Un sénégalais rappelle que le conflit centrafricain n’est pas religieux

M. Tidiane Diop.

M. Tidiane Diop.

Emu par le meurtre de son compatriote à Bangui, Tidiane Diop interpelle sur les causes du conflit au cœur de l’Afrique.

Quittant le pays de la Téranga pour Bangui afin de contribuer au retour de la paix dans cette partie de l’Afrique meurtrie par trois ans de conflit, le Brigadier-chef du contingent sénégalais de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) , Racine Diéné a été assassiné par une bande assimilée aux anti-Balaka, le 24 juin 2016. Cet assassinat a été condamné par l’opinion publique et opportunité pour M. Tidiane Diop de rappeler que le Centrafrique est victime de la rivalité des grandes puisses en quête de matières premières.

Selon les termes du juriste, Tidiane Diop écrits sur son mur Facebook,  » il faut recontextualiser cette histoire de Centrafrique. En effet, le Tchad abrite une base française  renforcée depuis la menace fondamentaliste. Comment un pays africain peut-il laisser une colonne de rebelles passer par son territoire pour aller déstabiliser un Etat souverain ? « ,s’interroge –t- il. Le sénégalais juge qu’ » on nous brandit une prétendue guerre civile aux relents confessionnels pour maintenir une présence étrangère. Le Sénégal comme force d’interposition y perd aujourd’hui des éléments innocents », déplore-t-il.

Face aux drames, Tidiane Diop  estime qu’il faut  » recontextualiser cette histoire de guerre civile qui coûte de centaines de morts dans un pays qui saute d’extrême en extrême. »  Pour lui, en dépit de la dictature et du régime sans partage de Bokassa « qui avait fait de ce pays la risée du monde. L’Afrique et ses républiques bananières est le théâtre de toutes les dérives ». Ajoutant qu’ » on n’a jamais connu dans ce pays des velléités de tension interethniques sur fond de rejet mutuel alimenté par des problèmes religieux. » Stupéfait, Tidiane Diop souligne que  » j’ai toujours compris que ce pays était un pays chrétien (laïc) et mentionne que  » l’intervention massive de la Chine a réveillé des rivalités géopolitiques aggravées par la boulimie de cette Chine convoitant partout des matières premières. Mais la dissuasion de ce pays des mandarins pour l’empêcher de faire main basse sur les ressources naturelles ne doit pas se faire dans le sang de ces faibles populations », conclut le sénégalais.

            Par son analyse, T.Diop interpelle les centrafricains au vivre-ensemble, car avant les différentes communautés vivaient en symbiose. Il faut aussi rappeler que des facteurs endogènes (pauvreté, gabegie, clientélisme,…) ont été l’élément déclencheur de cette crise politico-sociale muée en confessionnelle par la force des mass-médias à la botte des multinationales. Le coup a été bien joué et on continue de tirer les profits de la naïveté, de l’ignorance et surtout la forte précarité. Comme a constaté le journaliste belge, Michel Collon, en ouverture de la conférence du 27 février 2009, au centre islamique et culturel de Liège  » les guerres ne commencent pas par des bombes, elles commencent par des médias-mensonges, et toutes les guerres sont économiques. Les raisons humanitaires ne sont faites que pour emporter l’adhésion des populations des pays agresseurs. »

Fleury Agou

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