Centrafrique: De la nécessité du redécoupage des circonscriptions électorales

ANE 5Par Dalain Remy

Le parlement est l’une des institutions clés dont la mise en place dans tout pays démocratique doit être entouré d’un minimum de sérieux et de transparence afin d’éviter de tomber dans les mêmes erreurs du passé tout en tenant compte du contexte démographique, sociologique, politique, environnemental et économique du pays.

Après une analyse minutieuse du récent découpage électoral proposé par le Ministère de l’Administration du Territoire et l’Autorité Nationale des Elections (ANE) et promulgué par le Gouvernement de Transition sans l’avis des Experts Nationaux, nous pensons très humblement que des mesures correctives nécessaires basées sur des éléments pertinents et transparents et équitables devraient y être apportés.

D’ores et déjà, nous tenons à préciser que ce découpage a été fait non sur des estimations récentes des effectifs de population mais à base (d’après leurs auteurs) des données du Recensement Général de la Population et de l’Habitation de 2003 (RGPH03).

Cependant, même si, compte tenu des perturbations que le pays a connues et qui ont eu des conséquences sur la répartition spatiale de la population, le Gouvernement et l’ANE ont décidé de se baser sur des données du RGPH03, là aussi, beaucoup de chiffres ne concordent pas ave les données officielles publiées en ce qui concerne certaines circonscriptions.

S’agirait-il à ce niveau des erreurs dans la compilation des données qui pourraient-être corrigées ou des manipulations tendant à favoriser ou à défavoriser certaines zones géographiques ?

En attendant de trouver des éléments de réponses à ces préoccupations, nous sommes sûrs d’une chose : Chaque Sous-Préfecture et chaque Arrondissement de Bangui a au moins un député, quelle que soit sa taille.

Aussi, pour pouvoir corriger rapidement ce découpage, une base unique et applicable à toutes les Sous-Préfectures des provinces et tous les Arrondissements de Bangui et sur des données officielles du RGPH03 devrait-elle mettre tout le monde d’accord voire réaliser des économies (temps et argent) à l’ANE qui, visiblement a non seulement une contrainte de temps mais également matérielle et financière.

En esquissant ces corrections avec les données du RGPH03, sur une base scientifique et en respectant des critères rigoureux, transparents et équitables pour toutes les provinces du pays, on peut calculer des coefficients ou scores (diviser la population de chaque Sous-Préfecture par un même dénominateur) puis comparer chacun d’eux à des seuils types ; ce qui donne par générations automatiques, quatorze (14) circonscriptions pour la ville de Bangui pour 315125 électeurs potentiels.

La distribution des nouvelles circonscriptions électorales de la Capitale Bangui (622771 habitants pour 181 quartiers en 2003) se présenterait de la manière suivante :
– Premier arrondissement (4 quartiers), score, 0,22<1 équivalant à 1 circonscription électorale (5902 électeurs potentiels) ;
– Deuxième arrondissement (25 quartiers), score, 0,84<1 équivalant à 1 circonscription électorale (33095 électeurs potentiels) ;
– Troisième arrondissement (31 quartiers), score, 1,26>1 équivalant à 2 circonscriptions électorales (49661 électeurs potentiels) ;
– Quatrième arrondissement (18 quartiers), score, 1,28>1 équivalant à 2 circonscriptions électorales (50478 électeurs potentiels) ;
– Cinquième arrondissement (27 quartiers), score, 1,73>1,5 équivalant à 3 circonscriptions électorales (68313 électeurs potentiels) ;
– Sixième arrondissement (22 quartiers), score, 1,10>1 équivalant à 2 circonscriptions électorales (43299 électeurs potentiels) ;
– Septième arrondissement (39 quartiers), score, 0,61<1 équivalant à 1 circonscription électorale (23845 électeurs potentiels) et
– Huitième arrondissement (15 quartiers), score, 1,03>1, équivalant à 2 circonscriptions électorales (40532 électeurs potentiels).

Les détails du travail ne sont pas présentés dans cette publication (droit d’auteur).

Un tel travail étendu à toutes les Sous-Préfectures des Préfectures du pays à la demande de l’ANE, contribuera à plus de transparence et fera économiser une centaine de millions de FCFA au Gouvernement, non seulement à l’ANE et partant, au nouveau Parlement et aux Partenaires Techniques et Financiers (PTF).

Enfin, une bonne représentativité au Parlement nous évitera d’avoir des Députés « spectateurs » !

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