux Africains la stabilité des cours de leurs produits.

Enfin, il a été agréable à la délégation de la République Centrafricaine de constater au cours des débats de cette conférence et pendant son séjour à Addis- Abeba que les dissensions opposant les leaders africains ne provenaient véritablement que des mécomptes et d’une opposition fictive entretenue par des puissances étrangères qui veulent leur division.

Du fond de mon cœur, je souhaite le rapprochement fraternel de tous les Etats africains.

Vive l’Unité africaine.

 

Fleury Agou