Centrafrique : Repenser la politique étrangère pour défendre l’intérêt national

Charles Armel Doubane et le SG de l'ONU Ban Ki-Moon Photo:Doubane

Le Ministre des Affaires Etrangère, C.A Doubane et le SG de l’ONU Ban Ki-Moon. Photo:Doubane

Crises militaro-politiques à répétition, la République Centrafricaine qui renaît des années de conflit est courtisée pour ses ressources minérales et énergétiques, mais saura-t-elle défendre ses intérêts au bénéfice de son peuple ?  

L’intérêt général a toujours été un souci indispensable pour les autorités d’un Etat soucieuses de son peuple. Ainsi pour des raisons endogènes et exogènes, le Centrafrique peine à connaitre un développement socio-économique pour le grand bonheur de sa population. Celles-ci ont aussi des répercussions sur la diplomatie centrafricaine qui n’a pas réussi à se tailler une place dans le concert des Nations afin que le pays tire les profits indispensables et ait une économie émergente. Car,  » le rôle de la diplomatie est d’assurer l’exécution du programme que le gouvernement s’est assigné dans ce domaine, son application méthodique et quotidienne, par le moyen de négociation ou tout au moins de conventions. »

            Par conséquent, le Centrafrique qui se relève des années de conflit, de rébellions, de mutineries – lourdes conséquences sur le faible tissu économique existant, forte dette extérieure, rupture des relations avec des bailleurs de fonds – jouit du statut de pays post-conflit et en voie de reconstruction. Jouissant de ce statut et conscient que le pays est courtisé, le pouvoir de Bangui devra s’atteler à initier une politique étrangère dynamique exécutée par des diplomates maîtrisant les arcanes de la profession. Telle est le souhait de M. O.Douaclé, Observateur avisé de la politique et de la géopolitique Africaine, spécialiste de la Centrafrique. Il relève que le prochain voyage à Bangui de F.Hollande en un mois d’intervalle après celui de son homologue centrafricain à l’Elysée est révélateur du « brusque intérêt « particulier » de la France pour le Centrafrique» et de s’interroger sur les « intérêts Centrafricains à mettre dans la balance pour que les deux pays soient gagnants ? » A cette préoccupation légitime et patriotique, il suggère que « le Président doit impérativement mettre en place une équipe de conseillers pour l’épauler au risque de brader les intérêts (peut être involontairement) du pays… Nulle intelligence, à elle seule, ne peut diriger un pays surtout que celui-ci est encore en crise profonde larvée par une accalmie de façade.»

Intérêt national et politique étrangère riment-t-ils ?

            D’après l’histoire des Relations Internationales, « De l’intérêt des princes et des États de la Chrétienté », cet essai du Duc H. de Rohan publié en 1638 à titre posthume est le premier livre dans lequel la politique étrangère a été analysée sous l’angle d’intérêt, rapporte Yanic Kenhoung, Chercheur à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun. Il rappelle que dans cette œuvre, le Duc H. de Rohan, opposé à la politique intérieure de Richelieu, mais favorable à la diplomatie de celui-ci, défend une politique étrangère qui priorise l’intérêt national. Depuis lors, cette idée a triomphé et régit dorénavant la politique étrangère; A titre d’exemple, citons l’aphorisme le plus célèbre du Britannique Lord Palmerston (Henry John Temple) : « L’Angleterre n’a ni amis, ni ennemis; elle n’a que des intérêts».

Dès cet instant, la notion d’intérêt national est très populaire en relations internationales, note Yanic Kenhoung. Ainsi, tous les hommes politiques pensent et disent agir pour l’intérêt national. Il en est de même des diplomates qui se persuadent que : « la diplomatie exprime, défend et développe l’intérêt national», commente Alain Plantey dans, « De la politique entre les États. Principe de diplomatie.» Aussi, Dario Battistella rapporte que les néoconservateurs américains Irving Kristol, Robert Tucker, Owen Harries pour soutenir une politique étrangère américaine plus « efficace et cohérente», ont initié une revue de politique internationale nommée The National Interest, parce que le premier et principal objectif de la politique extérieure américaine doit être la défense et la promotion de l’intérêt national des États-Unis. Il faut aussi dire que c’est en rapport à l’intérêt national que les chroniqueurs de l’actualité politique internationale apprécient et jugent la politique étrangère d’un gouvernement.

A bon entendeur salut !

Fleury-Agou

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