Après la baignade dans le Congo, la purification dans l’Oubangui.

Les Présidents Denis Sassou-N'guesso et C.Samba-Panza

Les Présidents Denis Sassou-N’guesso et C.Samba-Panza

Réunis depuis lundi à Brazza au bord du Fleuve Congo, les centrafricains se sont convenus mercredi 23 juillet à cesser les hostilités grâce aux soins du Président Sassou N’guesso, médiateur de la crise centrafricaine. Plus d’une quarantaine de centrafricains et de personnalités étrangères ont paraphé l’Accord de cessez-le-feu que beaucoup qualifient de minima.

Le texte prévoit l’arrêt des hostilités entre les belligérants et la fin des campagnes haineuses et de violences. Les signataires s’engagent aussi à s’impliquer dans le processus global de réconciliation nationale qui se poursuivra en RCA et à s’abstenir de paralyser la libre circulation des personnes et des biens. Les parties prenantes se sont mis d’accord à poursuivre le dialogue sans délai à Bangui, pour désarmer, démobiliser et réinsérer (DDR) ainsi que le processus politique inclusif sur la crise centrafricaine dans sa deuxième phase locale, par l’organisation de suffrages universels. L’organisation d’une conférence de réconciliation nationale sera la troisième étape, a précisé le communiqué final.

Tout compte fait, si le cessez-le-feu de Brazzaville demeure fragile et l’optimisme sur son applicabilité domine, le Congo aura eu l’estime de rassembler pour une première les belligérants de la crise autour d’une table. Les centrafricains se sont donc baignés le fleuve Congo, et se purifieront prochainement dans la rivière Oubangui pour se débarrasser de leurs souillures, si vraiment les cœurs sont au rendez-vous de la paix. La notion de pureté rituelle par l’eau ne figure-t-elle pas parmi les héritages du Christianisme, de l’Islam, du Judaïsme, de l’Hindouisme, et du Shintoïsme ? Les enjeux des deux prochaines phases seront alors décisifs pour le pays. Faudra que les flots de l’Oubangui emportent les salissures.

Un premier pas vers la repentance totale ?

         Au sortir de l’accord de cessation des hostilités arraché de justesse, Mohamed Moussa Dhaffane, chef de la délégation Séléka a présenté ses excuses aux centrafricains pour les crimes et méfaits perpétrés par son mouvement. »Même si nous avons des motifs légitimes reconnus par toute la communauté internationale et même nationale, personne, nul n’a le droit de prendre les armes pour terroriser ou terrifier tout un peuple », a-t-il affirmé à la cérémonie de clôture du forum. Il poursuit pour demander pardon au nom des ex-Séléka, au président congolais et médiateur internationale de la crise centrafricaine, pour n’avoir pas pris part activement aux travaux en commissions à cause des difficultés internes.
« La RCA dans les limites de ses frontières actuelles est la seule chose au monde que tous les Centrafricains nous avons en commun », a-t-il soutenu.

         La France ancienne métropole par la vois de Laurent Fabius, son chef de la diplomatie appelé aujourd’hui les différents groupes armés de Centrafrique à « respecter la parole donnée ». « Il s’agit maintenant de répondre aux attentes de la population centrafricaine, en respectant la parole donnée et en mettant en œuvre le processus de désarmement. Il s’agit aussi, pour toutes les parties prenantes, de poursuivre le dialogue politique et d’assurer le succès de la transition devant conduire aux élections », a-t-il conclu.

Si d’autres saluent cette résolution, ce n’est pas le cas d’une franche des politiciens qui désavouent cet accord.

Pour Rénaldy  Sioké, premier vice-président du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) et porte parole de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT), l’accord n’a pas pris en compte tous les éléments essentiels.Donc, il s’agit d’un accord à minima. Le vrai problème, c’est la mise en œuvre de l’accord et le respect des engagements « . J. Bendouga, président du Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l’Evolution de Centrafrique (MDREC), a qualifié cet accord de « document vide ». Il estime que l’absence des mesures contraignantes complique d’avantage les choses car  » ils n’ont pas donné de date limite. Le cantonnement, comment cela doit se faire ? Et la prise en charge des troupes cantonnées ? « 

Fleury-Venance Agou

Fleury-Venance Agou

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