Centrafrique : De nouveaux casques Bleus, mais l’aide humanitaire tarde

Général Babacar Gaye,Chef de la MINUSCA

Général Babacar Gaye,Chef de la MINUSCA

Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé jeudi 26 mars d’augmenter l’effectif des Casques bleus en République Centrafricaine (RCA) en prévision des prochaines élections dans le pays.

Sur demande du Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, datée du 29 janvier 2015, le Conseil de Sécurité a adoptée jeudi 26 mars une résolution autorisant le déploiement de 750 soldats et 280 policiers supplémentaires dans le cadre de la mission de l’ONU en Centrafrique. Ban Ki –Moon a motivé sa lettre par l’instabilité qui perdure en Centrafrique relativement aux hostilités entre les mouvements ennemis (ex-Séléka et anti-Balaka) et la persistance des activités des groupes criminels qui se battent pour le contrôle des zones minières.

« Face à cette situation, la MINUSCA, fidèle à sa méthode d’action souple et énergique, a pris des dispositions pour déployer autrement ses effectifs », souligne le chef de l’ONU. « Au lendemain des violences qui ont éclaté à Bangui en octobre 2014, elle a renforcé la force opérationnelle conjointe de Bangui afin de protéger la capitale et les infrastructures essentielles, notamment en la dotant de capacités d’intervention rapide. » Il ajoute que cette stratégie ne permettait pas à la mission d’élargir ses actions dans le nord-est de la République Centrafricaine contrôlée par l’ex-Séléka. Du coup, sa capacité de réaction rapide pour éteindre des poches de tension est réduite.

Persistance d’heurts et moins d’aide humanitaire.

      Si dans certaines parties de la RCA, le vivre-ensemble a repris dessus entre les communautés, cela est loin d’être le cas à l’ouest du pays, soulignent le Pretre Kinvi à www.levif.

        Le Prélat note que « traditionnellement, cette région connaît une importante population musulmane, mais -malgré la présence de quelques troupes multinationales – il y a encore régulièrement des confrontations violentes ». Les armes pullulent et se vendent comme du pain, « tous les foyers ont des armes à leur disposition, on trouve des grenades à 50 cents sur les marchés » rapporte-t-il.  » Sur ces constats dramatiques, son homologue Brice Patrick Nainangue estime que le résultat des actions onusiennes est mitigé, puisque les Nations Unies ont reçu mandat de désarmer les groupes armés, mais « nous ne voyons aucun résultat, nous n’entendons que des projets » déclare-t-il. En amont du suffrage universel prévu en été 2015, il serait judicieux de résoudre les problèmes sociaux, notamment la stabilité du territoire, l’accès aux soins de  santé, la corruption, la pauvreté et la faim. « Ce sont toutes des causes de la crise alors que la RCA est riche en matières premières. Le pays est assis sur un tas d’or et de pétrole », pense Brice Patrick Nainangue.

Proposant une solution pour juguler la famine dans les villes sinistrées et pour une meilleure production agricole, Kinvi conseille qu’ »il faut réorganiser l’agriculture, mais il faut également davantage d’aide humanitaire. On a dû l’attendre pendant un an ».

        La montée en force de l’effectif de la MINUSCA seule garantira-t-elle la stabilité pour une élection apaisée ? Les Centrafricains sont les sapeurs-pompiers qui éteindront le feu ardent qu’ils ont allumé. La communauté internationale prête assistance, la paix naît de la volonté nationale. Le désarmement volontaire des Forces Armées Centrafricaines est un exemple que doit suivre les groupes armés et leurs leaders.

 Agou Fleury

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