Xénophobie : l’Afrique réagit

La vague de violences xenophobes en Afrique du Sud, qui a commencé à Durban il y a plusieurs semaines, a scandalisé de nombreux pays d’Afrique.

La plupart des étrangers visés par ces violences sont originaires d’autres pays d’Afrique. En 2008, le pays avait connu une vague similaire de violences xénophobes, avec des attaques et des pillages de magasins tenus par des étrangers.

Les differents pays africains sont particulierement outrés par ces attaques car l’Afrique du Sud a pu compter sur le soutien de tout le continent pour mettre fin au système d’arpartheid en Afrique du Sud.

Tour d’Afrique des réactions.

Zambie : boycott de la musique sud-africaine

Q FM, la plus grande radio privée du pays, a annoncé sur sa page Facebook qu’elle « boycottait pour une durée de temps indéterminée la musique sud-africaine pour protester contre les attaques xénophobes envers les ressortissants étrangers qui ont lieu en ce moment dans le pays. »

La radio a publié sur sa page Facebook ce nouveau logo pour protester contre les violences xénophobes.

« Nous devons lancer un message clair aux Sud-Africains : la violence envers vos semblables africains est une négation de l’unité africaine pour laquelle nos ancêtres ont lutté ».

Selon le correspondant de la BBC Meluse Kapatamoyo, plus tôt dans la journée, un petit groupe de manifestants s’était rassemblé devant l’ambassade d’Afrique du Sud à Lusaka pour protester contre ces violences.

Les manifestants en Zambie sont appelés à s’habiller de noir et à utiliser le mot-dièse #BlackFriday.

Sur Twitter, le mot-dièse #BlackFriday dénonce ces attaques xénophobes et est devenu de plus en plus populaire au fil de la journée en Zambie.

Mozambique : grèves et barrages

Un groupe de personnes a installé un barrage clandestin au poste de frontière Ressano Garcia avec l’Afrique du Sud. Ces personnes empêchent les voitures sud-africaines d’entrer au Mozambique et auraient jeté des pierres sur plusieurs véhicules.

Selon le correspondant de la BBC Jose Tembe, des employés d’entreprises minières et de gaz ont entamé une grève jeudi, en demandant le départ de leurs collègues sud-africains et leur remplacement par ceux qui fuient les violences d’Afrique du Sud

Sasol, la plus grande compagnie pétrolière d’Afrique du Sud, a rapatrié 340 de ses employés sud-africains du Mozambique.

Depuis le début de cette grève, l’entreprise de pétrochimie sud-africaine Sasol et le géant minier Vale ont évacué certains de ses employés étrangers.

Le gouvernement a demandé à ses citoyens de ne pas se venger auprès des Sud-Africains et leur a formellement déconseillé d’aller en Afrique du Sud pour éviter que les tensions s’accroissent. Depuis Maputo, la capitale du pays, certains se rendent en Afrique du Suid pour faire du shopping le weekend.

Le Parlement des Jeunes, un organisme pour la jeunesse, a fait une suggestion sur sa page Facebook : « Au vu du scandale xénophobe qui a lieu en ce moment en Afrique du Sud, le Parlement des Jeunes propose que les approvisionnements en gaz et électricité de l’Afrique du Sud soient suspendus jusqu’à ce que Jacob Zuma [le président sud-africain] viennent au Mozambique pour se racheter. »

Malawi : appel au boycott des produits sud-africains

Sous l’impulsion de John Capito, directeur exécutif de l’Association des Consommateurs de Malawi, il y a eu plusieurs appels aux boycott des produits et services sud-africains.

« Nous demandons aux Malawiens de boycotter les produits et magasins sud-africains », a-t-il déclaré à la BBC.

« Nous leur donnons une semaine pour fermer leurs magasins, comme Shoprite ou Game par exemple. Dans une semaine, vendredi prochain, nous irons les fermer nous-mêmes s’il le faut. S’ils ne veulent pas de nous dans leur pays, nous ne voulons pas de leurs produits ici. »

Billy Mayaya, un activiste de Lilongwe, la capitale du pays, a déclaré qu’une manifestation est prévue mardi prochain, soit deux jours avant le début du plan de rapatriement des Malawiens d’Afrique du Sud. Lors de ce rassemblement, les manifestants iront déposer une pétition à l’ambassade sud-africaine.

Zimbabwe : manifestations et boycott des artistes sud-africains

A Harare, capitale du Zimbabwe, des policiers ont dispersé des manifestants rassemblés devant l’ambassade d’Afrique du Sud après que certains aient essayé d’entrer par effraction au sein de l’ambassade.

Les manifestants chantaient l’hymne national d’Afrique du Sud.

Les manifestants chantaient l’hymne national sud-africain, Nkosi Sikelela’ iAfrica (Que Dieu bénisse l’Afrique), et le vice-ambassadeur a fini par sortir à leur rencontre et a accepté de recevoir leur pétition.

La police anti-émeutes a fini par disperser les manifestants.

Dans tout le pays, sur Twitter, les mot-dièse sur la xénophobie sont très utilisés. Le correspondant de la BBC à Harare Brian Hungwe précise également qu’il y a des messages whatsapp qui circulent pour appeler au boycott des performances sud-africaines lors du Festival international des Arts de Harare, qui se déroulera du 28 avril au 2 mai. Pour le moment, aucun artiste n’a annulé sa venue.

Nigeria : des députés proposent de rompre les liens diplomatiques avec l’Afrique du Sud

Les députés ont passé jeudi une motion pour rappeler l’ambassadeur Nigérian en Afrique du Sud afin de le consulter sur la situation sur place. Toutefois, un amendement demandant au Nigeria de rompre ses liens diplomatiques avec l’Afrique du Sud n’est pas passé.

www.bbc.co.uk

 

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