Prix de la Paix Barthélémy Boganda 2015 !

Discours6

Au premier plan, famille Boganda aux côtés de Françoise Traverso (Alphonsine, Damien et Hélène Boganda).

Discours de Françoise Traverso à l’issue de la remise du Prix de la Paix Barthélémy Boganda à Feyzin

 Monsieur le Député Maire de Feyzin

Monsieur le Conseiller Culturel, Désiré Baboula

Ma Chère Hélène Boganda-Stenfort – Fraternité Boganda,

Cher Daniel – Association Feyzin-Europe

Cher co récipiendaire, Dieu-Merci Bozzins Bomaya

Chers Amis, Membres et sympathisants de l’ A.I.D.H

Mesdames, Messieurs,

Dans une vie, il est souvent rare de se voir honorée pour des actions que nous réalisons pour d’autres. Et lorsque vous avez la chance, l’opportunité de vivre de tels moments, alors, vous devenez plus que jamais humble et surtout vous vous vous dites, que c’est grâce à vous tous ici présents que ces choses extraordinaires vous arrivent. Sans votre présence, votre soutien, votre confiance, rien de tout cela n’aurait été possible.

A la veille d’un Colloque que j’organisais le 31 Mai dernier à l’Université Paris Dauphine sur la crise en Centrafrique, j’eus la chance de rencontrer à l’UNESCO une personne exceptionnelle qui aujourd’hui fait partie de ma famille de cœur, Hélène Boganda-Stenfort.

Cynthia, journaliste à Banguiwood fit des présentations en disant à Hélène qu’elle était en face d’une dame qui n’avait que le nom de Barthélémy Boganda à la bouche…

J’étais plus que ravie de cette belle rencontre d’un membre de la famille de l’homme pour qui j’avais tant de fascination, Barthélémy Boganda. ce personnage hors norme sans doute, le plus prestigieux et le plus compétent des hommes politiques équatoriaux des années 50 à nos jours. Ces hommes qui font l’histoire et la fierté du continent africain.

Mais qui est Barthélémy Boganda ?

Naissance :

Né dans une famille de fermiers en pleine forêt équatoriale, au sud-ouest de la Centrafrique (Oubangui-Chari), Barthélémy Boganda voit le jour le 4 avril 1910.
A l’âge de 9 ans, il devient orphelin et sera adopté par les Missionnaires catholiques.
A l’âge de 12 ans, il est baptisé et prend le prénom de Barthélémy. Doté d’une intelligence hors du commun, et grâce au soutien de ses supérieurs, Barthélémy Boganda deviendra le premier prêtre catholique Oubanguien le 27 Mars 1938 et dit sa première Messe dès le lendemain à l’Eglise Saint-Paul des Rapides à Bangui là même où il fut baptisé.

Période sacerdotale :

Pendant son ministère sacerdotal, Barthélémy Boganda dira : « je ferai tout ce qui dépend de moi pour contribuer au progrès moral, intellectuel et social du pays qui est le mien. En cela je ne crois pas m’éloigner du point de vue de l’Église catholique ». Mais, Barthélémy Boganda va vivre la ségrégation raciale des Spiritains (Congrégation du saint esprit missionnaire). Il accumule les rancœurs qui explosèrent après la mort de Mgr Grandin, son fidèle soutien, celui-là même qui le poussa aux élections législatives de 1946 à l’Assemblée de l’Union française.

Le divorce consommé avec les missionnaires en 1949, il épouse en 1950, Mlle Michelle Jourdain, future mère de 3 de ses enfants dont Bertrand Boganda.

Vie politique :

Après avoir été le Premier prêtre de l’Oubangui-Chari, actuel Centrafrique, Barthélémy Boganda va devenir un brillant homme politique et fonde « le Mouvement d’Evolution Sociale de l’Afrique Noire – (le MESAN) » le 28 septembre 1949, un Mouvement populaire anticolonial à la fois politique et religieux.

Cet humaniste ne pouvait concevoir que le colon puisse poursuivre impunément de commettre leurs bavures à l’approche des indépendances en continuant à exploiter le peuple et piller les richesses du pays.
Premier député du territoire de l’Oubangui Chari et membre du Conseil de l’Afrique équatoriale française, Barthélémy Boganda est un parlementaire français qui défend ses idées de façon appuyée et très véhémente. Il est en particulier l’auteur de brûlots réguliers et de demandes de maintien de tous les droits français au peuple d’Afrique équatoriale française. Il prône depuis longtemps l’indépendance des colonies et propose la création d’un État d’Afrique centrale unique, regroupant Gabon, Congo, Cameroun et République centrafricaine. Il y voit la seule solution permettant d’éviter l’éclatement de la région en territoires trop petits, non viables, ne tenant pas compte des particularités culturelles et sans rôle à jouer sur la scène internationale. Quel visionnaire !
Pour Boganda, les Paysans de Centrafrique, qui avaient tant souffert, avaient plus que jamais droit au respect et au bonheur.
Ne s’écriait il pas, sans doute en référence à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de 1948 (ONU) : « ZO-KWE-ZO » ; tout homme est un homme, il a les mêmes droits et devoirs que son frère homme quelque que soit sa couleur, son statut social, son sexe.

Face à l’échec de la mise en place d’une fédération des Etats d’Afrique Centrale à cause des rivalités entre ses frères africains, rivalités attisées et soutenues par les puissances coloniales de tout bord : française, belge…
Barthélémy Boganda met en place les Institutions de la jeune République centrafricaine. Véritable incarnation des valeurs républicaines, il construit le socle de la nation autour de la devise : « Unité, Dignité, Travail ». Le 1er Décembre 1958, le pays devient la République centrafricaine et naturellement, Barthélémy Boganda devient son premier Président.

Premier prêtre noir oubanguien, premier député noir de son pays, créateur du premier journal local, fondateur du parti indépendant, le Mouvement d’Évolution Sociale pour l’Afrique Noire (MESAN), premier maire de Bangui, Vice-Président de la LICRA, Président fondateur de la République centrafricaine. Le 17 Juin 1956, Boganda est élu à l’unanimité Président du Grand Conseil de l’A.E.F : c’est à ce titre qu’il reçoit De Gaulle à Brazzaville le 24 Août 1958.
La pensée et l’action politique de Barthélemy Boganda s’appuyaient sur cinq principes fondamentaux que son parti le MESAN, devait mettre en application afin de favoriser le développement harmonieux de la République centrafricaine, à savoir : Instruire, Nourrir, Soigner, Loger et Vêtir.

Quoi de surprenant à cela ? En effet, bien avant d’être Président de la RCA, l’objectif de Barthélemy Boganda n’était-il pas de défendre les intérêts des africains très mal considérés et peu valorisés par les « blancs » malgré quelques exceptions. Il veut émanciper les noirs, ce qui va inquiéter les colons et les autorités françaises.

Barthélemy Boganda, est considéré comme le père de la nation centrafricaine. A l’âge de 48 ans, il meurt tragiquement le 29 mars 1959, dans un accident d’avion dont les circonstances restent bien troubles. Aucune enquête n’a jamais été menée à ce jour pour élucider les causes de cet accident. Il serait temps que l’on sache exactement ce qui s’est réellement passé ce jour-là et les jours précédents ce drame.

Sa pensée politique et son engagement ont uni le peuple centrafricain au-delà de sa diversité, léguant ainsi un précieux héritage aux générations suivantes. Des valeurs essentielles auxquelles il faut rattacher le principe « ZO KWE ZO » rappelant que tout homme en vaut un autre.

Pourquoi ce Prix de la Paix à Françoise Traverso me direz-vous ?

Tout simplement parce que ma vision du monde à travers les actions de l’A.I.D.H est celle que prônait notre illustre Boganda dans sa quête de la place de l’Homme au sein de la société humaine.
La Constitution de 1946 stipulait que « la France forme avec ses territoires d’outre-mer une union fondée sur l’égalité des droits et des devoirs sans distinction de race ou de religion » (l’Union française)… pourquoi donc les noirs auraient moins de droits alors même que les textes fondamentaux le proclament (Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen 1789) ? Et la grande Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies de 1948? Pourquoi donc traiter les noirs comme des sous hommes ? Boganda lance ce cri « ZO-KWE-ZO», tout être humain est un homme.
C’est la lutte pour la dignité et l’égalité de l’homme. En cela, je me reconnais totalement être en droite ligne avec ce visionnaire parti trop tôt.

A l’A.I.D.H, nous sommes tout aussi très attentifs au bien-être de l’individu car, l’Homme est au centre de toutes nos actions quel que soit sa race, sa religion, son origine sociale, sa condition physique ou mentale.

Tout peuple a besoin d’unité pour se rassembler, de dignité, de justice et de travail afin de prospérer pour un développement harmonieux. Cette devise « bogandienne » s’intègre parfaitement aux valeurs qui fondent l’A.I.D.H.

Barthélemy Boganda, panafricaniste, humaniste…

Barthélémy Boganda a été l’ un de ces Grands Hommes, précurseur de la liberté du peuple africain. Ce combat pour la liberté et le bien-être de l’Homme se poursuit chaque jour à travers les différentes actions que mène l’A.I.D.H sur le terrain. La reconnaissance et le respect des droits de l’Homme fondent un monde de paix, de justice et d’égalité. La méconnaissance et le mépris de ces droits conduisent fatalement à des actes de barbarie inhumaine et entrainent conflits et guerres.

Prix de la Paix !

Le 3ème Prix de la Paix Barthélémy Boganda que je partage avec mon cher Dieu-Merci Bozzins Bomaya, est plus qu’un honneur pour moi et j’y associe naturellement toute mon équipe de l’A.I.D.H, adhérents et sympathisants, sans lesquels nos actions de justice, de promotion des droits humains et de paix seraient difficiles à mener. J’associe également à ce Prix tous ceux qui, œuvrent pour la Paix et le bien-être des autres. Je n’oublie pas ma famille, mon époux Alain, premier mécène de l’A.I.D.H depuis ses débuts et Marc, mon jeune webmaster !

Je tiens à remercier la Présidente de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza pour son soutien à l’A.I.D.H à l’occasion de la remise du 3ème Prix de la Paix. Son implication montre, s’il en était besoin, que Barthélémy Boganda incarne à jamais la Nation Centrafricaine.

A Daniel Hulas, Feyzin Europe, vous qui êtes à l’origine de ce Prix de la Paix Barthélémy Boganda, Comment vous exprimer ma gratitude ? Une idée ingénieuse pour un hommage éternel à ce grand humaniste, visionnaire d’exception que fut Barthélémy Boganda !

A ma Chère Hélène Boganda-Stenfort, je veux vous dire merci d’avoir contribué à « ’immortalité »  votre illustre et incomparable beau-père en acceptant la création de ce Prix de la Paix.  Merci infiniment de m’avoir choisie. Une fierté et un honneur pour moi de faire désormais partie de cette grande famille Boganda.

Pour se conscientiser, se construire et se développer, l’Afrique a besoin de voir à sa tête, des « Barthélémy Boganda ». « L’injustice contre une seule personne est une menace pour d’autres » disait-il !
Quant à moi, je continuerai à être conforme à cette philosophie, à cette vision du monde afin de contribuer à l’édification d’une société de justice et de paix entre les hommes et les nations.

Je terminerai par ce proverbe éthiopien : « Quand les toiles des araignées se réunissent, elles peuvent lier un lion » ! Unissons-nous pour la Paix !
Cela vaut en particulier pour les Centrafricains réunis « en conclave » depuis le 04 Mai en vue de la réconciliation nationale. Et que souffle l’esprit de Boganda sur vous.

Merci pour votre attention.

Françoise Traverso
Présidente Fondatrice de l’A.I.D.H

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