Centrafrique: Les préconisations sur le réarmement des FACA*

Drapeau de l'Etat-Major de l'Armée Centrafricaine

Drapeau de l’Etat-Major de l’Armée Centrafricaine

Jean-Jacques ROUSSEAU : « Pour nous, la politique est l’art d’administrer une société, d’y maintenir la paix sociale, de transformer la législation pour l’adapter aux différentes modifications entraînées par l’histoire, de contrôler les diverses activités des hommes de telle sorte que les institutions soient justes et efficaces […] ».

Il apparaît distinctement que dans la Cité, le tenant et l’aboutissant de toutes actions est et demeure la politique. Les différents corpus politiques en économie, en finance, en écologie, en défense en sociale, sous-tendent cette réalité. Même les guerres ou autres conflits ne sont que des expressions, malheureusement « déviantes » de la politique.

Le conflit en RCA, complexifié proportionnellement à sa durée, n’est que l’induction d’une approche distorsionnée de la politique de petit calibre ne pouvant être à la hauteur des différents enjeux auxquels le pays fait face. Et cette situation a des responsables. Evidemment l’Homme Centrafricain est le premier responsable. Mieux c’est toute la classe politique centrafricaine… Il n’y a pas qu’elle. Mais elle demeure décisive puisque tout est politique !

Depuis quelques jours, la question de la réhabilitation et du réarmement des militaires centrafricains (FACA) se pose et s’impose. C’est encore de la politique. Dans ce pays de petits intérêts, des analyses de surface, de réactions primaires, une réponse claire et cohérente peut-elle être donnée ?

Reprenons à notre compte seulement certains arguments avancés par le compatriote Alain Lamessi : « […] Les FACA sont une armée défaite, battue à plate couture par la Seleka, il y a 3 ans ;
– De nombreux officiers généraux, officiers et hommes de rang ont déserté en temps de guerre, enlevant leurs tenues et fuyant devant l’ennemi comme des lapins. Dans des pays civilisés (je dirai dans un Etat de droit), ils seraient passibles de lourdes peines de prison. En Centrafrique tout cela passe en pertes et profits ;
– Près du 1/4 des FACA est constitué des AntiBalaka qui ne cachent pas leurs accointances avec l’ancien régime […] »

Chaque contexte impose des choix

La réalité de la RCA, aujourd’hui :

– Des assassinats effroyables sont commis par des groupes bien identifiés et localisés ; Et cela sur toute l’étendue du territoire ;
– Des incendies d’habitations répétitifs de la population civile ;
– Occupation des 3/4 du territoire par des groupes armés non conventionnels responsables d’innommables ;
– Organiser des élections est lié à la sécurité des électeurs, à moins des élections au rabais sources de conflits prochains.

Ce contexte impose des choix. Et il ne saurait être celui de la restructuration car le chantier de celle-ci n’est encore ouvert. Attendre un pouvoir issu des élections, pendant que les assassinats, viols, incendies d’habitations et autres exactions sont le lot de l’ensemble de la population, est d’un cynisme sans égal que le peuple maltraité ne mérite.

Préconisations factuelles

Nous préconisons la réhabilitation et le réarmement des militaires Centrafricains dans un Etat-Major militaire unifié (FACA, Minusca, Sangaris, des troupes de l’US Army et de l’Armée Ougandaise). Cette force serait de plus de 20.000 hommes. Les FACA seront intégrés dans un cadre légal où débordements et exactions ne seront tolérés.

Paramètres à satisfaire : Equipement, Armement et Logistique.

Mission : Désarmement de toutes les bandes armées identifiées sur le territoire centrafricain : Seleka, AntiBalaka et LRA.

Point de vigilance : La sécurité des zones à « tension » après le désarmement.

Conclusion

En Centrafrique, les troupes de la Minusca sont en mission pour protéger la population civile ;
L’Opération « Sangaris » poursuit le même objectif ;
Les GI’s et les militaires Ougandais disent qu’ils traquent depuis Joseph Kony et ses troupes. Sans résultat en dépit des moyens technologiques de l’US Army ;
La population Centrafricain croit en son armée malgré un passé récent non en leur avantage.

Ainsi donnons l’occasion à toutes ces différentes troupes de protéger, dans un cadre intégré, la population abandonnée depuis 1031 jours entre les bandits, les maladies, la faim et l’insécurité. C’est encore de la politique. La faire de cette manière fera tomber beaucoup de masques. Le peuple saura ceux qui sont en RCA pour le protéger et ceux qui poursuivent un dessein inavoué.

*FACA: Forces Armées Centrafricaines

Awè Si

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