Centrafrique : Action et réaction

Devant les agissements de la Séléka, Bangui et la communauté internationale commencent à bomber le torse.

Combattants de la Séléka. Photo Afrik.com

Carte de la RCA.

Après son congrès de Ndélé, la rébellion tombeur de F.Bozizé affiche ses couleurs en faisant de Bambari (centre-est) son Etat-Major et administre la ville dont l’entrée et la sortie sont prohibées par les nouveaux chefs des lieux.Bangui et la communauté internationale ne sont pas restées de marbre et ont condamné cet acte qui frise la partition de la Centrafrique.

         Mercredi 21 mai, une mission composée des membres de l’Union Européenne, l’Ambassadeur de France en RCA, Charles Malinas, les représentants des forces internationales et Sangaris ainsi que le ministre de l’Administration du territoire Aristide Sokambi était à Bambari. L’objectif était de ramener les ex rebelles à la raison. En publique, toutes ces personnalités ont condamné la création et l’établissement  de l’Etat -Major de la Séléka dans le chef-lieu de la préfecture de la Ouaka. L’ambassadeur de France avait publiquement déclaré que le dit « État-major de la Séléka », basé à Bambari, n’avait aucun fondement juridique. Et que la communauté internationale exigeait le cantonnement des hommes de la Séléka et que tout homme armé dans les rues de Bambari serait désarmé.

         Le lendemain, en protestation à la fermeté de la communauté internationale, des jeunes musulmans érigeaient des barrages, et des renforts de la Séléka en provenance du nord et du nord Est du pays, se pavanaient en ville avec leurs armes en bandoulières. Les musulmans de Bambari qui considèrent la Séléka comme l’unique force capable de les défendre des anti-Balaka, n’ont pas apprécié cette décision.

Réaction.

         Dans la matinée du 22 mai, les soldats français de Sangaris ont échangé des tirs avec les combattants de la Séléka qui s’obstinaient de déposer leurs armes, gardant en mémoire le sort de leurs frères d’armes de Bangui qui avaient accepté de se soumettre. Les habitants se sont vite terrés chez eux et d’autres ont repris la cachette des brousses, ou les lieux symboliques (églises et mosquées). On fait état d’un mort et quelques blessés s enregistrés, ajouter des pillages de maisons. Un porte-parole du mouvement a déclaré que les militaires français ont ouvert le feu sur les manifestants. Ce que réfute Sangaris, affirmant que les militaires français n’avaient procédé qu’à des tirs de sommation. « Les forces internationales sont à Bambari pour faire appliquer des mesures de confiance qui interdisent à des groupes armés de circuler en ville avec leurs armes », a déclaré un soldat français qui a requis l’anonymat.

Pour Joseph Zoundeko, chef d’Etat-major de l’ex-Séléka,  » il n’ya pas eu combat entre la Sangaris et mes hommes. C’est peut être une mésentente parce que les éléments de la force française se sont présentés ce matin pour désarmer nos éléments. Mais nous leur avons dit que ce n’est pas possible. Pour nous, seul le processus du Désarmement Démobilisation et Réinsertion (DDR) doit procéder à ces opérations. Quelques coups de feu ont été entendus puis rien. La situation est en train de revenir à la normale « .

         Au couché du soleil, Bambari était toujours coupée en deux. La rive droite de la Ouaka, contrôlée par les Français de Sangaris et la force africaine de la MINUSCA, la rive gauche, par la Séléka et leurs partisans irrités. Plus de 1500 déplacés sont coincés à l’Evêché dans cette zone tenue par le mouvement rebelle. La crainte d’une hostilité à grande échelle hante les esprits.

         La Présidente C.Samba-Panza, invitée au New Forum Africa au Gabon saisira l’opportunité pour s’entretenir avec son homologue gabonais et le ministre français des Affaires Etrangères L. Fabius sur la Centrafrique. Surtout, attirer l’attention des Chefs d’Etats de la Sous-région sur les risques de la partition de la RCA. Le souhait de tous est aussi de convaincre A.Bongo sur le maintien à Bangui de l’Ecole Inter-Etats des Douanes de la C.E.M.A.C, menacée de délocalisation.

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Fleury Venance Agou, Journaliste-Historien.

 

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