Centrafrique : Tirons les conséquences de nos conflits

PHOTO CENTRAFRIQUE SANS ARMES        SELEKA

La République Centrafricaine écrit l’une des pages tragiques de son histoire. Pour des facteurs endogènes et exogènes, il ne se passe une décennie sans que ce beau pays nanti de richesses ne sombre dans la violence. Beaucoup d’observateurs se posent la question comment on est-on arrivé là? Alors que d’autres estiment que l’expérience du conflit armé élève une Nation, comparant la belligérance armée au processus de fente de l’or.

         En fouillant l’histoire du monde, on s’aperçoit rarement qu’une Nation est devenue prospère grâce à la guerre civile (ethnique, confessionnelle, idéologique,…). Certes, les conflits armés ont été la cause de beaucoup de progrès scientifiques, économiques et techniques. Le premier ordinateur programmable du monde a été mis au point pour percer le secret des codes secrets allemands, les boîtes de conserve ont été créées pour la Guerre de Crimée, le stylo à bille permettait aux pilotes d’écrire à haute altitude…: Grâce à ses efforts consentis en temps de guerre, nous jouissons aujourd’hui d’une commodité agréable.

         Mis à part cette évolution que la guerre a apportée à l’humanité, nul ne peut démentir que le conflit armé affermit le patriotisme et l’unité nationale, ce que d’autres activités comme la musique et le sport engendrent autant. Aussi, cette consolidation du patriotisme ne se fera s’il oppose deux Etats et le peuple n’a qu’un ennemi commun.

            A la différence des pays qui ont connu la guerre inter-étatique, la guerre civile ne saurait être un facteur d’unité ou de patriotisme, car il s’agit d’un conflit interne qui amplifie la discorde, la division et la haine. Le point de chapeau à nos conflits fratricides est la mise en évidence des erreurs et des fautes qui en sont les causes, par l’organisation de fora et dialogues politiques. Malheureusement, nous faisons fi des conclusions.

         Aux Etats-Unis, la Guerre de sécession s’est achevée sur l’abolition de l’esclavage et la consolidation des institutions américaines. En Afrique, certains pays victimes de la guerre civile sont cités actuellement en exemple pour leur model de prospérité. En Centrafrique, les conflits, crises militaro-politiques, …n’ont apporté jusque-là, que désolation et malheurs. Par le barbarisme de personnes sans foi, ni loi, les gens vivent dans une douleur indescriptible.

         Nul Etat, nulle Nation et nul peuple a atteint son seuil de développement grâce aux armes et dans l’inimitié, tirons les leçons de notre malheurs pour faire de cela un moteur de réconciliation, de changement et de prospérité. D’autres l’ont fait, pourquoi pas nous ?

Fleury Venance Agou

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