Centrafrique: Evodie Senekping, la voix pour le vivre-ensemble en Centrafrique

« Chrétiens et musulmans de la RCA, pourquoi nous battons-nous? Pourquoi nous séparons-nous? Laissons les armes, unissons-nous et reconstruisons notre pays… »

Evodie Senekping

Evodie Senekping

La musique adoucie les mœurs dit-on… et la Centrafrique, en a bien besoin, au moment où elle continue d’enterrer, quasiment chaque jour, de nouveaux corps, tombés lors des affrontements intercommunautaires qui ont repris dans le pays ces dernières semaines.

Réconcilier les deux communautés, c’est la mission que s’est donnée la chanteuse centrafricaine, Evodie Senekping, à travers son titre « Chrétiens et Musulmans »,  dont le clip a été vu, plus de 61.200 fois, en l’espace de deux mois, sur les réseaux sociaux.

Originaire de la ville de Paoua dans le nord-ouest de la Centrafrique, Evodie Senekping a vécu la crise démarrée en 2013 dans son pays. Âgée de 18 ans aujourd’hui, elle s’est décidée à apporter sa contribution dans la réconciliation, dit-elle à Anadolu.

« Chrétiens et musulmans », deuxième titre d’un album qui en contient six, est chanté en Sango, langue nationale en Centrafrique, en français, en foufouldé, en arabe et encore d’autres patois locaux, informe-t-elle.PAIX

« A travers cette chanson c’est un message important que je passe. Que les centrafricains comprennent qu’on a assez fait la guerre et qu’il est temps de se réconcilier et reconstruire le pays », justifie la jeune chanteuse, fière d’avoir auto-financé sa production grâce à l’argent de poche économisé.

A Bangui, « Chrétiens et Musulmans » fait carton plein. Dans les stations radios, ce son est joué en prélude à toute émission de réconciliation. D’une durée de 5 minutes, il revient sur les causes du conflit en Centrafrique et appelle les centrafricains des différentes communautés en conflit, à enterrer la hache de guerre.

“Je n’ai pas trouvé un autre moyen pour contribuer à la réconciliation. j’ai pensé qu’à travers ma musique, les centrafricains prendront conscience de la necessité de faire la paix « , justifie-t-elle.

Après son baccalauréat série littéraire qu’elle passera en 2016, “la Princesse de Paoua”, de son nom d’artiste, compte s’engager davantage encore dans des actions culturelles afin d’interpeller sur la crise, explique-t-elle.

Mais pour le moment, elle se concentre sur son album “Non à la guerre” en cours de préparation et qui devrait sortir très prochainement.

En juin 2015, Evodie Senekping avait déjà donné un spectacle dans l’enclave musulmane du PK5, à Bangui, qui avait remporté un franc succès. Le début d’une longue série, peut-être…

Pacome Pabandji

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