ALGERIE

« Barakat la mascarade électorale« 

Abdelaziz Bouteflika

Le Président Abdelaziz Bouteflika

Alors que l’on le croyait grabataire et incapable de diriger, le Président Bouteflika est candidat aux élections Du 17 avril 2014. La campagne électorale a démarré mais le candidat du Front de Libération Nationale, ne s’est pas présenté au public pour les convaincre de voter pour lui. Absent de la scène publique depuis sa déclaration de candidature, l’homme refait surface une lettre en date du 22 mars par laquelle celui que l’on surnomme « Boutefliquatre » justifie sa présence dans la course présidentielle.

         Dans son message, il reconnait son état de santé, mais souligne que cela ne peut l’empêcher d’exercer la fonction suprême. « Les difficultés liées à ma santé physique actuelle ne semblent pas me disqualifier à vos yeux ou plaider en faveur de ma décharge des lourdes responsabilités qui ont eu raison d’une bonne partie de mes capacités » et d’ajouter, « vous tenez à ce que je voue mes dernières forces au parachèvement de la réalisation du programme pour lequel vous m’avez, à chaque fois, donné mandat ».

étalage de bilan

Selon la missive, la candidature de Bouteflika est l’émanation de la volonté populaire. « C’est avec une grande émotion et un lourd sentiment de responsabilité que j’ai reçu les appels qui m’ont été adressés par les citoyennes et les citoyens, la société civile, les formations politiques, les organisations syndicales et les organisations de masse, m’exhortant à me porter candidat à la prochaine élection présidentielle ». Il poursuit qu’il est « animé que j’ai toujours été du respect du peuple, je suis en devoir de répondre positivement, car je ne me suis jamais, ma vie durant, dérobé à aucun devoir au service de ma patrie ». Une parole qui tranche avec les réactions hostiles dans la rue et dans les journaux.

Le candidat du F.L.N pense qu’il a mené l’Algérie sur le « chemin du bonheur ». Il a rappelé les moments noirs du terrorisme, l’endettement, et les réalisations socio-économiques depuis 1999. « Je peux me permettre d’être légitimement fier d’avoir eu la faveur divine de contribuer à l’arrêt de l’effusion du sang des Algériens, à la promulgation et à la mise en œuvre de la loi relative à la Concorde civile, suivie de la Charte pour la paix et la Réconciliation nationale », peut-on lire.

Cahier de charge pour le quatrième quinquennat

         Caressant toujours les électeurs dans le sens du poil, Bouteflika joue sur les questions subtiles du moment. En bon monarque d’Afrique du Nord, il se croit l’unique garant de l’unité algérienne en affirmant qu’il se  » propose de consacrer le nouveau mandat à la préservation » de l’unité algérienne.  Et s’engage pour sa quatrième mandature  à réviser la Constitution s’il est réélu.  »  Si le peuple Algérien souverain m’accorde, de nouveau, sa confiance, je m’engage à créer les conditions politiques et institutionnelles, avec l’ensemble des acteurs représentant les différents segments de la société, permettant l’édification d’un modèle de gouvernance répondant aux attentes et espérances de notre peuple « . Le candidat à sa propre succession avait pourtant sauté en 2008 le verrou constitutionnel limant le mandat présidentiel. Verrou qu’il crochète à nouveau. Mais la Constitution sera respectée après son élection.

Hostilité à Bouteflika

         La 4e candidature de Boutéflika a donné lieu à des scènes de colère dans les rues et de retrait de dossiers de candidatures. Une partie de la population souhaite l’alternance au sommet de l’Etat après 52 ans de gestion de la chose publique par le F.L.N.  Le mouvement Barakat (« Ça suffit ») a organisé une marche : »Non au 4e mandat », « Barakat au pouvoir des services de renseignements », « Barakat la mascarade électorale », lit-on sur les banderoles des manifestants.Djilali Soufiane, président du parti libéral Jil Jadid qui a renoncé à se présenter à la présidentielle « Nous en avons marre de cet homme à demi-mort et des voyous qui l’entourent. Il faut que l’équation politique change ».

         Pour museler les contestataires, le régime se livre à des arrestations, avant de se ressaisir. Mais tout changera après l’élection, si l’on en croit la lettre de Monsieur Bouteflika.

Fleury AGOU

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