Centrafrique : Ngaoundaye en détresse

TOUROUNGOULa gâchette facile des rebelles de l’ex-Séléka constitue une carie dentaire pour les populations, surtout celle de l’arrière-pays. Ceux-ci ont attaqué Ngaoundaye : bilan lourd.

C’est sur des motos que les combattants de l’ancien mouvement rebelle ont pris d’assaut la ville de Ngaoundaye à l’extrême nord de la République Centrafricaine le 15 juin 2016, après avoir fait le siège de la ville pendant une semaine, rapporte le Réseau des Journalistes des Droits de l’Homme (RJDH).

Joint par RJDH, le Député de la localité, Bernard Dillah a noté que les ex-Séléka se sont rendus coupables de nombreux dommages dans la ville, faisant allusion aux maisons d’habitation et commerce pillées et incendiées par ces barbares d’un autre siècle. Jean Marius, ecclésiaste et chroniqueur à la Radio Siriri à Bouar, s’indigne et mentionne sur son mur Facebook que l’attaque s’est soldée par « quatre morts et huit blessés. Les blessés ont été évacués sur à bord  d’un véhicule de la Mission Catholique de Bocaranga pour des soins appropriés « . Pour lui, il s’agit d’un acte de représailles et dénonce le mutisme des autorités politiques de la localité qui n’ont pas bougé d’un pouce alors qu’elles étaient informées sur les agissements machiavéliques des ex-Séléka.

Pour beaucoup d’observateurs, de tels actes sont prévisibles et relancent le débat sur le redéploiement de l’Armée Nationale.

Indispensable réhabilitation des FACA :

Déployé dans la ville, le faible effectif des gendarmes à Ngaoundaye n’a pu arrêter cette horde de bandits vu leur effectif. Car, sous embargo depuis 2013, l’Armée Centrafricaine ne peut jouer son rôle, liberté de manœuvre est donc accordée aux groupes armés d’opérer en toute impunité, tous s’accordent pour dire qu’ils ont de beaux jours devant eux.

Paradoxe ! Comment peut-t-on parler de paix et de sécurité, lorsqu’un Etat est privé de son Armée Nationale ? N’est-il pas injuste de maintenir cet embargo alors que les groupes militaro-politiques continuent de se ravitailler en armement au détriment des Forces de Défense et de Sécurité privées de leurs outils de travail ? Ainsi, devant ces multiples interrogations, beaucoup de centrafricains estiment qu’il est temps que l’ONU révise ce blocus sur l’Armée Centrafricaine.

Aux dernières nouvelles, les déplacés se sont refugiés  à la base de la MINUSCA, une partie de la population s’est retrouvées sans abri au village Mbere, car les autorités de Mbaïmboum refusent d’accueillir ces sinistrés.

Fleury Agou

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