Centrafrique: Il est grand temps d’agir et non de subir

La guerre d’agression qui se déroule actuellement et dont la République centrafricaine est à son corps défendant la grande victime est une guerre pour la survie de tout un peuple. Une guerre pour la préservation de l’intégrité de notre territoire. Une guerre pour la reconquête de notre dignité.

Si les enjeux sont ainsi clairement identifiés, il est difficilement concevable de laisser aux autres mener cette guerre à notre place. Dans l’histoire de toute l’humanité, aucun peuple n’a jamais été libéré par un autre peuple encore moins par les armées onusiennes. Le peuple centrafricain a le droit à la défense légitime. Personne ne doit nous attacher les bras dans le dos pour nous empêcher de défendre ce que nous avons de plus cher au monde : la République centrafricaine et nous accuser ensuite de ne rien faire pour sortir de l’ornière. C’est un marché de dupes. Que personne ne nous sous-estime car il est possible de mobiliser des centaines de milliers des défenseurs de la République en quelques jours. Si nous voulons.

Certes, dans cette guerre le rapport de forces est aujourd’hui provisoirement en notre défaveur. Mais une chose est sûre, c’est que cette guerre sera gagnée tôt ou tard par le peuple centrafricain pour peu que nous fassions nôtre le principe mille fois vérifié et selon lequel la fin doit justifier les moyens. En plus d’avoir le droit de notre côté.

Ces derniers temps et en prélude à la conférence de Rome, il y a comme un regain de violence, une poussée de fièvre guerrière avec la même tonitruance, la même outrecuidance, le même objectif, la même stratégie et la même tactique faite de sauvagerie ajoutée à la barbarie : semer la terreur, frapper l’imagination avec des horreurs les plus viles, convoquer l’émotion la plus grossière en assassinant en grand nombre les plus fragiles et les plus vulnérables en même temps que les plus forts que sont les casques bleus, incendier des villages entiers en poussant des milliers de nos compatriotes en exil ou dans les camps des réfugiés. C’est la stratégie du chaos. On retrouve le même modus operandi à l’Ouest comme à l’Est, au Nord comme au Centre du pays comme on le retrouve ailleurs en Irak, en Syrie, au Nigéria, au Sud-Soudan, etc. Mais là-bas ils sont proprement combattus et ici ils sont embrassés sur les lèvres. C’est à ne rien comprendre.

Et la Minusca dans tout cela ?

Par ses sempiternels louvoiements et ses faiblesses congénitales, se serait-elle mise elle-même en position de hors-jeu ?

Tout le monde sait désormais que la guerre en République centrafricaine n’est pas une guerre de religions comme voudrait le faire accréditer la propagande justificatrice des semeurs de trouble. Alors pourquoi continuent-ils de nous agresser à ce point ? Outre les intérêts géostratégiques dont les parrains tirent les ficelles dans l’ombre, ils continuent de se battre pour l’amnistie, pour la remise en cause des institutions de la République et pour rentrer au Gouvernement. Pour certains : Etre Premier Ministre ou rien du tout. La prime au crime et à la délinquance en quelque sorte. Et si au passage, les seigneurs de guerre peuvent piller au maximum les ressources minières en mettant à genoux le pouvoir central, c’est déjà ça de gagné : le bonus tant convoité. Le singe n’est jamais sûr que du fruit gardé dans sa mandibule.

Une seule conclusion s’impose : Nous n’avons pas le droit d’oublier les victimes. Au grand jamais !

Que Dieu bénisse la République centrafricaine !

Alain Lamessi  

Centrafrique: António Guterres avez-vous une conscience?

Jaccuse-2

Lettre ouverte à
Monsieur António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies
Monsieur Parfait Onanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la MINUSCA à Bangui
Monsieur François Hollande, Président sortant de la République Française
Monsieur Emmanuel Macron, Président entrant de la République Française
Monsieur Faustin-Archange Touadera, Président de la République Centrafricaine
Messieurs les Chefs des Etats de l’Union Européenne et de la communauté internationale

Objet: République Centrafricaine

Messieurs,

Cette lettre n’a pas pour objet de vous rappeler les évènements qui se déroulent depuis quatre ans en République Centrafricaine ou les multiples résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU que vous connaissez tous, mais de vous interpeller individuellement et personnellement sur les actes que vous posez dans ce pays ou à son égard.

Depuis 2013, la République Centrafricaine ne traverse pas de crise : elle s’y embourbe. Plus précisément, elle y est embourbée, car la crise elle-même n’y est pour rien.

Il se trouve que parmi tous les acteurs de cette crise, vous êtes des personnages clés. Vous l’êtes, car, compte tenu de l’absence de quelque autorité ou de capacités humaines et militaires susceptibles de mettre un terme aux crimes perpétrés sur la population centrafricaine, vous avez jugé nécessaire d’intervenir dans le pays à cette fin. A travers ce jugement et ce choix délibérés, vous avez proclamé être à même de le faire.

Mis à part les groupes armés eux-mêmes, communément considérés comme les éléments déclencheurs des troubles, compte tenu des postes que vous occupez et des rôles que vous vous êtes octroyés dans la résolution de la crise, les premiers responsables, c’est VOUS ! C’est VOUS, oui, qui écrivez l’Histoire de la République Centrafricaine, et nous en sommes conscients. Si l’Histoire se lit à travers les actes posés et les écrits qui les relatent, – l’intervention de la communauté internationale, les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU et les milliards d’aide en témoignent – elle retiendra que vôtre rôle en République Centrafricaine est bienveillant, louable et noble. Qu’il me soit permis d’écrire au moins cette page afin de retenir que les actes que vous posez et la stratégie globale que vous mettez en œuvre en Centrafrique ne le sont pas.

Dans lequel de vos pays respectifs allez-vous négocier avec des criminels notoires qui menacent la sécurité des citoyens, chasser ou escorter un chef de bande armée d’une ville de province à une autre, laisser pendant quatre ans, au quotidien jusqu’à ce jour, des criminels armés terroriser, violer, décapiter, découper, brûler et tuer des milliers de citoyens sans défense en prétendant résoudre le problème ? Dans quel pays, en dehors de l’Afrique, allez-vous gérer une menace de la vie des citoyens de cette manière ? Aucun! Pas plus tard qu’il y a trois semaines, un assaillant armé qui attentait à la vie d’un policier sur les Champs Élysées à Paris a été abattu sur place par les forces de l’ordre.
En Centrafrique, où vous vous autorisez à intervenir, où vous vous êtes installés avec un arsenal de guerre et des contingents militaires, vous vous permettez de préconiser et de dérouler une stratégie, aussi sordide que macabre, d’accords de paix successifs et de négociations avec les criminels que vous n’accepteriez pas plus de voir appliquée dans l’un de vos pays qu’un processus DDRR, et dont vous savez pertinemment que la finalité n’est pas la paix et le salut du peuple centrafricain et qu’elle est mortifère.

S’il est une des résolutions du Conseil de Sécurité à évoquer, c’est la résolution 2281 de juillet 2016 par laquelle, en considération de la situation sécuritaire préoccupante, agissant en vertu du Chapitre VII  de la Charte des Nations Unies, le Conseil a prorogé le mandat de la MINUSCA jusqu’au 15 novembre 2017, décidé que ce mandat comporterait comme tâches prioritaires urgentes  la protection des civils et la promotion et la protection des droits de l’Homme, et l’a autorisé à utiliser tous les moyens nécessaires pour s’en acquitter. Il va sans dire qu’à l’heure où j’écris ces lignes, en considération de l’insécurité entre temps élargie à l’ensemble d’un territoire de 623 000 km2, le nombre de 10 750 militaires apparait dérisoire pour assurer la sécurité et la protection des populations civiles. Cependant, pour autant que vous en ayez véritablement la volonté, au lieu de négocier avec les criminels et de les chasser d’une localité à une autre, vous avez à la fois l’autorisation d’user de la force et les moyens de les arrêter et de neutraliser les groupes armés qui sévissent sur la population en République Centrafricaine. Dans les faits, compte tenu de la stratégie de complaisance que vous menez avec les chefs des groupes armés, la mission se résume, à grande échelle, à la non assistance à personnes en danger organisée dont vous portez la responsabilité.

En matière de Justice, alors que personne n’a jugé les nations occidentales pour l’esclavage des populations noires de cette planète durant trois siècles, que personne n’a jugé les nations européennes – dont la France – pour l’appropriation illégale de territoires et ressources à travers la colonisation de l’Afrique et d’ailleurs, et pour les innombrables violations des Droits de l’Homme commises au cours de cette période de l’Histoire, que personne n’a jugé les États-Unis pour le même crime en terres américaines, le génocide des Amérindiens, vous vous appropriez le droit de décider qui de ce monde doit être jugé et quand ! Ce droit ne vous appartient ni plus ni moins qu’à d’autres…

Vous aurez beau, tous, condamner les crimes sur le papier ou sur les ondes médiatiques et, au fil d’une myriade de résolutions ou déclarations, vous renvoyer mutuellement la balle de la responsabilité pour la sécurité, la protection de la population civile, et la justice en République Centrafricaine, dans les faits et à travers les choix qui sont les vôtres et les actes que vous posez, vous ne condamnez ni ne jugez rien ni personne, mais vous contribuez, en coopérant avec les criminels au lieu de les arrêter, à l’instabilité permanente du pays qui donne une légitimité à votre présence sur le territoire. Ceci se solde par une situation sécuritaire toujours plus confuse, par une reproduction des évènements et des crimes d’une ville ou d’une province à l’autre, par des centaines et milliers de citoyens en détresse qui n’ont de choix que fuir dans la brousse, en centaines et milliers de mutilés, en milliers de morts et en millions de traumatisés par les atrocités dont ils sont témoins.

Récemment commémoré en France, le 8 mai 1945 marque la fin de la seconde guerre mondiale par la capitulation de l’Allemagne. Le 20 novembre 1945, soit à peine sept mois plus tard, débute le procès de Nuremberg où comparaissent pour complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’Humanité les principaux responsables nazis. Il s’achève à peine un an plus tard, le 1er octobre 1946 par la condamnation des responsables des crimes du Troisième Reich. Que serait l’Europe aujourd’hui si ce procès n’avait eu lieu ?

A cette époque, les hauts responsables des crimes n’ont pas été  pas été exfiltrés ou éloignés de la scène politique et du territoire comme l’ont été ceux de Centrafrique; ils ont été arrêtés et jugés, puis condamnés, pour certains à mort. Vous, au quotidien, c’est la population civile centrafricaine que vous condamnez à mort, sans procès… Au lendemain de la guerre, la technologie n’offrait pas les moyens dont vous disposez tous aujourd’hui, et s’il n’a pas même fallu sept (7) mois à la « communauté internationale » pour poser, à travers ce procès, un acte fort qui marqua l’Histoire et les consciences, c’est uniquement par choix et volonté politique des décideurs du moment.

Comment expliquez-vous que la Cour Pénale Internationale, qui avait pour objet de juger des crimes majeurs commis sur la planète, se soit muée en une institution qui n’entretient qu’elle-même et qu’elle mette une ou deux décennies à se prononcer sur l’un ou l’autre des cas qu’elle choisit de traiter ? Comment justifiez-vous que des hauts responsables des évènements en Centrafrique soient, certes, sanctionnés sur le papier, mais envoyés en retraite dans d’autres pays d’Afrique où ils jouissent d’une parfaite impunité et immunité, comme de toute liberté d’aller et venir dans le monde, pendant que des milliers de Centrafricains innocents continuent d’être contraints à fuir dans la brousse et ne savent plus où trouver refuge ? Comment expliquez-vous qu’il faille plusieurs années pour mettre en place une Cour Pénale Spéciale en Centrafrique, sans pour autant qu’elle soit déjà opérationnelle à ce jour ? Comment ont fait les autres en 1945 ?!

A travers vos choix et les actes que vous posez, ce n’est pas de l’incompétence que vous proclamez ! Vous signez une volonté politique délibérée de ne pas apporter les réponses appropriées à la situation en République Centrafricaine !

S’il n’est pas encore de Cour pour vous juger, sachez que l’Humanité entière s’en chargera. Elle sait, d’une part, que vous avez les pouvoirs de mettre instamment un terme à tous les conflits de ce monde qui coûtent la détresse et la vie de millions d’entre nous et que vous ne le faites pas car vous choisissez de servir des intérêts économiques et financiers dans une démarche matérialiste, capitaliste et impérialiste au détriment de l’Humanité. En l’occurrence vous auriez tous les moyens imaginables pour apporter des solutions tangibles à la situation en République Centrafricaine et vous ne le faites pas. Il est, d’autre part, peu probable qu’avoir rétabli l’ordre constitutionnel en Centrafrique soit considéré comme un exploit et parle en votre faveur, car si cet ordre-là répond, certes, à des exigences politiciennes et permet d’entretenir l’illusion d’un État indépendant et de nourrir quelques bouches, il ne répond absolument pas aux besoins du plus grand nombre en Centrafrique. Il en est de même pour le semblant de relance économique produit essentiellement par l’économie de guerre.

En tant que franco-centrafricaine, humaniste, éprise de paix et animée d’un esprit de liberté, d’égalité et de fraternité, je refuse de voir mes compatriotes centrafricain(e)s et mes frères et sœurs dans l’Humanité subir des traitements inhumains et être réduits à un nombre de morts statistiques dans les registres d’une organisation initialement créée pour assurer la paix dans le monde qui, entre temps, s’est muée en un gigantesque appareil de gestion du monde et de ses ressources – dont les êtres qui le peuple – au gré des conflits déclenchés ça et là sur la planète. Je refuse de voir ma patrie d’adoption mise à mal et la population centrafricaine massacrée et tuée depuis des décennies, et particulièrement au cours des quatre dernières années, par des périodes d’instabilité chronique orchestrée et entretenue par ma patrie de naissance et ses alliés occidentaux depuis une indépendance que l’une a bien voulu donner à l’autre sur le papier, sans la lui accorder pour autant véritablement dans les faits. Vous, Messieurs, qui parlez si bien au monde entier des droits de l’Homme, savez qu’au fond, en servant des intérêts économiques de cette manière, vous desservez l’Humanité.

Dans l’Histoire, à première vue, ça n’est pas ce qu’on fait qui compte mais la façon dont on le raconte et vous êtes probablement convaincus de bien vous en sortir. Si les pages principales et théoriques de l’Histoire vous accordent gloire et éloge ainsi qu’elle attribue la bienveillance aux États et institutions que vous représentez, que celle-ci retienne et rappelle à la postérité qu’il n’en est rien, et qu’elle contribue à éclairer les regards de nos enfants quand l’Histoire vous le rendra, ce qu’elle fera, tôt ou tard, inéluctablement.

Sans parler des six dernières décennies, comment pouvez-vous, Messieurs, concilier les milliers de morts centrafricains que génère votre stratégie depuis maintenant quatre ans avec votre conscience ?  Comment parvenez-vous à vous regarder dans le miroir et justifier ces milliers de morts au nom d’intérêts économiques et des ressources naturelles sur lesquels spéculent vos pays respectifs et dont ils s’assurent le contrôle à travers l’occupation du pays ? Vous, Monsieur Touadera, comment pouvez-vous, tout comme ceux qui servent le gouvernement, vous faire complice de cette démarche qui coûte la vie de milliers de vos concitoyens et collaborer à une telle stratégie ?
Avez vous une conscience, Messieurs ?

Cette lettre vous est adressée par une citoyenne du monde qui considère l’être humain comme la ressource la plus précieuse sur cette planète, qui vous invite à vous remettre personnellement et individuellement en question, à vous interroger profondément sur les choix et les actes qui sont les vôtres en République Centrafricaine et qui refuse de vous laisser jouer avec la vie de ses concitoyens comme s’il s’agissait de la ressource la plus négligeable qui soit.

Comprenez que si ce courrier n’est pas terminé par la formule prévue traditionnellement par le protocole pour des personnalités de votre rang, il ne s’agit pas d’ignorance.

Salutations cordiales,

Danielle Droillard

Franc CFA : Pas de sortie sous l’empire de la colère ou « Ab Irato »

Yves Schamird Baliakado

Cet après-midi du 08 avrl 2017, en France et dans les pays qui ont le Franc CFA comme monnaie, le front anti – CFA contre la Françafrique organisera une manifestation. Le mouvement contre cette « monnaie coloniale » prend de l’ampleur. L’Afrique centrale, notamment la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) a décidé d’imprimer prochainement elle-même cette monnaie. La problématique du maintien du Franc CFA anime les débats. dans ce débat, le Juriste centrafricain, Yves Schamird Baliakado donne son opinion. Pour lui, que la colère ne l’emporte pas sur la raison. Il nous propose des pistes.

LE CONTEXTE

Déjà rappelés dans le post précédent, les MOTS d’Alpha Condé lors de la 2e conférence sur l’émergence de l’Afrique visent directement la politique de la France en Afrique notamment la fameuse « France-Afrique ». Sans faire de « l’anti France » caractériel, ce qui serait contreproductif dans une approche gouvernementale (institutionnelle) c’est  à – dire de relation bilatérale, évitons les propos réactionnaires. Pour un centrafricain ou un Guinéen, la question immanente de l’émergence de l’Afrique est connexe à celle du F CFA, principal outil monétaire (économique) de l’heure. Mais un rappel des fondamentaux en politique monétaire s’impose.

LE RAPPEL DES FONDAMENTAUX

Pendant longtemps, le système monétaire planétaire devait avoir une contrepartie la convertibilité en « or ». Après la 2e GM l’apparition des « Bons du Trésor » a fait sauter ce verrou « doré » offrant aux autorités monétaires : Etats, Banques centrales, Trésors publics une souplesse pour modifier à discrétion la quantité de leur monnaie en circulation. Dans le cas du F CFA, on parlera d’un « marché unifié » lequel vient soutenir l’argument d’appartenir aux grandes zones monétaires : le dollar ($), l’euro (€)… Mais comme le F CFA est soumis à la banque de France, les autorités monétaires : BEAC et BCEAO supposément souveraines ne profitent pas de cette marge de manœuvre afin de maximiser la croissance économique de leurs pays et lutter contre le chômage. Inéluctablement d’où vient ce blocage et comment se projeter.

LA PROBLÉMATIQUE

1er élément : parmi les 4 principes institutionnels du F CFA, on trouve la centralisation des réserves de change à Paris avec un taux initial de 80 (France) 20 (Afrique) même au fil des années si des évolutions ont été opérées par souci de rééquilibrage. Disons-le ouvertement, cette centralisation par le Trésor public français est une aberration : « à César ce qui lui appartient et à Dieu ce qui lui revient de droit ». Dès lors qu’un nombre important des peuples africains réclame la fin du FCFA, « couper le cordon ombilical avec la France », les chefs d’Etat de la zone peuvent « gaillardement » demander d’inverser ce taux de centralisation. Cela permettrait donc le rapatriement de l’essentiel sinon de la totalité des réserves sur le sol africain. Ainsi, compte tenu des tensions persistantes sur le marché des capitaux (taux d’intérêt très élevé 15%), la BEAC et la BCEAO pourront proposer aux banques commerciales (ECOBANK) un prix d’argent moins cher pour soutenir l’économique.

2e élément : étant donné que le F CFA correspond à un marché unifié (parité fixe), dans la perspective d’un GRAND marché intérieur, une « OMC zone F CFA » » est nécessaire. En effet pour une Afrique francophone émergente, elle doit disposer de sa propre organisation commerciale qui engloutira à terme, les structures existantes : la CEMAC et la CEDEAO et avoir une base concurrentielle compétitive au même niveau que les « Common Law » plus dynamiques en commerce international. On le rappelle, le « marché intérieur » signifie espace constitué des Etats membres favorables à la libre-circulation des personnes, des marchandises, des biens/services et des capitaux. La nouvelle « OMC zone F CFA » aura un réel intérêt car la plupart de ses pays sont des producteurs de matières 1ères. L’objectif : plus de décloisonnement des zones d’échange pour plus d’arbitrages commerciaux et plus de désintermédiation (plus de souplesse administrative).

Au total, sortir du F CFA « pourquoi pas », mais l’impératif commercial et économique commande aux africains de définir par eux-mêmes une nouvelle vision monétaire volontariste. Si le processus semble irréversible, la sortie doit cependant éviter toute décision « ab irato » c’est – à – dire sous l’empire de la colère.

Yves Schamird Baliakado

Hominidé inversé! Ecrit Théophile Eka II

L’intelligence serait une denrée qu’elle ne pourrait-être que rare!

Théophile Eka II

Théophile Eka II

Lorsqu’on jette l’opprobre sur des compatriotes qui ont beaucoup de courage à à affronter les affres de l’exil, on n’a souvent pas la nécessaire jugeote de se poser des questions sur les causes!
Beaucoup préfèrent même se poser en griots d’ogres qui sont à l’origine de ces fuites de bras et/ou de cerveaux!
Quand les caisses de l’État sont pillées par un seul ou un groupe d’individus!
Quand la main du monarque n’est plus assez puissante pour protéger ses sujets!
Lorsque la justice est partisane…
Lorsque les ogres, malgré tout, narguent les affamés et les affligés, les jambes valident trouvent refuge dans des contrées hostiles!
L’histoire de l’humanité s’est faite d’exodes!
Jésus a fui Hérode pour l’Égypte, le prophète Mahomet a connu l’hégire!
Abraham et Lot sont partis de Sodome!
Dire que les centrafricains de la diaspora ou ceux de France sont des exilés économiques est sûrement une phrase qui a dépassé la pensée,bêtise excusable (à moitié)!
Toujours est-il qu’en quelque terre que le déplacé s’établit, se noue des relations!
Que dire de ce frère enseignant de son état et dont la femme est conseillère municipale?
Doit-il demander à sa femme de démissionner et aux enfants de rentrer en Centrafrique?
Que lui proposera-t-on, quand il sera en Centrafrique?
Un poste?
Et si tout le monde rentrait, combien de poste nous seront proposés?
Ne diront-ils pas qu’une horde saute sur Bangui en les privant de subsides ?
Quand deux ou trois centrafricains de France sont nommés à des postes politiques, les critiques fusent!
Quand ils préfèrent rester, céans, ils sont qualifiés d’exilés économiques!
La dignité d’un éboueur est à la hauteur de son honnêteté!
Point celle d’un auteur de détournement de deniers publics, d’un assassin ou d’un lécheur de bottes du prince!
L’ogre se moquera toujours du sommeil de Raponce!
Il refuse de croire qu’il en est l’auteur!

ET SI L’ARMÉE TCHADIENNE ÉTAIT TOUT OU PARTIE DE LA SOLUTION À LA CRISE EN CENTRAFRIQUE ?

Guy José Kossa

Guy José Kossa

Par Guy José Kossa 

Le Tchad aurait-il allumé et attiser les feux de la crise centrafricaine ? Admettons. Et si tel est le cas, qui mieux que le pyromane peut faire aussi le pompier, puisqu’il sait où se trouve le brasier ardent, les instruments ainsi que la quantité et la qualité de l’eau qu’il faut pour l’éteindre à la racine ?

Qu’on laisse donc Deby venir avec son armée et le résultat est garanti. Car après tout, si sa mise à l’écart dans la recherche des solutions au problème centrafricain lui a donné le temps de réfléchir, cette suspension n’a pas pour autant permis de résoudre la crise qui reste en l’état et perdure.

En effet, il faut croire que c’est avant tout, en homme avisé et décidé de se refaire une « saine » réputation, que le Président tchadien, qui ambitionne d’être incontournable, aussi bien pour la France, que pour la sous-région et au-delà, accepte de revenir en RCA. Pour ma part, je reste convaincu que l’armée de Deby, qui n’a sans doute pas manqué d’être suffisamment briefée sur le dossier centrafricain, n’osera plus commettre les mêmes erreurs qu’avant, si tant est qu’elle en avait commises. Ce qui ne veut pas dire qu’elle devra se laisser tirer dessus par des lâches, sans pouvoir se défendre. Sinon, ce ne serait plus une armée mais un troupeau d’agneaux.

En définitive, là où l’on craint souvent le pire, le meilleur peut surgir ! Arrêtons de penser et de chercher des solutions aux incompréhensions entre le Tchad et la Centrafrique, comme s’il s’agissait de deux individus ou groupes d’individus. Les problèmes entre états se gèrent et se règlent à un degré et à un niveau tout à fait différent.

Enfin, s’il se pourrait que j’ai tort dans mon analyse, cela n’implique pas pour autant que ceux qui pensent tout le contraire, aient – ou auront – forcément raison. J’admets et reste donc disponible à toute contribution.
Que Dieu bénisse le Tchad et la Centrafrique

GJK LEVILLAGEOIS

Centrafrique: De la nécessité du redécoupage des circonscriptions électorales

ANE 5Par Dalain Remy

Le parlement est l’une des institutions clés dont la mise en place dans tout pays démocratique doit être entouré d’un minimum de sérieux et de transparence afin d’éviter de tomber dans les mêmes erreurs du passé tout en tenant compte du contexte démographique, sociologique, politique, environnemental et économique du pays.

Après une analyse minutieuse du récent découpage électoral proposé par le Ministère de l’Administration du Territoire et l’Autorité Nationale des Elections (ANE) et promulgué par le Gouvernement de Transition sans l’avis des Experts Nationaux, nous pensons très humblement que des mesures correctives nécessaires basées sur des éléments pertinents et transparents et équitables devraient y être apportés.

D’ores et déjà, nous tenons à préciser que ce découpage a été fait non sur des estimations récentes des effectifs de population mais à base (d’après leurs auteurs) des données du Recensement Général de la Population et de l’Habitation de 2003 (RGPH03).

Cependant, même si, compte tenu des perturbations que le pays a connues et qui ont eu des conséquences sur la répartition spatiale de la population, le Gouvernement et l’ANE ont décidé de se baser sur des données du RGPH03, là aussi, beaucoup de chiffres ne concordent pas ave les données officielles publiées en ce qui concerne certaines circonscriptions.

S’agirait-il à ce niveau des erreurs dans la compilation des données qui pourraient-être corrigées ou des manipulations tendant à favoriser ou à défavoriser certaines zones géographiques ?

En attendant de trouver des éléments de réponses à ces préoccupations, nous sommes sûrs d’une chose : Chaque Sous-Préfecture et chaque Arrondissement de Bangui a au moins un député, quelle que soit sa taille.

Aussi, pour pouvoir corriger rapidement ce découpage, une base unique et applicable à toutes les Sous-Préfectures des provinces et tous les Arrondissements de Bangui et sur des données officielles du RGPH03 devrait-elle mettre tout le monde d’accord voire réaliser des économies (temps et argent) à l’ANE qui, visiblement a non seulement une contrainte de temps mais également matérielle et financière.

En esquissant ces corrections avec les données du RGPH03, sur une base scientifique et en respectant des critères rigoureux, transparents et équitables pour toutes les provinces du pays, on peut calculer des coefficients ou scores (diviser la population de chaque Sous-Préfecture par un même dénominateur) puis comparer chacun d’eux à des seuils types ; ce qui donne par générations automatiques, quatorze (14) circonscriptions pour la ville de Bangui pour 315125 électeurs potentiels.

La distribution des nouvelles circonscriptions électorales de la Capitale Bangui (622771 habitants pour 181 quartiers en 2003) se présenterait de la manière suivante :
– Premier arrondissement (4 quartiers), score, 0,22<1 équivalant à 1 circonscription électorale (5902 électeurs potentiels) ;
– Deuxième arrondissement (25 quartiers), score, 0,84<1 équivalant à 1 circonscription électorale (33095 électeurs potentiels) ;
– Troisième arrondissement (31 quartiers), score, 1,26>1 équivalant à 2 circonscriptions électorales (49661 électeurs potentiels) ;
– Quatrième arrondissement (18 quartiers), score, 1,28>1 équivalant à 2 circonscriptions électorales (50478 électeurs potentiels) ;
– Cinquième arrondissement (27 quartiers), score, 1,73>1,5 équivalant à 3 circonscriptions électorales (68313 électeurs potentiels) ;
– Sixième arrondissement (22 quartiers), score, 1,10>1 équivalant à 2 circonscriptions électorales (43299 électeurs potentiels) ;
– Septième arrondissement (39 quartiers), score, 0,61<1 équivalant à 1 circonscription électorale (23845 électeurs potentiels) et
– Huitième arrondissement (15 quartiers), score, 1,03>1, équivalant à 2 circonscriptions électorales (40532 électeurs potentiels).

Les détails du travail ne sont pas présentés dans cette publication (droit d’auteur).

Un tel travail étendu à toutes les Sous-Préfectures des Préfectures du pays à la demande de l’ANE, contribuera à plus de transparence et fera économiser une centaine de millions de FCFA au Gouvernement, non seulement à l’ANE et partant, au nouveau Parlement et aux Partenaires Techniques et Financiers (PTF).

Enfin, une bonne représentativité au Parlement nous évitera d’avoir des Députés « spectateurs » !

Centrafrique : J’ai changé d’avis … La transition doit finir dixit Vianey Koyabe

VIANNEY KOYABE

Vianey Koyabe

J’ai changé d’avis et voudrais partager cela… La transition doit finir, de gré ou de force, et cela au plus tard décembre 2015. Les élections aussi doivent avoir lieu, comme cela s’est passé au Mali. Un Président mal élu, mais élu quand même, et plus légitime que celle que nous subissons en ce moment, avec son gouvernement moribond.

Habiter Boy-Rabe m’a fait réaliser que l’Armée pour l’instant ne fait pas partie de la solution ; et que par conséquent, la refondation en cours de cette armée, doit se poursuivre sans précipitation et sans être mêlée à la situation actuelle, car c’est un long processus.

Le gouvernement actuel n’est pas légitime, et fait partie du problème, pour ne pas dire « est » le problème, car avec un PM classifié relevant directement de DJOTODJIA dans l’organigramme de la SELEKA et des extrémistes par les Nations Unies et la SANGARIS ; un Ministre de la sécurité intérieur ayant directement sous son commandement une milice M’bororo, un Ministre de la jeunesse et des sports lui-même chef « Rebelle » ayant aussi sous son commandement des troupes de pillards, ce gouvernement n’a aucune légitimité, ni crédibilité pour nous conduire aux élections… Pourtant nous devons y aller. Nous n’avons pas les moyens financiers, ni militaire de faire autrement… Pourtant nous devons prendre notre destin en main.

A Boy-Rabe j’ai réalisé que les AB ne faisaient pas partie de la solution ; plutôt à l’heure actuelle, l’essentiel du problème, tant pour la nation que pour leurs cohabitants… Pire encore les FACA, jamais présents pour défendre l’intégrité territoriale ou encore la sécurité de nos concitoyens, mais toujours prêts à brutaliser la population ou à perpétrer des braquages…

En ce moment à Boy-Rabe, après l’incident ayant conduit à la mort de MAZEMBELE, les familles dites N’gaka Mandjia et Mandjia vivent perpétuellement sous la menace d’une prochaine descente des AB dits Gbaya, pour « venger » la mort du « Roi » des voleurs et des braqueurs, abattu à la Gendarmerie Nationale suite à ses propres forfaitures.

Je suis de ceux qui pensent que la garantie de la Paix et de la sécurité se trouve dans le fait de mettre hors d’état de nuire les gens à l’origine de cette situation en appliquant enfin la justice, et de purger l’armée.

L’armée a toujours fait partie des problèmes de ce pays, et ne saura jamais être garant de la Paix et de la sécurité en son état actuel… Cette garantie que nous souhaitons tous de nos vœux, se trouve dans la remise sur pieds de nos institutions, et les renforcer ; enfin passer au désarmement car il y’a trop d’arme de guerre dans le pays.

Vianey Koyabe