Centrafrique : Une République à la dérive ? Ou un État indivisible, laïc et démocratique ?

CENTRAFRIQUE LIMONEn ces moments de grandes incertitudes pour le Centrafrique et son peuple, l’une des urgences serait de rappeler les principes républicains voulus par le père fondateur de la République centrafricaine, Barthélémy Boganda. Car nous assistons, ces temps-ci, à une sorte de descente aux enfers. A une dérive. A une transgression des fondamentaux. Comme si la cacophonie qui règne ne suffisait pas, on assiste à l’apparition de candidatures pour le moins…rigolotes. La dernière en date ? C’est, selon Afrique News Info, celle d’une prophétesse, Valentine Modanet, qui se présente aux élections présidentielles, la Bible à la main, en proférant des versets. Ses premières déclarations sont édifiantes : «  La solution à apporter à ce pays passe par les voies de l’Éternel. Allons-nous rester impuissants face à l’intolérance des hommes qui nous conduisent dans le chaos sans rien faire ? C’est au regard de tout ceci et en réponse à ma prière devant Dieu pour cette Nation que je décide d’être candidate aux élections présidentielles…» Pour elle, diriger le Centrafrique en se conformant aux versets de la Bible permettra de chasser les démons et les esprits malins qui manipulent les autorités… On aura tout vu ! L’extraordinaire dans cette situation, c’est que cette humiliation de la République, à travers la candidature de cette prophétesse, n’a, pour l’instant, suscité aucun commentaire des milieux politiques centrafricains…

DIEU A TOUTES LES SAUCES EN CENTRAFRIQUE

Il serait bon de rappeler à cette nouvelle candidate que Barthélémy Boganda a abandonné sa soutane d’abbé dés qu’il est entré en politique. La prolifération des sectes religieuses en Centrafrique est inquiétante. Certains dirigeants s’appuient sur ces religions aux apparences sectaires, pour duper le peuple et continuer à piller les caisses de l’État. En tant que Centrafricaine, cette prophétesse a parfaitement le droit de se présenter. Mais sans sa Bible, qui doit rester à la maison et être réservée au culte. Le pays a évité, avec beaucoup de mal, une guerre confessionnelle. Les stigmates des combats sont toujours présents. Les Centrafricains de confession musulmane sont encore réfugiés à l’étranger. Catholiques et musulmans continuent de se regarder en chiens de faïence. Les haines restent brûlantes. Les religieux doivent s’occuper des âmes – et non de politique. Bien sûr, ils ont leur mot à dire sur la gouvernance du pays, mais en tant que citoyen. Peut-on imaginer le Président de la République Centrafricaine prêter serment sur la Bible ou le Coran ? En République Centrafricaine, c’est sur la Constitution d’un État laïc et démocratique qu’il le fera.

LES BARBARES DE BOKO-HARAM ONT DÉJÀ LEURS CALIFES EN R.C.A.

Des ex-Sélékas, cachés sous l’appellation « GROUPE ATTAQUE ÉGLISE FATIMA, » ont pris en otage un Sous-préfet, un Maire et un Pasteur. Promettant de laisser la vie sauve à ce dernier, allez savoir pourquoi, ils menacent d’égorger rituellement les deux autres, selon les préceptes de la charia. L’ultimatum est fixé au vendredi 31 juillet. C’est insoutenable. Et, malheureusement, il est à craindre que ces actes de barbarie n’aillent crescendo. Le gouvernement de la Transition semble dépassé par les menaces qui planent sur le pays. Si la Présidente, Catherine Samba-Panza, se rend à Bambari, des Peuhls musulmans armés jusqu’aux dents se pavanent dans la ville juste avant son arrivée, comme pour la défier. C’est une humiliation inacceptable pour les Centrafricains.

UNE ARMÉE NATIONALE STRUCTURÉE ET COMBATTANTE S’IMPOSE

Toutes les armadas du monde ne ramèneront jamais la paix en Centrafrique sans le concours d’une armée nationale forte en première ligne. Pour éradiquer les islamistes, et surtout ceux de Boko-Haram, qui violent et souillent la République Centrafricaine, il faut des enfants du pays des Bantous, qui viennent prendre la défense de leur nation. Ce qui est inquiétant, c’est l’attitude des autorités de la Transition, qui donnent l’impression d’être atteintes d’une sorte d’autisme. Ont-elles la réalité du pouvoir à Bangui ? Elles ne communiquent pas, alors que des événements extrêmement graves assaillent le pays. La population est orpheline d’informations. Or, le temps presse. Un chaos encore plus grave que le précédent est aux portes de la République Centrafricaine. L’armée doit être, impérativement et immédiatement, restructurée, pour tenter d’éviter le pire.

blogs.mediapart.fr

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