Peter Bouckaert et le Général Francisco Soriano, deux vues sur la RCA.

Human Rights Watch accuse, mais l’Opération Sangaris dément.  

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Général Francisco Soriano,Chef de l’Opération Sangaris/Crédit – photo: Google Image.

Peter-Bouckaert de l’ONG Human Rights Watch. Crédit-photo:Google image.

Peter-Bouckaert de l’ONG Human Rights Watch.
Crédit-photo:Google image.

La crise centrafricaine a pris une tournure qui frise un conflit confessionnel. La rébellion Séléka a conquis le pouvoir à Bangui en commettant des atrocités sur la population civile. Sous la pression de la CEEAC, le président Djotodia issu de la rébellion et son Premier Ministre Nicolas Tchiangaye ont démissionné le 10 janvier 2014. L’élection de Mme Samba-Panza à la Présidence n’a pas mis fin aux tueries, la revanche a repris le dessus. Les ressortissants tchadiens sont pris à partie, Ndjamena se mobilise pour les rapatrier. La milice anti-Balaka écume l’arrière pays qui se vide malgré la présence de Sangaris et Misca.

Peter Bouckaert, Directeur des urgences au sein de l’ONG Human Rights Watch (HRW), note que  » les Français pensaient pouvoir se limiter à désarmer les ex-rebelles au cours d’une mission qui leur semblait simple au départ, conçue pour un succès rapide. Or rien ne s’est passé comme prévu et l’opération Sangaris se retrouve confrontée à un bain de sang dans le pays. Face à cette nouvelle réalité, les militaires français donnent surtout l’impression d’être tétanisés. Quand on leur a signalé que les musulmans allaient être massacrés dans le quartier de PK13 à Bangui, ils nous ont répondu qu’ils ne souhaitaient pas prendre parti dans ce conflit ! Mais prévenir un massacre, ce n’est pas choisir un camp. En réalité, ce sont les forces africaines de la Misca qui prennent l’essentiel des initiatives, mais aussi des risques« . Il ajoute : « En particulier, les troupes rwandaises, burundaises et celle du Congo, qui ont réussi à sauver des gens en faisant preuve de beaucoup de courage, alors que les forces françaises ne quittent pas souvent leurs blindés et s’aventurent peu en dehors des grands axes pour voir ce qui se passe dans les quartiers populaires.« 

 » Nul ne peut contester la rapidité de notre déploiement et de notre projection simultanée sur les théâtres de Bangui et de Bossangoa. Une véritable performance, dont peu d’armées seraient capables… Notre mission était double : assurer un niveau de sécurité maximum dans la capitale comme en province. S’agissant de la période récente, nous avons réussi à rendre possible, dans un paysage très troublé, une transition politique, avec la désignation d’un nouveau chef de l’Etat Catherine Samba-Panza« , rétorque Francisco Soriano chef de la Sangaris. « Nous sommes aussi parvenus à éviter l’embrasement qu’on nous promettait dans la capitale, où ont été concentrés nos efforts. Bien sûr, nous n’allons pas faire de Bangui un canton suisse. Mais il est clair que nous avons empêché nombre de massacres« , ajoute-il.

Peter Bouckaert dit le contraire : « Le seul endroit où la situation est revenue à la ‘normale’, c’est où les musulmans ont déjà été tués et où ils ont été chassés…
Mais les Séléka continuent de semer la terreur dans le Nord où ils se sont regroupés. Mais de quelle sorte de normalité parle ce général français ? Ils devraient plutôt faire face à la réalité, au lieu de diffuser de la désinformation sur leurs actions« .

Risque de crise alimentaire :

Aujourd’hui, les violences n’épargent pas les commerçants et les éleveurs. Cela fait craindre une crise alimentaire sans précédente. La plupart du commerce alimentaire de Bangui dépend de 40 grossistes qui importent des produits et les revendent aux détaillants. D’après une enquête d’Oxfam et Action Contre la Faim, moins de 10 importateurs restent, ils partiraient si les conditions sécuritaires ne s’améliorent pas. Pire, 96 % des paysans n’ont pas accès aux semences selon une estimation des Nations unies. Avec de mauvaises récoltes, la crise actuelle va se détériorer et durera toute l’année.

90 % de la population ne mange qu’une fois par jour, d’après une estimation des Nations unies, et la situation risque d’empirer selon Oxfam, Action contre la Faim, International Medical Corps, Mercy Corps et Tearfund.

Le prix du manioc a augmenté de 20 % depuis novembre. Les grossistes ont également signalé une diminution des ventes de 85 à 95 % au cours des deux derniers mois en raison de la baisse des revenus des populations et de l’augmentation des prix. Compte tenu de la fuite des éleveurs, la viande a disparu de bien des étals de Bangui et, quand il y en a, elle est deux fois plus chère.

 « L’absence prolongée des grossistes serait catastrophique. Elle conduirait à une pénurie des denrées de première nécessité et à une très forte inflation. La violence et l’insécurité poussent les gens à quitter le pays, mais empêcheront également la nourriture d’y entrer. Les familles ne pourront plus trouver de quoi se nourrir. La RCA sera comme en état de siège. La plupart de celles et ceux qui ont fui les attaques de Bangui sont les piliers de l’économie locale. Si les rares grands commerçants qui restent ne sont pas protégés, les conséquences seront désastreuses« , a rappelé Philippe Conraud, directeur pays d’Oxfam en République Centrafricaine.

        Devant la recrudescence de la violence sur les supposés complices des ex-Séléka, les anti-Balaka sont dans la ligne de mire de Sangaris, puisque le Général Soriano a haussé le ton et amnesty internationale dénonce un « nettoyage ethnique ».

        Les Centrafricains dépassés par les événements tragiques et la mort dans l’âme implorent Dieu pour que la paix revienne au pays de « Zo Kwe Zo ». Mais quand ?

Fleury Venance AGOU, Etudiant en Master Spécial Journalisme, Tous Médias.

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