Centrafrique : Colère tchadienne, jubilation banguissoise.

Sans crier gare ! le Tchad retire son contingent de la MISCA, Bangui pousse un ouf de soulagement.

SOLDATS TCHAD

Soldats tchadiens à Damara (RCA), janvier 2013. Google Images

People gesture as they celebrate the resignation of Central African Republic's interim President Michel Djotodia in Lakouenga district

Population dans la rue de Bangui. Google Images.

Agacé par l’enquête révélant que ses militaires ont tiré sur la population, le Tchad a décidé jeudi le retrait de son contingent (850 soldats) de la MISCA qui compte 6000 hommes. Dans un communiqué de presse, le Ministre des Affaires Etrangères Moussa Faki Mahamat assure que « le Tchad et les Tchadiens font l’objet d’une campagne gratuite et malveillante tendant à leur faire porter la responsabilité de tous les maux dont souffre la RCA. Face à ces accusations répétées, le Tchad, après avoir informé la présidente de la transition centrafricaine, la présidente de la Commission de l’Union africaine et le secrétaire général des Nations unies, décide du retrait du contingent tchadien de la Misca « .

         Grand ouf de soulagement de la population et de la société civile qui ont toujours milité pour ce retrait. Gervais Lakosso, coordonateur du Groupe de Travail de la Société Civile sur la Crise en Centrafrique mentionne que  « les soldats tchadiens se sont mal comportés. Leur présence a toujours apporté l’insécurité, la mort. Le retrait de ces troupes va apporter la solution et créer un climat d’apaisement ». Réjouissance et satisfaction des uns, vive anxiété des musulmans. Ils craignent que ce départ fasse le lit aux anti-Balaka. La Président C.Samba-Panza déplore la décision de son voisin. »Nous regrettons cette décision qui a été prise sous l’effet d’un certain nombre d’événements », a-t-elle déclaré. Sur TV5Monde, Phlippe Hugon, directeur de recherche à l’IRIS, en charge de l’Afrique, pense que « le départ des Tchadiens ne fait qu’aggraver la situation en Centrafrique. Car les forces tchadiennes sont stratégiques : elles sont les plus structurées de la Misca et le Tchad joue traditionnellement un rôle central dans les sorties de crise en Centrafrique ». La MISCA qui peine à assoir la sécurité, se voit amputer un membre.

La théorie du complot et  polémique internationale

Le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), Rupert Colville a indiqué que  » selon les informations récoltées par l’équipe de droits de l’homme jusqu’à maintenant, il semble que la force tchadienne a agi de manière totalement disproportionnée en tirant sur un marché rempli de civils non armés « . Ce que dément le patron de la ForceAfricaine, le Général J.M. Mokoko. Il désavoue les conclusions de l’enquête onusienne incriminant les soldats tchadiens placés sous son commandement.  » Manifestement, les gens qui ont fait cette enquête n’ont jamais mis les pieds à Bangui. Et je dis et je pèse bien mes mots, qu’il s’agit d’un rapport qui se base sur des faits qui sont imaginaires. (…). On a l’impression qu’il y a un complot universel contre les Tchadiens. Que fait un officier qui commande une unité et qui est prise pour cible ? Elle riposte dans le respect des règles d’engagements qui sont les nôtres dans le cadre de cette mission « .

         L’Union Africaine prend acte du retrait tchadien et rappelle que ce contingent a été la cible de critiques acerbes malgré ses efforts en Centrafrique. Même son de cloche du Quai d’Orsay qui, cette fois refuse tout commentaire sur les affirmations du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH). Contrairement quelques jours, le porte-parole du ministère des Affaires Etrangères, Romain Nadal attribuait la responsabilité du massacre «pour une large part aux anti-Balaka», avant de demander «que toute la lumière soit faite sur ces violences». Répondait-il à Cécille Pouilly, son homologue du HCDH.

         Exaspéré et n’acceptant pas les critiques, le Tchad demande des explications à l’ONU. Son retrait met une fois de plus en lumière la divergence de vue sur la crise centrafricaine.

Le Tchad décampe, l’Eufor-RCA se déploie et Ban Ki Moon arrive à Bangui

La décision du retrait tchadien de la Centrafrique intervient juste au moment où l’Europe annonce le déploiement de l’Eufor-RCA. Sous le commandement du Général P. Pontiès, cette force protégera l’aéroport de Bangui et ses abords. Elle sera opérationnelle en mai. Composée d’environ 800 hommes, elle ne remplacera pas les troupes tchadiennes. Leurs rôles et missions diffèrent. En route pour Kigali, le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki Moon a fait une halte samedi à Bangui, capitale meurtrie. Façon pour lui de dire que la communauté internationale est de chœur avec les centrafricains en ce moment douloureux.  » Je viens en République centrafricaine à un moment où elle est en proie à de profonds bouleversements « , a dit M. Ban affligé. Il a souligné que la paixne viendra que descentrafricains, et qu’ils ne doivent répéter les erreurs rwandais de 1994. La population attend l’approbation la semaine prochaine par le Conseil de sécurité de l’ONU la formation d’une force de 12.000 hommes qui sera déployée en RCA. Mais elle ne devrait pas pouvoir être déployée avant septembre.

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