Centrafrique:Adresse à la Nation de la Présidente à la veille des Elections

Présidente de la Transition, Catherine Samba-Panza

Présidente de la Transition, Catherine Samba-Panza

Centrafricaines, Centrafricains,
Mes Chers compatriotes,
Demain dimanche 14 février 2016, nous aurons encore rendez-vous avec l’histoire de notre pays à travers le déroulement sur toute l’étendue du territoire national, dans les camps des réfugiés et dans quelques représentations diplomatiques de notre pays à l’étranger, du second tour de l’élection présidentielle et du premier tour des élections législatives.
L’objectif de ce double scrutin, comme vous le savez, est de doter notre pays de nouveaux dirigeants légitimés par le suffrage populaire et au-delà, de lui permettre de reprendre sa place parmi les Nations démocratiques et modernes.
Il s’agira pour chaque citoyen et citoyenne en âge de voter, de prendre une décision déterminante, celle de confier la destinée de notre pays, à l’un des deux candidats finalistes du scrutin présidentiel, selon le verdict de la Cour Constitutionnelle de Transition.
Il s’agira par la même occasion d’élire des députés pour la nouvelle Assemblée Nationale dépositaire du pouvoir législatif et du pouvoir de contrôle de l’exécutif. Dans les deux cas, nous devons exercer notre droit de vote, guidés par le souci de l’intérêt supérieur de la nation.
Comme vous l’avez compris, il s’agit là d’enjeux très importants pour notre pays qui a connu les pires moments de son histoire récente et qui cherche, par ces élections, à sortir définitivement des crises à répétitions, grâce à la conjugaison de tous les efforts déployés tant au niveau national qu’au plan international.
Conscient de ces enjeux, le gouvernement de transition a déployé, sous mon impulsion, des efforts considérables et des moyens importants pour faire aboutir le processus électoral inscrit dans sa feuille de route.
Mes chers compatriotes,
Comme vous le savez, la fin de la transition est fixée au 31 mars 2016, conformément à la recommandation du Forum National de Bangui d’une part, et à la décision des Chefs d’Etat de la CEEAC du 25 novembre 2015 d’autre part. Il était donc impératif d’administrer la preuve de notre détermination à tenir nos engagements en finalisant le processus dans cet ultime délai.
Les consultations populaires à la base et le Forum National de Bangui ont mis en évidence la volonté du peuple d’aller aux élections, ce qui a été démontré magistralement lors du vote du référendum et du 1er tour des élections groupées du 30 décembre 2015.
A l’occasion de ces scrutins, vous avez fait montre d’une grande maturité et d’un sens élevé de responsabilité et de patriotisme. Le monde entier a été agréablement surpris de constater que le peuple centrafricain était capable d’accomplir son devoir de citoyen en votant dans le calme et la paix malgré un contexte électoral particulièrement difficile ponctué de quelques dysfonctionnements que les autorités de la transition ont été les premières à déplorer.
En dépit des difficultés organisationnelles de ces scrutins, vous avez donné au monde entier des leçons de civisme, de démocratie et de tolérance tout au long de ce processus électoral perçu par beaucoup comme un exercice à haut risque. Votre détermination à vouloir mettre fin aux conflits fratricides et à recommencer à vivre ensemble et de reconstruire les bases de notre pays dans la légalité et dans la paix a triomphé de tous les pessimismes.
Je réitère encore aujourd’hui toute la fierté que j’ai ressentie à l’égard de votre comportement digne et responsable ainsi que celui de tous les candidats qui ont permis incontestablement de laver l’image honteuse qui a toujours été formulée sur notre pays. Tous les centrafricains ont été fiers du climat qui a prévalu avant, pendant et après ces scrutins, malgré les quelques irrégularités qui les ont entaché.
Mes chers compatriotes,
Les élections de demain ne doivent pas nous diviser davantage. Elles doivent être véritablement l’occasion de nous rapprocher les uns des autres et de nous rassembler dans notre volonté commune de tourner une page sombre de notre histoire. Nous avons tous noté avec satisfaction que le jeu politique a pris résolument le pas sur les projets de déstabilisation du pays, comme peuvent en témoigner les nombreuses alliances parfois inattendues qui ont été tissées. De manière générale, ce sont davantage les débats d’idées et les projets de société qui se sont affrontés dans une saine compétition.
Mais ces derniers jours, j’ai suivi avec une grande attention toute la passion qui a marqué la fin de la campagne électorale. Certaines d’entre elles ont été saines et faites dans le respect du code de bonne conduite ; d’autres en revanche, ont été verbalement violentes. Nous devons rompre avec ces débordements qui offrent une image qui déshonore leurs auteurs.
C’est pour cela que pour les élections de demain, nous devons avoir à l’esprit, que pour nous tous, fils et filles de Centrafrique, ce jour de vote doit être un jour où tous les démons devront être conjurés pour que chaque citoyen exerce son droit de vote en toute liberté. Comme vous l’avez fait pour le référendum constitutionnel et pour les élections groupées du 30 décembre 2015, je vous sais capable de braver les défis pour la réussite de ce processus en apportant votre contribution efficace au travail de l’ANE et en votant dans la patience, dans la sérénité et dans le calme.
Je puis vous assurer que tout a été mis en œuvre, avec l’appui de la communauté internationale pour que ces scrutins se déroulent dans les meilleures conditions. En appui à l’ANE et avec le soutien sans réserve de la communauté internationale, toutes les irrégularités ont été passées en revue et des mesures correctives ont été prises pour éviter qu’elles ne se reproduisent.
Mes chers compatriotes,
Il nous faut absolument réussir la dernière étape du processus électoral en cours en finalisant d’abord l’élection présidentielle et ensuite les élections législatives. Pour cela, nous devons rompre avec la pratique des fraudes massives, des pressions de toutes sortes exercées sur les électeurs et des violences qui peuvent porter préjudice aux candidats de votre choix et les défavoriser par l’invalidation de nombreux suffrages. Nous ne pouvons plus nous permettre le risque d’une autre annulation. Nous entraînerons de ce fait notre pays dans le chaos.
Nous devons donc prendre conscience de la grande responsabilité que nous avons tous, collectivement et individuellement non seulement à répondre massivement à ce devoir citoyen qui consiste à aller choisir ceux à qui nous allons confier la gestion des affaires de l’Etat, mais surtout à le faire dans l’ordre et dans le respect du Code Electoral et du Code de Bonne Conduite.
La responsabilité d’une élection propre et crédible incombe certes aux organisateurs du processus. Mais elle incombe tout spécialement aux candidats et aux électeurs. J’en appelle à tous les leaders d’opinion, aux partis politiques de bannir du rang de leurs partisans les actes et les comportements susceptibles d’attiser des tensions politiques et intercommunautaires. Ils doivent appeler leurs bases au calme et à la sérénité. Ils doivent renoncer à toute idée d’instrumentalisation et de manipulation de leurs militants pour les besoins politiques.
Mes chers compatriotes,
La réussite des élections de demain, c’est donc l’affaire de tous les centrafricains, sans exclusive.
C’est pourquoi, j’ai tenu à m’adresser à vous la veille du vote pour vous exhorter à rester vigilants de manière combattre tous les fauteurs de troubles et les ennemis de la paix et à prévenir toutes velléités de perturbation de ces élections que nous avant voulues libres, transparentes et crédibles. Le monde entier aura encore les yeux rivés sur nous demain. Les observateurs internationaux ont d’ailleurs déjà pris d’assaut notre pays. Nous devons absolument démentir ceux qui croient et disent que la République Centrafricaine est le pays des records négatifs.
Mes chers compatriotes,
Je vous encourage tous à aller demain massivement voter dans le calme, dans la dignité et dans la paix.
Nous nous sommes tous battus pour semer les graines de cette paix qui commence à germer. Il nous faut la consolider.
Que la volonté du peuple souverain se fasse demain et soit respectée.
Que la paix insufflée par le Pape François dans notre pays nous habite tous demain et que la terre centrafricaine soit toujours une terre bénie de Dieu.
Je souhaite bon vote à toutes les centrafricaines et à tous les centrafricains.
Bonnes chances à tous les candidats aux législatives.
Bonne chance aux deux candidats à l’élection présidentielle. Que triomphe celui que les Centrafricaines et les Centrafricains jugeront le plus digne de présider à leurs destinées !
Mes félicitations anticipées aux candidats gagnants.
J’ai la faiblesse de croire qu’à l’issue de ces élections, il n’y aura pas la victoire d’un camp sur un autre mais celle de tout le peuple centrafricain qui aura alors un Président de la République pour tous les centrafricains et des députés de la Nation.
Que Dieu bénisse la République centrafricaine.
Je vous remercie.

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