Centrafrique : Déclaration du Président du Conseil de sécurité

Le Conseil de Sécurité constate avec préoccupation que des groupes armés continuent de s’affronter en République centrafricaine et que des civils de certaines communautés, des soldats de la paix des Nations Unies et des membres du personnel humanitaire continuent d’être pris pour cible, ce qui continue de déstabiliser le pays, de faire de nombreuses victimes civiles et de causer d’importants déplacements de population, alors même que les parties au conflit ont convenu de mettre un terme immédiat aux hostilités.

Le Conseil déplore toutes les attaques dirigées contre des civils, les violations des droits de l’homme et atteintes à ces droits, y compris les actes de violence sexuelle et de violence sexiste commis en période de conflit, ainsi que le pillage des locaux d’organismes humanitaires, et réaffirme qu’il est urgent et impératif de traduire en justice tous les auteurs de ces violations ou de ces atteintes, quels que soient leur statut ou leur appartenance politique. Le Conseil réaffirme que certains de ces actes peuvent constituer des crimes au regard du Statut de Rome de la Cour pénale internationale et rappelle qu’à la demande des autorités nationales, le Procureur de la Cour a ouvert, en 2014, une enquête sur les crimes qui auraient été commis depuis 2012.

Le Conseil souligne qu’il importe de lutter contre l’impunité et prend note à cet égard du rapport établi par l’équipe chargée du projet d’inventaire des violations graves du droit international des droits de l’homme et des atteintes portées à ce droit et des violations du droit international humanitaire commises sur le territoire de la République centrafricaine entre janvier 2003 et décembre 2015. Il demande que la Cour pénale spéciale soit opérationnelle et que les appareils judiciaire et pénitentiaire et le système de justice pénale soient rétablis dans tout le pays.

Le Conseil est profondément préoccupé par la situation humanitaire qui règne dans le pays, notamment celle des réfugiés et des déplacés, près de la moitié des quelque 4,6 millions de Centrafricains ayant actuellement besoin d’aide humanitaire. Il enjoint de nouveau à toutes les parties d’autoriser et de faciliter le libre passage, dans de bonnes conditions de sécurité et sans délai, de l’assistance humanitaire destinée aux personnes qui en ont besoin. Le Conseil réaffirme son soutien au Président Touadéra, se félicite des efforts qu’il déploie pour faire progresser le dialogue avec les groupes armés et étendre l’autorité de l’État à tout le pays, et l’encourage à mener sans délai un processus politique ouvert à tous, auquel participeront des hommes et des femmes, y compris des déplacés et des réfugiés, quels que soient leur milieu social ou économique, leur appartenance politique ou religieuse et leur origine ethnique. Il demande aux autorités centrafricaines, à tous les niveaux, de prendre les mesures nécessaires pour concrétiser les priorités appuyées par le Président Touadéra dans les domaines de la justice et de l’application du principe de responsabilité, du désarmement, de la réconciliation et des réformes, conformément aux conclusions du Forum de Bangui.

Le Conseil rappelle la déclaration faite par sa Présidente, le 4 avril 2017(S/PRST/2017/5), et se félicite de l’accord signé sous l’égide de la Communauté de Sant’Egidio à Rome le 19 juin 2017, qui constitue une avancée pour la paix et la stabilité en République centrafricaine.

Le Conseil condamne fermement les violences perpétrées par des groupes armés et demande à tous les chefs de ces groupes de faire connaître les dispositions de l’accord à leurs membres, de manière à ce qu’ils appliquent sans attendre les dispositions relatives à la cessation des hostilités, et d’honorer, sans aucune restriction, leur engagement en faveur du processus de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement. Le Conseil accueille avec satisfaction l’Initiative de l’Union africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine et rappelle qu’il convient de coordonner tous les efforts faits pour la paix et la réconciliation dans le pays, sous la direction des autorités centrafricaines.

Le Conseil prend acte à cet égard des conclusions de la réunion que les partenaires de la République centrafricaine ont tenue le 21 juin à Bruxelles et salue l’accord qu’ils ont conclu en ce qui concerne l’élaboration d’un plan d’action conjoint relatif à la poursuite des activités de médiation avec les groupes armés, sous la direction du Gouvernement centrafricain, en collaboration avec l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine et avec l’appui des partenaires internationaux de la République centrafricaine.

Le Conseil demande à tous les partenaires de la République centrafricaine, en particulier à l’Union africaine et aux États voisins, d’adopter de toute urgence ce plan d’action conjoint et d’en appuyer l’application, en vue d’obtenir une cessation durable des hostilités sur tout le territoire. À cet égard, il demande à tous les partenaires de définir une vision commune et de continuer à améliorer la coordination de leurs efforts visant à soutenir le processus politique et la paix et la stabilité à long terme dans le pays.

Le Conseil demande également à tous les États Membres voisins d’œuvrer au règlement des questions transfrontières qui déstabilisent la République Centrafricaine, notamment les mouvements migratoires saisonniers et le trafic d’armes et de ressources naturelles.

Le Conseil met l’accent sur l’importance critique que revêt l’application effective du régime de sanctions, y compris sur le rôle clef que les États voisins, ainsi que les organisations régionales et sous-régionales, jouent dans ce domaine, et encourage ce qui est fait pour améliorer encore la coopération et l’application du régime de sanctions sous tous ses aspects.

Le Conseil réaffirme son ferme soutien au Représentant spécial du Secrétaire général, Parfait Onanga – Anyanga, ainsi qu’à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine qui, dans le cadre de son mandat à l’appui des autorités centrafricaines, adopte une démarche proactive et robuste en matière de protection des civils et de promotion du processus politique et pour ce qui est de la reconstitution et du redéploiement progressifs et coordonnés des Forces armées centrafricaines et d’autres forces desécurité intérieure, conformément aux paragraphes 34b) i), 34 b) v) et 34 b) vi) de la résolution 2301 (2016).

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Centrafrique – Histoire: B.Boganda et la reconstitution de la Haute–Volta

Pour besoin de main d’œuvre dans les pays voisins, la colonie de la Haute-Volta fut démembrée. Elle fut rétablie après la 2e Guerre Mondiale par les plaidoiries des élus locaux et notables multiplièrent les plaidoiries pour rétablir la colonie. Au Palais Bourbon (France), B. Boganda, Député de l’Oubangui – Chari et ses collègues du MRP présentèrent une Proposition de Loi au Parlement Français pour le rétablissement de la Haute-Volta.

Après la fondation du comptoir de Saint-Louis du Sénégal par la France, le général Galliéni créa en 1880 le poste de Bamako. Pour organiser leurs colonies d’Afrique Occidentale Française, la France fonda le 18 octobre 1904 la colonie du Haut-Sénégal-Niger. Le Soudan français (Mali) et la Haute-Volta (Burkina-Faso) sont rattachés à cette colonie.

15 ans après la fondation de leur dépendance du Haut-Sénégal-Niger et pour « un meilleur rendement et contrôle de ce vaste territoire », le ministre des colonies, Henri Simon proposa au Président français la création de la colonie de la Haute-Volta le 1e mars 1919.

Et, pour des « difficultés économiques » et par nécessité de main d’œuvre surtout dans les plantations ivoiriennes, la Haute-Volta fut démembrée après une étude rédigée par le lieutenant-gouverneur de la Haute-Volta à la demande du gouverneur général de l’AOF. Soumise à l’appréciation des autorités de la France, un décret pris par A.Sarrault, le Ministre des colonies, supprima la colonie Voltaïque en raison des « difficultés économiques  le 05 Septembre 1932». A partir du 1e janvier 1933, le territoire le décret rentra en vigueur et les habitants furent repartis de la manière suivante :

  • A la Côte d’Ivoire, les cercles de Ouagadougou, Koudougou, Tenkodogo, Kaya, Gaoua, Batié, Bobo Dioulasso et une partie du cercle de Dedougou; soit une superficie de 150.000 km2 et une population d’environ 2.400.000 habitants ;
  • Au soudan français (actuel Mali), le Yatenga et le reste du cercle de Dedougou; 60.000 km2 soit 80.0000 habitants ;
  • Au Niger on rattacha le Gourma, le Liptako, soit 80.000 Km2 pour 300.000 habitants.

Le rapport révélait la crainte des français concernant la Gold Coast (actuel Ghana) qui avait un lien commercial soudé avec le peuple Mossi. « Notre intérêt évident est d’essayer de détourner au profit de notre colonie voisine de la Côte d’Ivoire, tout ou partie de ce courant…», lit – on dans le document.

Ce démembrement indigna les voltaïques qui, après la 2e Guerre Mondiale se sont mobilisés pour reconstituer leurs territoires rassembler leurs peuples. Cette lutte sera menée par les élus locaux, les chefs coutumiers et notamment le Moro Naba qui multiplia les plaidoiries. Au Palais de Bourbon, les Députés africains, dont Barthélemy Boganda de l’Oubangui se joignit à cette lutte.

La reconstitution de la Haute-Volta :

Le partage du cadeau par « mesure d’économie » entre la Côte d’Ivoire, le Niger et le Soudan Français par la France sans considération de la culture du peuple, rappela aux élites africaines le partage de l’Afrique entre les puissances coloniales en 1885 à Berlin. Au Palais Bourbon, les Elus africains dénoncèrent le colonialisme avec toutes ses formes. Ils réclamèrent le rétablissement de la Haute – Volta.

Ainsi, le 25 juin 1947, les Députés B. Boganda, Juglas, Anjoulat, Belle-Soult et les membres du groupe parlementaire du Mouvement Républicain Populaire (MRP) ont présenté une Proposition de Loi portant rétablissement du territoire de la Haute-Volta. Elle fut renvoyée à la Commission des Territoires d’Outre – Mer.

Dans leur exposé des motifs, les Parlementaires exigèrent que les Droits des peuples doivent primer sur l’économie. « La primauté de l’économie doit se substituer la possibilité pour les peuples d’outre mer, conformément aux principes exprimés dans le préambule dans la Constitution d’octobre 1945, de poursuivre leur évolution propre, afin de développer leur civilisation respectives », ont – ils déclaré.

Le 04 septembre 1947, « les Députés votèrent la Loi rétablissant la Haute – Volta dans ses limites de 1932 ».

Héros de l’ancien Oubangui – Chari devenu République Centrafricaine le 1e décembre, B.Boganda mourut dans un accident d’avion le 29 mars 1959. Panafricaniste, il proposa le 17 octobre 1958 la création des Etats Unis d’Afrique Latine. Son projet se solda par un échec. 58 ans après sa mort, l’intégration est une exigence pour le développement du continent africain et elle revient sur toutes les lèvres.

Le Professeur d’Histoire Bernard Simiti, qui fut mon enseignant à l’Université de Bangui a publié un livre, De l’Oubangui-Chari à la République Centrafricaine indépendante, paru en 2013. Selon son auteur, «  cet ouvrage est une justice faite à Barthélemy Boganda, leader de la lutte pour l’indépendance et fondateur de la République centrafricaine qui, malgré ses engagements pour une Afrique unie politiquement et culturellement, n’a jamais été cité parmi les penseurs du panafricanisme tels que Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba, Cheik Anta Diop, Sékou Touré, Julius Nyerere, Gamal Abdel Nasser etc… »

Fleury Agou

Centrafrique – France : Le représentant de la Minusca rencontre Jean-Marc Ayrault

Mercredi 14 décembre 2016,le Ministre des Affaires Etrangères et du Développement International, Jean-Marc Ayrault a reçu en audience Parfait Onanga, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Centrafrique.onanga-et-ayrault

Les deux hommes ont échangé sur la  » situation en RCA ». Le Ministre a profité pour  » réitérer le soutien de la France à l’action menée par la Minusca pour la protection des populations civiles et la consolidation de la paix en RCA », rapporte le site du Ministère français des Affaires étrangères.

Premier partenaire de la République Centrafricaine, la France est engagée dans ce pays pour le retour à la paix. La Sangaris qui a soutenu les casques bleus engagés en RCA s’est retirée et ses hommes sont reversés dans la Misca.

Fleury Agou

Centrafrique: A propos du futur Premier Ministre

Faustin Archange Touadera

Faustin Archange Touadera

Comme je le dirai toujours, le prof. FAT, l’outsider des uns et le candidat surprise pour les autres n’est pas le suppléant de Mme Samba Panza.

A cet effet, il est impensable à mon avis personnel qu’il choisisse un candidat malheureux à la Présidentielle comme Premier Ministre.

Nous sommes là pour gouverner et démontrer au monde entier que le jeu est fini.
Monsieur le Président, les filles et fils du pays capables, expérimentés et sages sont nombreux: Ismaïla Nimaga, Jean Eudes Teya, Henri Marie Dondra, Michel Gbezzera Bria, Béatrice Epaye, etc.

Nous n’avons besoin ni d’un ange tombé du ciel ni d’un génie agitateur pour réussir.

La rupture commence par là.

La première erreur consistera à confier le gouvernement à l’un des 29 candidats malheureux. Par contre, celle et ceux qui le souhaitent, peuvent intégrer le gouvernement.

Souvenez-vous que feu J. Paul Ngoupandé, grand leader et feu Thimothée Malendoma, grand leader n’avaient pas facilité le travail aux Présidents en place alors que Faustin TOUADERA sorti de nulle part faisait la fierté de BOZ.

Le dernier en mémoire est le duo Djotodia-Tiangaye qui n’a rien produit de bon.

J’encourage le nouveau Chef de l’Etat à fouiller au lieu d’accepter des propositions qui nous maintiendraient dans le status quo.

Bienvenu Ali

Centrafrique : Première tournée de F.A Touadera  

TOUADERA GUINEEAussitôt déclaré vainqueur provisoire de la présidentielle, le futur N°1 a effectué un déplacement dans la sous-région.

 22 février, le nouveau Président de Centrafrique, F.A Touadera a été reçu en audience par le Chef de l’Etat de la Guinée Equatoriale, Son Excellence E. Obiang Nguema Mbasogo, Président en exercice de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), rapporte guineaecutorialpress.com. Le journal souligne que les deux hommes ont passé en revue les problèmes qui minent le Centrafrique. En compagnie de son Cabinet et de son Gouvernement, l’équato-guinéen a offert un diner d’honneur à son hôte centrafricain et sa délégation dans la salle des cérémonies du Palais du peuple.

         Après Malabo, le futur Chef d’Etat centrafricain était dans la matinée du 24 février 2016 dans la capitale tchadienne. Il a été l’hôte du Président Idriss Deby Itno, nous dit Pierre Pinto.

         L’Agence Nationale des Elections a déclaré provisoirement, Faustin Archange Touadera, Président de la République Centrafricaine. Une victoire reconnue par son concurrent A.G Dologuele. Après la validation des résultats dans les prochains jours par la Cour Constitutionnelle, le N°1 Centrafricain sera investi et aura la lourde charge de relever les défis de l’insécurité, de la pauvreté et de l’autorité de l’Etat. Tâches difficiles, mais pas impossibles.

F.V Agou

Centrafrique : Touadéra à la recherche d’une majorité

Faustin Archange Touadera

Faustin Archange Touadera

Les résultats du premier tour des élections législatives en Centrafrique sont enfin connus. La grande leçon de ce scrutin réside dans l’effritement des partis traditionnels en faveur de candidats sans étiquette.

Mais dans cette scène politique centrafricaine encore mouvante, certains tirent plus que d’autres leur épingle du jeu. Et pour le nouveau pouvoir, l’enjeu est de taille : l’obtention d’une majorité confortable pour Faustin-Archange Touadéra, le président fraîchement élu, afin de lui permettre de mener à bien sa politique.L’Autorité nationale des élections (ANE) a rendus publics, mardi 23 février, les résultats provisoires du premier tour des législatives centrafricaines. Sur les 140 circonscriptions, 46 ont vu leur député élu dès le premier tour. Mais d’ores et déjà un certain nombre de tendances fondamentales se dessinent qui pourraient façonner la vie politique centrafricaine dans les prochaines années.

Le MLPC en tête des partis traditionnels

A l’occasion de ce premier tour des législatives, le MLPC tire son épingle du jeu. De l’ensemble des partis traditionnels, il est celui qui compte le plus d’élus dès le premier tour, 5 au total. Au-delà du MLPC, dont l’apport a été non négligeable dans la nette victoire de Faustin-Archange Touadéra lors du second tour de l’élection présidentielle, la CRPS, le parti de Nicolas Tiangaye, l’ex-Premier ministre de la Transition, allié au MLPC, pourra elle aussi compter sur plusieurs députés à l’issue de ces législatives.

Dologuélé à la peine

Révélation de ce premier tour : Michel Amine et son parti fraichement créé, l’UNDP, qui parviennent à obtenir 4 députés. Viennent ensuite le KNK, l’ancien parti de François Bozizé, et l’URCA, le parti d’Anicet George Dologuélé, qui comptent chacun trois députés. Le finaliste malheureux de l’élection présidentielle se trouve toutefois dans une situation délicate dans sa circonscription de Bocaranga 1. Il est en effet contraint à un deuxième tour périlleux par un candidat MLPC. Seules quelques dizaines de voix séparent jusqu’à présent les deux hommes.

Du coté du RDC de Désiré Kolingba, arrivé troisième lors du premier tour de l’élection présidentielle, c’est aussi la douche froide. Le choix opéré en faveur de Dologuélé lors du second tour de la présidentielle n’a été que partiellement suivi par la base et la contestation gronde chez certains cadres du parti.

Selon certains observateurs de la vie politique banguissoise, on pourrait assister prochainement à une scission de ce parti. Idem du côté du KNK. Bertin Béa, son secrétaire général, a certes été élu dès le premier tour. Mais l’essentiel de la base du parti a porté son choix sur Touadéra lors de la présidentielle.

Montée en puissance des candidats indépendants

La grande leçon du scrutin demeure finalement le recul relatif des partis traditionnels au bénéfice de candidats indépendants. En effet, la plupart de ceux qui ont été élus dès le premier tour sont sans étiquette. « On assiste à une redistribution des cartes dans le jeu politique centrafricain avec une injection de sang neuf », note Antonin, un étudiant qui réside au quartier Combattant à Bangui.

Pour constituer sa majorité, le nouveau président centrafricain aura donc besoin non seulement de ses soutiens les plus solides au sein des partis traditionnels, à l’instar de Martin Ziguélé et de Jean-Serge Bokassa (arrivés respectivement 4ème et 5ème de l’élection présidentielle), mais également de l’appui d’une majorité de candidats indépendants. Réponse le 27 mars, date évoquée pour la tenue du second tour des législatives en République centrafricaine.

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Changement climatique – Vue d’ensemble

changement climatiqueLe changement climatique fait actuellement peser une grave menace sur le développement. Si nous ne réagissons pas, nous ne réussirons pas à mettre fin à la pauvreté. Plus tôt nous agirons, plus de chances nous aurons de freiner le changement climatique, et ce à un coût supportable.

Le Groupe de la Banque mondiale est conscient que, faute d’une action résolue aujourd’hui, le réchauffement de la planète pourrait empêcher des millions de personnes d’accéder à la prospérité et anéantir des décennies de progrès du développement.

2015 est une année cruciale, celle où doivent être jetées les bases d’un nouvel accord mondial dont l’adoption est attendue en décembre prochain à Paris, lors de la conférence internationale sur le climat. Le futur accord de Paris doit être aussi ambitieux en matière de transformation économique qu’en ce qui concerne les objectifs de réduction des émissions, sachant que les actions en faveur du climat n’exigent pas au fond de réels sacrifices économiques. Comme l’illustre notre rapport intitulé Pour un développement intelligent face au climat : Additionner les effets positifs, des choix politiques judicieux peuvent en effet déboucher sur des bénéfices économiques, sanitaires et climatiques.

Des actions sont déjà engagées, car les entreprises comme les pouvoirs publics sont de plus en plus conscients des risques. Ainsi, lors du sommet de l’ONU sur le climat en septembre dernier, plus de 73 pays et un millier d’entreprises et d’investisseurs ont annoncé leur soutien à un système de tarification du carbone. Il s’agit là d’une partie de la solution qui permettra de susciter des investissements dans une économie plus propre, mais aussi d’un point de départ vers d’autres actions en faveur du climat.

Des perspectives extraordinaires s’ouvrent cette année. Au-delà du travail qui s’effectue dans l’ombre, tous les regards sont tournés vers les grands pays développés qui préparent leurs contributions nationales à la lutte contre le changement climatique en vue de la conférence de Paris. Il sera particulièrement intéressant de voir quels instruments politiques choisiront les pays pour avancer sur la voie d’une croissance à faible intensité de carbone.

Aujourd’hui, les scientifiques sont formels : l’être humain est à l’origine du réchauffement de la planète et des transformations sont déjà observées. Sur la période 2000-2015, 14 années ont été classées parmi les 15 années les plus chaudes depuis que l’on a commencé à relever les températures, il y a un peu plus de 130 ans.

L’intensité des événements climatiques extrêmes a en outre augmenté. Aucun pays, qu’il soit riche ou pauvre, n’est à l’abri des conséquences de catastrophes liées au climat.

Élaborée à la demande de la Banque mondiale par l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique, la série de rapports Baissons la chaleur sonne l’alarme en exposant les données scientifiques les plus récentes sur le climat : si nous ne faisons rien, la température du globe s’élèvera de 4 °C d’ici la fin du siècle. Ces publications dressent un tableau des probables effets délétères de ce phénomène sur l’agriculture, les ressources en eau, les écosystèmes et la santé humaine. Aucune région ne sera épargnée, mais celles qui sont le moins en mesure de s’adapter, c’est-à-dire les régions pauvres et les plus vulnérables, seront plus gravement touchées. Si la planète se réchauffe de 2 °C seulement, ce qui pourrait se produire d’ici 20 à 30 ans, nous connaîtrons sans doute des famines à grande échelle, des vagues de chaleur sans précédent et des tempêtes plus violentes. Or, certaines études avancent que nous sommes déjà engagés sur la voie d’uneaugmentation de 1,5 °C.

Le Groupe de la Banque mondiale considère que l’on peut et que l’on doit éviter que la planète se réchauffe de 4° C. Il faut agir dès maintenant pour ralentir la progression des émissions de gaz à effet de serre au cours de la présente décennie et pour aider les pays à se préparer à une hausse de 2 °C et à s’adapter aux changements qui s’annoncent déjà. Pour cela, il sera indispensable de mettre en œuvre des transformations économiques et de viser un taux net de zéro émission d’ici la fin du siècle.

Le Groupe de la Banque mondiale renforce ses travaux sur l’atténuation, l’adaptation et la gestion du risque de catastrophe, et envisage de plus en plus ses activités sous le prisme du changement climatique.

http://www.banquemondiale.org